Quand Le Pen " travaillait vingt heures par jour "
" J’ai torturé parce qu’il fallait le faire "... Confidence faite par Jean-Marie Le Pen au journal Combat du 9 novembre 1962. Elle est d’autant plus à souligner que, par la suite, le même a consacré tous ses efforts à se forger une image d’officier en casoar et gants blancs, n’hésitant pas à porter systématiquement plainte " en diffamation " contre toute personne évoquant ses activités au 1er régiment étranger de parachutistes (1er REP), fin 1956-début 1957, à Alger.
Voici l’intégrale du passage cité :
Question : " On a beaucoup parlé de la bataille d’Alger. "
Réponse : " Je le sais, je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. Quand on vous amène quelqu’un qui vient de poser vingt bombes qui peuvent exploser d’un moment à l’autre, et qu’il ne veut pas parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l’y contraindre. C’est celui qui s’y refuse qui est le criminel, car il a sur les mains le sang de dizaines de victimes dont la mort aurait pu être évitée. "
Bref pour l’ancien officier de renseignement à la dixième division aéroportée, la torture était un devoir. Un argument qui a beaucoup servi durant les guerres coloniales, comme, sous l’occupation, chez les miliciens de Joseph Darnand.
Député UDCA, le mouvement de Pierre Poujade, Jean-Marie Le Pen était entré en rivalité avec ce dernier, qui, en septembre 1956, l’avait contraint d’abandonner la présidence de l’UDJF (Union de défense de la jeunesse française). Il se mettait alors en congé du Parlement et contractait un engagement de six mois pour l’Algérie. En compagnie d’un autre député poujadiste, Jean-Maurice Demarquet. En mai 1957, il revient en France et se répand dans Fraternité française, hebdomadaire poujadiste : " J’ai été officier de renseignements au 1er REP. En tant que tel, j’ai eu la responsabilité du 74, boulevard Gallieni. J’y ai moi-même interrogé, le temps qu’il fallait, pas plus de temps qu’il fallait, mais pas moins. Je travaillais vingt heures par jour. "
Son zèle ne concernait pas que les supposés poseurs de bombes, si l’on en juge par deux rapports de police en date du 1er avril 1957, respectivement signés par le commissaire René Gilles et l’officier de police René Tordoir.
Le premier fait état de la plainte de Yahiaoui Abdenou, déclarant " avoir été l’objet de sévices de la part du lieutenant Le Pen ". Il y est écrit : " Lors de son arrestation, deux fils électriques furent reliés aux lobes de ses oreilles et le lieutenant Le Pen lui-même faisait fonctionner une magnéto à manivelle, à l’aide de laquelle il lui envoyait des décharges électriques dans le corps. En présence de ce même officier, le jeune Yahiaoui fut frappé avec un nerf de bouf et il fut attaché nu sur un banc, pieds et poings liés, et il dut ingurgiter de force une certains quantité d’eau. Enfin, il resta cinq jours enfermé dans un tombeau, trou creusé dans le sol, sans aucun aménagement, et fermé par des barbelés. "
Le second rapport consigne les déclarations d’Ahmed Bouali, veilleur de nuit à l’hôtel Albert Ier . Pour avoir refusé, dans la nuit du 30 au 31 mars 1957, de servir des consommations au lieutenant Le Pen et aux personnes l’accompagnant, il était passé à tabac, emmené en voiture et menacé d’un pistolet. Un gardien de la paix confirmait ces déclarations et ajoutait que " l’officier était en état d’ivresse et qu’il l’avait injurié ".
Ces deux documents pourraient surprendre et être (à tort) interprétés comme preuve d’une vigilance des pouvoirs publics, durant la guerre d’Algérie, à l’égard des " bavures " commises dans le feu de l’action. En fait, l’explication est à chercher ailleurs. La famille de Yahiaoui était " très honorablement connue et manifeste des sentiments nettement pro-Français ", soulignait le commissaire Gilles, notant que son demi-frère était gardien de la paix du corps urbain d’Alger et fut " tué par les terroristes " le 15 décembre 1956. Dans le deuxième des cas, il s’agit d’une sordide histoire d’ivresse publique avec insultes à un gardien de la paix.
En d’autres termes, ces deux affaires ont donné lieu à des rapports de police justement parce qu’elles ne concernaient pas des militants algériens engagés dans la lutte de libération nationale. Pis, les tortures à l’électricité et à l’eau, ainsi que le " tombeau " , furent cette fois infligées à un Arabe considéré francophile. Dans ce cas, oui, les pouvoirs publics parlaient de bavure intolérable (encore que non sanctionnée dans les faits) ; dans tous les autres, la torture constituait bel et bien un système institutionnalisé fonctionnant sous leur ordre direct. Le rapport du commissaire Gilles représente en quelque sorte l’exception confirmant la règle.
Jean Chatain
Article paru dans "l'Humanité" édition du 2 mai 2002.
Saturday, December 23, 2006
Wednesday, December 13, 2006
La torture par François Mauriac
L'Express du 03/04/1958
La torture
par François Mauriac
Pour réprimer la rébellion en Algérie et faire parler les suspects, certains militaires n'hésitent pas à employer la torture. Les gouvernements successifs nient que de tels actes soient commis. A l'occasion de la sortie du livre du journaliste communiste Henri Alleg, La Question, dans lequel l'auteur raconte les sévices dont il a été victime, François Mauriac dénonce l'attitude du gouvernement à l'égard de ces véritables crimes
Saisie de La Question d'Henri Alleg. Une fois le principe admis qu'il faut poursuivre non les auteurs d'un crime, mais ceux qui le dénoncent, il eût été plus sage de ne pas attendre que des milliers d'exemplaires fussent vendus et lus dans le monde entier. Et qu'ils aient pu l'être, c'était après tout l'a meilleure réponse à faire lorsqu'un étranger s'indignait devant nous: la France était tout de même un pays où la parole écrite demeurait libre. La publication et la vente à ciel ouvert du livre d'Alleg témoignaient en notre faveur, malgré tant d'abus et d'attentats. Sa saisie nous frustre de cette dernière fierté. Elle en lève au gouvernement le bénéfice de son libéralisme relatif, sans l'ombre d'un avantage puisque la diffusion du livre, à travers le monde, est d'ores et déjà accomplie. Tirer le pire d'unea situation donnée, c'est la règle d'or du régime, sur tous les plans, dans tous les ordres.
"Participation à une entreprise de démolition de l'armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale." Tel est le motif officiel de la saisie. Alleg a été torturé ou il ne l'a pas été. S'il l'a été dans les conditions qu'il décrit, ne reprochez pas à la victime, mais aux bourreaux, de démoraliser l'armée. En quoi le fait de demander justice contre eux menace-t-il l'Etat, offense-t-il la nation? Et qui pourrait douter de ce que rannorte cet ami de Maurice Audin? Les témoins surgiraient de partout, si l'affaire était plaidée. M. Robert Lacoste d'ailleurs, s'il n'avoue pas, ne nie rien. En vérité, il plaide coupable: "L'examen médical du plaignant, a-t-il déclaré hier à la Chambre, revèle divers érythèmes sur les doigts et le poignet gauche et trois petites cicatrices." Mais les tortionnaires peuvent dormir tranquilles. Les praticiens n'ont, paraît-il, aucune idée sur la nature et sur les origines de ces traces suspectes. Les praticiens. Il en est de plusieurs sortes. J'en ai entendu un, de mes oreilles, excuser ce sous-officier dont le cas nous était soumis, et qui avait tué un civil indochinois d'un coup de pied dans le ventre: "Les rates en Indochine sont fragiles et éclatent facilement." Molière lui-même n'aurait rien pu tirer de ce mot-là pour nous faire rire.
Il reste que la torture qui ne laisse pas de trace derneure une des conquêtes de la technique policière qui aujourd'hui assure mieux le repos des experts et des juges. Voici pourtant l'aveu de M. Robert Lacoste à peine déguisé: "Je dis qu'on ne saurait confondre certaines erreurs avec notre peuple. Mais j'ajoute qu'il n'appartient pas à n'importe qui de nous faire la morale..." Certaines erreurs! Qu'un euphémisme peut donc être ignoble! Bien sûr vos crimes sont, dans l'ordre politique, des erreurs, et ce n'est pas assez dire des bêtises insignes. Mais ils restent des crimes et qui atteignent à travers ceux qui les commettent, le corps d'élite dont ils portent l'uniforme, et à travers l'armée, nous-rnêrnes, notre peuple, monsieur Lacoste, dont vous êtes l'élu. Ce que vous appelez "certaines erreurs" sont donc bien le fait de ce peuple, agissez en son nom; vous en êtes l'incarnation en Algérie au point que sans vous, aucun gouvernement ne pourrait subsister et que vous ne sauriez être déplacé sans que le système croule. Vous en demeurez la clef de voûte. J'ose écrire ici cette vérité qui ressemble à un blasphème: "En Algérie, monsieur Lacoste, vous êtes la France." La France, c'est vous. Hélas! ( ... )
La torture
par François Mauriac
Pour réprimer la rébellion en Algérie et faire parler les suspects, certains militaires n'hésitent pas à employer la torture. Les gouvernements successifs nient que de tels actes soient commis. A l'occasion de la sortie du livre du journaliste communiste Henri Alleg, La Question, dans lequel l'auteur raconte les sévices dont il a été victime, François Mauriac dénonce l'attitude du gouvernement à l'égard de ces véritables crimes
Saisie de La Question d'Henri Alleg. Une fois le principe admis qu'il faut poursuivre non les auteurs d'un crime, mais ceux qui le dénoncent, il eût été plus sage de ne pas attendre que des milliers d'exemplaires fussent vendus et lus dans le monde entier. Et qu'ils aient pu l'être, c'était après tout l'a meilleure réponse à faire lorsqu'un étranger s'indignait devant nous: la France était tout de même un pays où la parole écrite demeurait libre. La publication et la vente à ciel ouvert du livre d'Alleg témoignaient en notre faveur, malgré tant d'abus et d'attentats. Sa saisie nous frustre de cette dernière fierté. Elle en lève au gouvernement le bénéfice de son libéralisme relatif, sans l'ombre d'un avantage puisque la diffusion du livre, à travers le monde, est d'ores et déjà accomplie. Tirer le pire d'unea situation donnée, c'est la règle d'or du régime, sur tous les plans, dans tous les ordres.
"Participation à une entreprise de démolition de l'armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale." Tel est le motif officiel de la saisie. Alleg a été torturé ou il ne l'a pas été. S'il l'a été dans les conditions qu'il décrit, ne reprochez pas à la victime, mais aux bourreaux, de démoraliser l'armée. En quoi le fait de demander justice contre eux menace-t-il l'Etat, offense-t-il la nation? Et qui pourrait douter de ce que rannorte cet ami de Maurice Audin? Les témoins surgiraient de partout, si l'affaire était plaidée. M. Robert Lacoste d'ailleurs, s'il n'avoue pas, ne nie rien. En vérité, il plaide coupable: "L'examen médical du plaignant, a-t-il déclaré hier à la Chambre, revèle divers érythèmes sur les doigts et le poignet gauche et trois petites cicatrices." Mais les tortionnaires peuvent dormir tranquilles. Les praticiens n'ont, paraît-il, aucune idée sur la nature et sur les origines de ces traces suspectes. Les praticiens. Il en est de plusieurs sortes. J'en ai entendu un, de mes oreilles, excuser ce sous-officier dont le cas nous était soumis, et qui avait tué un civil indochinois d'un coup de pied dans le ventre: "Les rates en Indochine sont fragiles et éclatent facilement." Molière lui-même n'aurait rien pu tirer de ce mot-là pour nous faire rire.
Il reste que la torture qui ne laisse pas de trace derneure une des conquêtes de la technique policière qui aujourd'hui assure mieux le repos des experts et des juges. Voici pourtant l'aveu de M. Robert Lacoste à peine déguisé: "Je dis qu'on ne saurait confondre certaines erreurs avec notre peuple. Mais j'ajoute qu'il n'appartient pas à n'importe qui de nous faire la morale..." Certaines erreurs! Qu'un euphémisme peut donc être ignoble! Bien sûr vos crimes sont, dans l'ordre politique, des erreurs, et ce n'est pas assez dire des bêtises insignes. Mais ils restent des crimes et qui atteignent à travers ceux qui les commettent, le corps d'élite dont ils portent l'uniforme, et à travers l'armée, nous-rnêrnes, notre peuple, monsieur Lacoste, dont vous êtes l'élu. Ce que vous appelez "certaines erreurs" sont donc bien le fait de ce peuple, agissez en son nom; vous en êtes l'incarnation en Algérie au point que sans vous, aucun gouvernement ne pourrait subsister et que vous ne sauriez être déplacé sans que le système croule. Vous en demeurez la clef de voûte. J'ose écrire ici cette vérité qui ressemble à un blasphème: "En Algérie, monsieur Lacoste, vous êtes la France." La France, c'est vous. Hélas! ( ... )
Tuesday, December 12, 2006
Vous croyez connaître Le Pen ?
portes ouvertes > Décadi > fachoscope > Le Pen à l'oeil
"Pour un oeil, les deux yeux.; pour une dent, toute la gueule" Paul Vaillant-Couturier
NOM Le Pen
PRENOM Jean dit Jean-Marie
PROFESSION milliardaire
ACTIVITE fasciste
SIGNE DISTINCTIF borgne (de quel oeil ?)
MOTS CLES argent, extrémisme, mensonge, violence
Vous croyez connaître Le Pen ? A voir :
20/06/1928 naissance à La Trinité-sur-Mer (Morbihan) de Jean Le Pen, qui deviendra Jean-Marie sur le conseil de sa première épouse Pierrette pour plaire à l'électorat catholique.
1944 «Je suis devenu anticommuniste à 16 ans. J'avais été révolté par le comportement de certains justiciers à la Libération. Chez nous, les communistes étaient des paresseux, chômeurs professionnels, des ratés, des aigris.» (cité par l'Express du 2/05/2002)
29/04/1948 première trace de bagarre (Libération, 27/04/2002)
06/1948 bagarre (Libération, 27/04/2002)
1949 président de la "Corpo" de la faculté de Droit
02/1950 "il passe la nuit au poste pour avoir frappé le personnel de cabarets parisiens" (Libération, 27/04/2002)
03/04/1951 "au lendemain d'une nuit de bagarre avec des étudiants de l'Unef, Le Pen pénètre ivre dans une église d'Aix-les-Bains où il insulte le prêtre, les fidèles et les policiers qui l'embarquent" (Libération, 27/04/2002)
1953 engagement en Indochine, le temps d’une rapide préparation militaire à Saint-Maixent, qu’il accuse de marxisme car l’on passe le révolutionnaire «Potemkine» au ciné-club. Il en sort aspirant de réserve au 1er régiment étranger de parachutistes.
03/07/1954 arrivée en Indochine après la chûte de Diên Biên Phu
03/12/1955 rencontre de Pierre Poujade, papetier de Saint-Céré (Lot), qui mène une croisade populiste de petits commerçants contre l'Etat et le fisc
02/01/1956 élu député poujadiste de Paris (benjamin de l'Assemblée nationale). Rapidement Poujade l'accuse de dérives fascistes tout en le sommant de cesser sa propagande antisémite
09/1956 nouvel engagement volontaire de six mois, toujours au 1er REP, dans le cadre de l'expédition de Suez, il arrive en Egypte... quelques heures avant le cessez-le-feu et est affecté à l'enterrement des cadavres égyptiens.
11/1956 transfert en Algérie. où il avoue avoir participé à la torture (Combat, 09/11/1962)
22/02/1957 "J'ai été arrêté le 22 février 1957, vers minuit ou deux heures du matin. (...) Ils m'ont laissé deux jours sans rien me dire. Et un jour ils m'ont appelé: "Allez, c'est à vous". (...) C'est le lieutenant Le Pen qui m'interrogeait. Moi j'ai dit: "Je ne connais pas". Ils m'ont déshabillé. Il y avait une table très grande, ils m'ont attaché les poignets et les jambes et ils m'ont enlevé le tricot de peau. Je me rappelle ils l'ont mouillé, ils me l'ont mis sur les yeux, et ils ont commencé la gégène. C'était un soldat de Le Pen qui tournait la gégène. Le lieutenant recommençait: "Où sont tes amis?". Moi je disais: "Je ne suis pas un terroriste". En même temps que l'électricité, un militaire me frappait avec une brosse métallique. La deuxième fois, ils m'ont fait la baignoire. Le Pen, lui, commandait. Les soldats m'ont plongé la tête dans l'eau. Je levais le doigt, ils me sortaient la tête, et je faisais ma prière: "Dieu est grand". Et ça recommençait. Ils m'ont interrogé pendant dix-huit jours". (Mahfoud Abdelbaki, El-Manchar, Alger, 01/2000)
"El-Manchar" a également recueilli les témoignages de Cherki Ali Rouchaï, Abdenour Yahaoui, Lakhdari Khalifa, Mohamed Louli, qui viennent d'être rassemblés dans un livre de Hamid Bousselham, publié en Algérie sous le titre "Torturés par Le Pen", aux éditions Rahma. (Amnistia.net, 27/06/2000)
29/03/1958 meeting électoral poujadiste à Paris. Bagarre : "ce n'est que quelques années plus tard qu'est apparue une cataracte traumatique, laquelle, progressivement, peu à peu, m'a privé de la vue." (Le Pen sans bandeau, Jean Marcilly, ed. J. Grancher). Mais quel oeil ?
11/1958 réelu avec l'appui du Centre national des indépendants et paysans (Cnip), dirigé par Antoine Pinay et auquel appartient alors Giscard d'Estaing
1960 Front national pour l'Algérie française
09/11/1962 "Je n'ai rien à cacher, j'ai torturé parce qu'il fallait le faire." (Combat, 09/11/1962) Il précise le lendemain qu'il préfère "méthodes de contrainte" à "torture".
03/1963 création de la Serp (Société d'études et de relations publiques), spécialisée dans l'édition de disques historiques. Parmi les actionnaires un certain Léon Gaultier, ancien responsable du Parti populaire français (PPF) de Doriot, engagé en 1943 dans la Waffen SS et condamné en 1946 aux travaux forcés, dont il se sépare en 1992
1964 l'activité de la Serp se voit sévèrement critiquée par Jean-Louis Tixier-Vignancour, futur candidat à l'élection présidentielle, que Le Pen a rejoint. Tixier reproche à ce dernier d'avoir édité un disque sur un chantre de la collaboration, Philippe Henriot, et un autre sur le IIIe Reich. Sur la pochette de ce disque, qui provoque l'indignation d'associations de résistants, on lit: «La montée vers le pouvoir d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu'il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée.» (cité par l'Express du 2/05/2002)
12/1965 Election présidentielle. directeur de campagne de Tixier-Vignancour (5,27 %)
1965 condamnation pour «apologie de crimes de guerre» pour un disque de chants du IIIe Reich comportant des titres comme l'Hymne du parti nazi ou Vive Hitler.
14/01/1971 deux arrêts de la Cour de cassation confirment la condamnation pour «apologie de crimes de guerre»
5/10/1972 fondation du Front National : à l'approche des législatives de mars 1973, les nationalistes d'Ordre nouveau et les quelques compagnons de route de Le Pen s'unissent. Président, Le Pen, vice-président, François Brigneau, (un ancien du Rassemblement national populaire de Déat et de la Milice de Darnand), secrétaire général adjoint, Roger Holeindre (para rallié à l'OAS), trésorier, Pierre Bousquet, (engagé dans la division Charlemagne de la Waffen SS sur le front de l'Est).
Il y agrège petit à petit les tendances les plus radicales de l'extrême droite : les nationalistes révolutionnaires (François Duprat), le groupuscule néo-nazi de la Fane !Marc Fredriksen), le Mouvement nationaliste révolutionnaire (Jean-Gilles Malliarakis), la mouvance «solidariste» (Jean-Pierre Stirbois et Marie-France Stirbois), puis, dans les années 80, les catholiques traditionalistes (Bernard Antony), les cadres issus de la Nouvelle Droite, passés par le Grece (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne) ou le Club de l'Horloge (Jean-Yves Le Gallou, Bruno Mégret, Jean-Claude Bardet).
11/72 publication du programme du FN dans Le National. Gérard Longuet, ancien dirigeant d'Occident - mouvement de droite nationale française -, et futur président du Parti républicain aurait largement participé à sa rédaction. Dans ce programme, le FN incarne la droite sociale populaire et nationale. On y souhaite le démantèlement du «tout-Etat» - du secteur public entre autre. Il y a une orientation nationale-populiste ; le programme défend les intérêts catégoriels - petit commerce. La corrélation entre la présence des immigrés et le chômage n'est pas suggérée - le thème de l'immigration n'est pas dominant. Par ailleurs le programme soutient les régimes pro-américains, les dictatures en Espagne, Grèce, Portugal ; il prône l'anticommunisme et se place pour la défense des «corps sains» de la nation (armée, police...).
04/03/1973 Elections législatives. FN = 108 000
05/05/1974 Election présidentielle (1er tour). Le Pen = 190 921
01/1976 Hubert Lambert, fils du fondateur des Ciments Lambert, signe un testament en faveur de Le Pen et meurt peu après à l'âge de 42 ans. Héritage estimé à environ 30 millions de Francs (plus de 90 millions d'aujourd'hui), comprenant le château de Montretout, à Saint-Cloud (superbe hôtel particulier de 365 m2 et 11 pièces, dans un parc arboré de 4 800 m2, avec dépendances. «Je crois qu'elle est évaluée aujourd'hui à 10,5 millions de francs», avance son propriétaire. Un chiffre que les agences spécialisées de Saint-Cloud multiplient volontiers par deux ou trois). La succession sera réglée à l'amiable avec la famille, après un début de procès.
1978 mort dans un attentat non élucidé de François Duprat, historien négationniste
1981 Jean-Pierre Mouchard, dit François Beauval ouvre un compte à l’UBS de Genève, N° 386.047.00 W, où Jean-Marie Le Pen a accès par procuration. En 1986, ce compte affichait 600 000 francs suisses. (voir plus bas : 24/04/2002, Les réseaux de Le Pen en Suisse)
05/1981 Election présidentielle. Le Pen est absent du scrutin, faute d'avoir réuni les 500 parrainages d'élus.
03/11/1981 achat de la deuxième maison de La Trinité-sur-Mer (Morbihan) au nom de sa fille Marie-Caroline pour éviter d'alourdir son ISF
11/09/1983 Election municipale partielle à Dreux : Jean-Pierre Stirbois (FN) obtient 16.5 % des suffrages et constitue avec la droite locale une liste d’union qui permet à 4 candidats du FN d’être élus au deuxième tour. Bernard Pons, secrétaire général du RPR approuve l’accord réalisé à Dreux pour battre l’alliance socialo-communiste.
10/1983 rencontre de Le Pen avec Raymon Barre qui qui se justifie en disant que les électeurs du FN "sont des Françaises et des Français dont l’opinion s’exprime et que nous n’avons pas le droit de traiter comme des nazis, des fascistes ou autres" (cité par Bihr A., Pour en finir avec le FN, Paris, Syros, 1992, p. 213)
1984 divorce mouvementé avec sa première épouse, Pierrette, à qui il coupe les vivres. et qui ira jusqu'à poser nue, déguisée en soubrette, dans Playboy en 1986
13/02/1984 «l’hégémonie soviétique connue, mais aussi hégémonie tenant en particulier au monde islamo-arabe, qui progressivement sont en train de coloniser la France» (L’Heure de vérité)
13/02/1984 «Les juifs ne doivent pas être plus protégés que les Bretons... S'il doit y avoir une protection supérieure, c'est à l'égard des Français.» (L’Heure de vérité)
13/02/1984 «L'explosion démographique du monde islamo-arabe est en train d'envahir et de coloniser notre pays.» (L’Heure de vérité)
13/02/1984 «La légalisation de l'avortement a été dans notre pays une régression de plusieurs siècles et peut-être de plusieurs millénaires.» (L’Heure de vérité)
20/10/1985 allusion antisémite en parlant de quatre journalistes (Jean-François Kahn, Jean Daniel, Ivan Levaï et Jean-Pierre Elkabbach) dans un discours à la fête Bleu-blanc-rouge pour lequel il sera condamné malgré des recours jusqu'en cassation
28/10/1985 Arrêt de la cour d’appel d’Amiens relaxant les responsables du Courrier Picard poursuivis en diffamation par Le Pen pour l’avoir accusé de constituer « en permanence une incitation au racisme » et «une provocation à l’antisémitisme ou au nazisme»
03/1986 élu député (à la proportionnelle) avec un groupe de 35 députés. il dépose une proposition de loi d'amnistie fiscale (Dossiers du Canard, L'enfer du fisc, 1999)
11/03/1986 Jugement du tribunal d’Aubervilliers sur le discours à la fête des «bleu blanc rouge» attaquant J.-F. Kahn, J. Daniel, I. Levaï, J.-P. Elkabbach et Mgr Lustiger
27/03/1986 Arrêt correctionnel de la cour d’appel de Lyon relaxant les responsables de la fédération du Parti socialiste poursuivis en diffamation par Le Pen et le FN à la suite d’un communiqué dans lequel ils accusaient l’extrême droite d’incitation à la haine et au racisme
09/07/1986 Arrêt de la cour d’appel de Paris du 9 juillet 1986 confirmant le jugement du 11/03/1986 du tribunal d'Aubervilliers
06/05/1987 Sida : «Les sidaïques en rerspirant du virus par tous les pores, mettent en cause l'équilibre de la nation. (...) Le sidaïque est contagieux par sa transpiration, sa salive, son contact. C'est une espèce de lépreux.» (Antenne 2)
18/05/1987 clôture du compte à l’UBS de Genève, N° 386.047.00 W. «Cette somme (600 000 francs suisses) cautionne un prêt fait à la société de disques de Le Pen», expliquait alors Jean-Pierre Mouchard au Journal de Genève. «Sur un relevé en notre possession dix placements sont gérés sur ce seul compte, soit au minimum 20 millions de francs français.(...) Le Pen est au moins dix fois milliardaire en Suisse. Pour lui, ce n’est pas Français d’abord, c’est franc suisse d’abord!» (Guy Konopnicki) (voir plus bas : 24/04/2002, Les réseaux de Le Pen en Suisse)
13/09/1987 Chambre à gaz : «Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu, moi-même, en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.» (Grand Jury RTL-Le Monde)
28/01/1988 Arrêt de la cour d’appel de Versailles à la suite des propos de Le Pen considérant l’existence des chambres à gaz comme «un point de détail» (Le grand jury TL- Le Monde du 13 septembre 1987)
03/02/1988 Arrêt de la cour de cassation rejettant le pourvoi de Le Pen contre l'arrêt de la Cour d'appel de Paris du 09/07/1986
1988 campagne électorale : "libérer les français de l'esclavage fiscal" (Dossiers du Canard, L'enfer du fisc, 1999)
24/04/1988 Election présidentielle (1er tour). Le Pen =
JM Le Pen déclare qu'après le premier tour des présidentielles, il a rencontré Jacques Chirac chez Guillain de Bénouville, pour négocier le soutien du Front national en sa faveur pour le second tour. Chirac nie, mais Pasqua confirme. 4 376 742
01/05/1988 Le Pen invite les militants du Front National à voter non directement pour Jacques Chirac, mais "contre" François Mitterrand, contre l'avis de Jean-Pierre Stirbois et Roland Gaucher.
"C'est dans ces circonstances que j'eu chez Jean-André Faucher un dîner en compagnie de Roland Dumas. Cette rencontre a été signalée dans le livre d'Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez "La Main droite de Dieu - Enquête sur François Mitterrand et l'extrême-droite".
Dans ce récit, on peut lire : " Roland gaucher fournit d'emblée une précieuse indication à son interlocuteur : "Il n'y a aucun risque pour que je vote un jour pour un gaulliste, Chirac ou un autre". Et d'expliquer que la stratégie mise au point par Jean-Pierre Stirbois et son équipe consiste à faire voter en sous-main pour François Mitterrand ". (Roland Gaucher, Unité radicale, 04/02/2002)
12/06/1988 Elections législatives. Scrutin majoritaire. Les candidats du FN devancent ceux de la droite traditionnelle dans 124 des 555 circonscriptions
Un seul siège de député FN : Yann Piat (Var) qui adhère quelques semaines plus tard au groupe UDF. Filleule de Le Pen, elle est exclue du Front national en octobre 1988 et assassinée le 25/02/1994 à Hyères.
17/08/1988 Olivier Messaoud, 21 ans, est tué à Saint-Ambroise (Gard) par un patron de bistrot. soutenu par un comité de défense animé par le FN (libéré un mois après)
02/09/1988 Durafour-crématoire : «Monsieur Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l'ouverture dans laquelle il a d'ailleurs immédiatement disparu, a déclaré : nous devons nous allier aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le PCF, lui, perd des voix tandis que l'extrême droite ne cesse d'en gagner... M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu.» Réunion des cadres FN au Cap-d'Agde
01/10/1988 Le Pen nomme Bruno Mégret directeur général du parti, Carl Lang ayant succèdé à l'ancien leader et organisateur de l'aile radicale du FN, JP Stirbois, mort accidentellement.
10/12/1988 Mabrouk Merabet, 27 ans, abattu par un patron de bistrot sympathisant du FN à Arandon (Isère). Le 22 décembre 1989, l’assassin bénéficie d’un non-lieu pour légitime défense, par la cour d’appel de Grenoble
1989 création de l'Institut de formation nationale (IFN), association loi 1901 créée qui forme cadres et élus du parti, d'abord domicilié dans l'appartement parisien de Mégret, puis transféré au siège du FN en 1995. Cet organisme a obtenu l'agrément de la Direction générale des collectivités locales (DGCL) en 1994 et bénéficie donc de l'aide des collectivités locales pour financer ses stages (bénéfice de 758 820,27 F en 1995) (Libération, 11/12/1998)
11/10/1989 Pourvoi de Le Pen rejeté par la cour de cassation sur ses propos du 13 /09/1987 jugés par la Cour d'appel de Versailles le 28/01/1988
29/03/1989 Arrêt de la cour d’appel de Paris contre les propos de Le Pen au cours de l’émission « L’Heure de vérité » du 14 février 1984
11/08/1989 Les juifs : «Les grandes internationales, comme l'internationale juive, jouent un rôle non négligeable dans la création d'un esprit antinational.» (Présent)
26/08/1989 Droits de l'homme : «La Déclaration des droits de l'homme est la mère de tous les grands mouvements totalitaires du XXe siècle, car très rapidement, l'aspiration à l'humanisme et à l'humanitarisme débouche sur la terreur.» (La Trinité-sur-Mer)
12/1989 Marie-France Stirbois est élue, lors d'une législative partielle, députée d'Eure-et-Loir (61,3%). Elle sera la seule élue FN au Palais-Bourbon jusqu'en 1993.
11/01/1990 Jugement du tribunal de grande instance de Nanterre pour assertion « coupablement choquante et en elle-même intolérable» et «atteinte très grave au souvenir, au respect et à la compassion dues aux survivants du génocide et de leurs familles».
23/05/1990 Deuxième jugement du tribunal de grande instance de Nanterre sur le même sujet
25/05/1990 Abdelkader Ferrar, 22 ans, tué à coups de couteau par un buraliste, sympathisant du FN, à Aramont, près d’Avignon. Assassin inculpé d’homicide involontaire et incarcéré
20/06/1990 Jugement du Tribunal de grande instance de Toulon relaxant Roger Hanin et le directeur du journal qui avait publié à propos du FN : «ses dirigeants ne sont pas seulement des fascistes mais aussi de véritables nazis»
11/1990 Le Pen rend visite à Saddam Hussein en pleine guerre du Golfe, et il accepte d'entériner l'annexion du Koweït ; il refuse de considérer comme des otages les Français retenus par l'Irak.
25/02/1991 Arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence confirmant le jugement de Toulon
18/03/1991 Arrêt de la Cour de Versailles du 18 mars 1991 confirmant la décision du tribunal de grande instance de Nanterre
31/05/1991 remariage avec Jeanne-Marie Paschos, dite Jany, "mondaine de 69 ans, habituée de la jet-set, née d'un père d'origine grecque marchand de tableaux, flambeur invétéré, et d'une mère hollando-bretonne protestante (...) qui préside l'association SOS Enfants d'Irak" : «Les braves gens du Front, quand je les embrasse, j'oublie complètement qu'ils sont moches» (Libération, 26/04/2002)
Egalement présidente d'honneur de plusieurs associations de défense des animaux (Le Monde, 19/03/2002), Jany possède un petit bijou. «Une vieille Rolls-Royce, que je l'adjure de vendre, parce qu'on ne la sort jamais» selon Le Pen (L'Express, 28/03/2002)
29/02/1992 rencontre secrète à Saint-Raphaël, en compagnie d'Alain-Gérard Georgi-Samaran, délégué du FN au Paraguay et en Argentine, de Le Pen avec Armando Nano qui gère une imposante fortune dans les Caraïbes et en Amérique latine depuis sa propriété installée dans la microscopique république antillaise de Saint-Vincent. En décembre 1996, deux magistrats italiens du pool «Mani pulite» font procéder à plus d'une centaine de perquisitions chez les proches et les hommes de paille d'Armando Nano, condamné ensuite à quatre années de prison en première instance pour escroquerie (une société contrôlée par Nano mettait en vente des parts d'une carrière de marbre noir au Pérou, en promettant un gain de quarante dollars pour une mise de un dollar).
La petite république d'opérette de Saint-Vincent, dont Nano est l'un des banquiers en vue, vient d'être accusée par le Département d'Etat américain de servir de plaque tournante au blanchiment de l'argent de la drogue. De même les anciens dirigeants du Paraguay protecteurs de Nano étaient-ils dans le collimateur des services antidrogue des USA. (Le canard enchaîné, 22/04/98)
12/03/1993 la cour d’assises du Var condamne à 8 ans de réclusion Emilien Bonnel, militant FN, qui a tué Abdallah Moktari 25 ans
21/03/1993 Elections législatives (1er tour). FN = 3 152 543
23/03/1993 Finalement, Savastano se fait coincer par le président à propos d'une discussion au téléphone qu'il a eue le 23 mars 1993 avec le maire (UDF) d'Aix-en-Provence, Me Joissains. Dominique Bréjoux lit ce que disait alors Savastano pour rassurer ses amis politiques: "J'étais dans l'appartement avec Le Pen, il y a un mois, et on a pris des accords!" Des accords pour faire battre Yann Piat et "aider" Mégret, précise-t-il. La salle d'audience retient son souffle. A la barre, le VRP de Fargette finit par lâcher: "Ça s'est passé à Nice, avec Fratani (attaché parlementaire de Tapie, NDLR)... On a rencontré Peyrat (le maire de Nice, à l'époque dirigeant du FN, NDLR) puis Le Pen est arrivé, un accord a été passé." (Compte -rendu du procès sur l'asassinat de Yann Piat, L'Humanité, 15/05/1998)
06/1993 condamnation par la cour d'appel de Paris à 10 000 F (1 500 euros) d'amende pour «Durafour-crématoire»
14/06/1993 débouté par le TGI de Nancy après qu'un comité antifasciste l'eut traité de «fils naturel d'Hitler»
05/1994 Au moment même du génocide rwandais, Le Pen confie la direction du DPS (Département Protection Sécurité du FN) à Bernard Courcelle qui lui a été présenté par le commissaire Charles Pellegrini, un ancien de la cellule élyséenne (comme Paul Barril).
Le capitaine Courcelle, "correspondant" de la Direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD, ex-Sécurité militaire) chargé de la surveillance des trafics d’armes et des mercenaires, est mis en disponibilité en 1985 pour entrer dans la société d’armements Luchaire (impliquée dans la livraison d'armes en Tchétchénie, Croatie et Iran), tout en conservant son habilitation confidentiel-secret-Défense. De mai 1990 à mai 1994 il est chargé de la surveillance les "œuvres d’art" du musée d’Orsay dont la conservatrice ést une certaine Anne Pingeot, mère de Mazarine. A ce titre, il assure la protection de ces dames et même il précise : "Je m’occupais de préparer les visites, souvent impromptues, de François Mitterrand à Anne Pingeot" (L’après Le Pen, Michaël Darmon et Romain Rosso, Seuil,1998 et interview à Rivarol, 5/02/1999.)
Il professionalise le service d'ordre du FN dont il restera le chef jusqu'au début 1999, année au cours de laquelle le DPS sera l'objet d'une commission d’enquête parlementaire.
12/06/1994 Elections européennes. FN =
11 députés européens 2 044 623
21/02/1995 Ibrahim Ali, 17 ans, Français d’origine comorienne, est tué par balles par des colleurs d’affiche du FN, à Marseille
1995 Alexandre Hébert (franc-maçon, membre de la Libre-Pensée et secrétaire de l'UD-FO de Loire-Atlantique de 1947 à 1992 avant de transmettre ses fonctions à son fils, Patrick), ami de Robert Hersant et de Le Pen, participe à une délégation de l’exécutif du Parti des Travailleurs auquel a appartenu Jospin (Ex-Organisation communiste internationaliste) apportant son soutien à Chirac à la veille de l’élection présidentielle en compagnie de Pierre Boussel dit Lambert.
Alexandre Hébert s'est ensuite 'exprimé dans les colonnes de l'hebdomadaire de Jean-Marie Le Pen, "Français d'abord". Martial Bild, rédacteur en chef du magazine officiel du FN: «Nous sommes dans un système où le politiquement correct règne. Des personnages tels qu'Alexandre Hébert ne peuvent s'exprimer nulle part. Parce que nous sommes incorrects politiquement, nous lui avons donné la parole» (Libération du 9 octobre 1999,Français d'abord N°305)
23/04/1995 Election présidentielle (1er tour). Le Pen = 4.573.252
01/05/1995 Brahim Bouarram, mort noyé dans la Seine le jour du défilé du FN. Trois jeunes au crâne rasé sont mis en garde à vue
06/1995 Bruno Mégret échoue de peu contre le candidat socialiste à Vitrolles. Mais Toulon, Orange et Marignane se donnent une municipalité FN à la faveur de triangulaires. L'épouse de Bruno Mégret est ensuite élue maire de Vitrolles à la faveur d'une consultation partielle, son mari étant provisoirement inéligible
28/06/1995 condamnation par le tribunal administratif de Paris à s'acquitter de l'impôt et des pénalités de retard, soit 1,4 millions de francs, pour les années 1978, 1979,1980 et 1981 (revenus de placements en bourse d'un montant de 754.361 francs en 1979 et 391.489 francs en 1980, revenus d'origine indéterminée pour un montant de 591.500 francs, dont 587.500 francs versés en espèce sur son compte bancaire, revenus fonciers correspondant au loyer dérisoire versé pour la location de son pavillon à Saint-Cloud pendant 4 ans, consenti... par la SCI dont les deux époux Le Pen détenaient la quasi-totalité des parts (Marianne, 1998, Dossiers du Canard, L'enfer du fisc, 1999)
09/1995 «Que ton âme s'en aille au pas de parade des légionnaires, va Jean-Claude, va mon ami, mon camarade !» JM Le Pen aux obsèques de Jean-Claude Poulet-Dachary, avant d'entonner le chant d'adieu des légionnaires, repris en choeur par les militants (Michel Henry, Il aimait les hommes, le FN, les curés et l'armée, Libération, 8/12/2004)
11/09/1995 condamnation à dix-huit mois de prison ferme pour escroquerie et exercice illégal de la profession de banquier de Laurent Mirabaud, responsable de la société financière, Mirabeau Finances Ltd domiciliée sur l'île de Man. "Lors de son procès, son amitié avec Jeanny et Jean-Marie Le Pen a été évoquée..." ('Les Filières noires', page 187.)
1996 La Résistance : «Le général De Gaulle était-il plus courageux que ne l'était le Maréchal en zone occupée ? Ce n'est pas sûr. C'était plus facile de résister à Londres que de résister en France. Ah oui, beaucoup plus.» (La Une)
09/03/1996 Grosse colère de Jean-Marie Le Pen contre les policiers chargés de sa protection qui ont embouti, avec leur R25, la Rolls Royce Silver Shadow (appartenant à sa femme) avec laquelle il s'amusait sur la route de Versailles. (Le Canard enchaîné 20/03/96)
20/03/1996 Droits de la femme : «L'affirmation que votre corps vous appartient est tout à fait dérisoire. Il appartient à la vie et aussi, en partie, à la nation.» (Le Parisien)
13/04/1996 Menace : «Députés et politiciens peuvent partir pacifiquement tant qu'il en est encore temps (...) Je ne suis pas certain que, en des temps futurs, ils en auront le loisir tant la colère légitime du peuple sera exigeante.» (Meeting à Paris)
01/05/1996 Immigration : «Ce phénomène angoissant nous impose ses coutumes, ses moeurs, sa religion et nous vole nos âmes (...) La marée de l'immigration va nous submerger après nous avoir ruinés.» (Paris)
01/05/1996 Guerre civile : «La politique de la ville qui consiste à privilégier les étrangers et, parmi eux, les plus marginaux, est en train de mettre en place les prémices de la guerre civile.» (Paris)
23/06/1996 Football : «Je trouve artificiel de faire venir des joueurs de l'étranger et de les baptiser équipe de France. (...) La plupart des joueurs français ne savent pas ou ne veulent pas chanter "la Marseillaise" (...) Je constate que la plupart d'entre eux restent bouche bée, quelques fois mêmes, pour certains, le visage hostile.» (Saint-Gilles, Gard)
31/08/1996 Guerre ethnique : «Oui ou non, veut-on pour demain une société multiraciale dont on doit savoir qu'elle débouchera inéluctablement sur une fracture, puis sur une guerre ethnique ?» (La Grande-Motte, Hérault)
14/09/1996 Décadence : «C'est certain, il n'y a que le FN qui puisse arracher le pays à la décadence (...) Il y a un moment où tout cela va s'arrêter et là, ce sera la révolution. Vous devez vous y préparer parce qu'à un moment donné les structures vermoulues de notre système vont s'écrouler.» (Saint-Cloud)
29/09/1996 RPR-Juppé : «Alain Juppé vit dans la corruption, par la corruption et pour la corruption. Il dirige une association de malfaiteurs, une longue liste de corrompus du RPR. Je prends l'engagement devant le peuple français que, quand le FN sera au pouvoir, tous ces malfrats, tous ces bandits devront non seulement rendre des comptes mais rendre gorge.» (Fête Bleu-Blanc-Rouge)
09/09/1996 «Races» : «Oui, je crois en l'inégalité des races. (...) Aux Jeux olympiques, il y a une évidente inégalité entre la race noire et la race blanche, c'est un fait. Je constate que les races sont inégales. C'est une banalité.» (Europe 1)
11/1996 Le Pen et le général russe Alexandre Lebed ont été invités en novembre au Congrès des ultra-nationalistes roumains du Parti de la Grande Roumanie (PRG). En avril dernier le président du PRG, Corneliu Yadim, avait souhaité au FN de "remporter les prochaines élections législatives et présidentielle, ne serait-ce que pour la réalité douloureuse et inadmissible de trouver aujourd'hui 1500 mosquées dans la France chrétienne." Le vice-président du FN, Dominique Chaboche, a récemment affirmé que sa formation et le PRG sont "idéologiquement liés." (Le Midi libre 20/8/97)
11/11/1996 "Je suis vraisemblablement le dernier gaulliste de la politique française" (Le Pen, Der Spiegel).
1997 condamnation à verser un franc à Ras l'Front qu'il avait qualifié de «mouvement de tueurs de flics»
25/05/1997 Elections législatives (1er tour). FN =
Seul Jean-Marie Le Chevallier, le maire de Toulon, est élu député FN. Son élection est invalidée en février 1998. 3 783 623
21/10/1997 Annulation par la cour d'appel de Nancy du testament (500 000 F) de 1994 de Henri Bussière, connu pour avoir souffert de troubles psychiatriques, qui avait déclaré vouloir léguer ses biens au Front National, le secrétaire financier du parti lui ayant alors indiqué qu’il fallait verser l’argent à Le Pen et à lui seul. . Condamnation de Le Pen (aux dépens), qui doit verser 5 000 F à la soeur du défunt
17/02/1997 Confirmation par la cour d’appel de Rouen de l’arrêt de la cour d’appel de Paris déboutant Le Pen, non diffamé par Michel Rocard disant que Le Pen avait pratiqué la torture en Algérie
05/12/1997 déclaration à Munich : «sur un livre de 1 000 pages, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz 10 à 15 lignes. Cela s'appelle un détail». (condamnation et levée de son immunité parlementaire par le parlement européen)
26/12/1997 Condamnation par jugement de référé du TGI de Nanterre à payer des dommages et intérêts aux parties civiles et à 300 000 francs de consignation pour la publication du jugement dans la presse à propos de ses déclarations de Munich sur le «détail» («J’ai dit et j’ai redit, au risque d’être sacrilège, que les chambres à gaz sont un détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale»)
02/1998 invité d’honneur de l’ambassade d’Iran à Paris à l’occasion du 19e anniversaire de la révolution islamique, J.-M. Le Pen a déclaré: « J’y ai été reçu comme un prince en son domaine » (Libération 12/02/98).
15/03/1998 Elections régionales. FN = 3 261 174
20/03/1998 Le FN contribue à l'élection de présidents UDFou apparentés dans cinq régions : Jean-Pierre Soisson (Bourgogne), Jacques Blanc (Languedoc-Roussillon), Charles Baur (Picardie), Charles Millon (Rhône-Alpes) et Bernard Harang (Centre), le seul qui démissionne aussitôt.
28/04/1998 rejet de l'appel interjetté par Le Pen contre le jugement du 27/06/1995 à propos de ce qu'il doit aux impôts : 1,4 millions de francs (Marianne, 1998, Dossiers du Canard, L'enfer du fisc, 1999)
12/05/1998 "Les relations particulières de Le Pen avec l'argent, son attirance pour le luxe surtout, n'étaient plus un secret pour personne depuis longtemps. (...)
Il a donc fallu attendre la crise pour que les langues se délient, pour que nous apprenions combien cette dérive était allée loin, puisqu'un arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris du 12 mai 1998 a même établi qu'à une époque certains dons versés par des militants au Front national arrivaient en réalité sur le compte personnel de Le Pen. Et bien qu'il ait prétendu le contraire, il n'a pas convaincu la justice. L'argent n'était donc pas seulement pour lui un instrument de sa domination à l'intérieur du parti, mais aussi un but en soi." (Bruno Mégret, Le chagrin et l'espérance. Les dérives suicidaires)
12/1998 José Péruga, conseiller municipal de Frontignan (Hérault) : Le Pen cautionne «un système népotique et une exploitation honteuse des militants», Les «courtisans» de Le Pen «ont droit à tous les égards», et en particulier deux de ses filles, Yann, l'épouse de Maréchal, et Marine, salariées par le FN «23 000 F par mois» l'une, «30 000 F net par mois» l'autre. (Libération, 3/12/1998)
05/12/1998 crise du FN Le Pen-Mégret. Fonds reçus de l'Etat : 35.566.543 F en 1997, 41.137.430 F en 1998, et près de 300.000 F, grâce à l'élection d'un député, Jean-Marie Le Chevallier, même si cette élection a par la suite été invalidée. Chacun des deux camps mobilise ses avocats dans l'espoir d'obtenir le contrôle de l'argent versé par l'Etat, des cotisations (plus de 9 millions de F en 1997), voire du siège du parti, à Saint-Cloud, auxquels s'ajoutent l'appellation et le logo du FN, atout majeur dans la bataille politique qui s'annonce entre lepénistes et mégrétistes. Terrains et constructions propriété du FN étaient évalués en 1997 à plus de 34 millions de F. Le Pen affirme que Serge Martinez a dépensé pour a location des locaux que les mégrétistes occupent à Asnières 350.000 F, ce qui le rend "sanctionnable par les commissions de surveillance de la vie politique". Il estime d'autre part que M. Mégret dépense actuellement un million de F par mois pour sa protection rapprochée. (AFP, 18/12/1998)
10/12/1998 Accusation à France Inter contre Mégret de : «mener depuis plusieurs mois, peut-être même plus, une action de subversion, de séduction et d'intrigue auprès des élus grâce à un organisme qui s'appelle l'Institut de formation nationale (IFN), qui est assez bien doté financièrement et qui permet d'inviter les gens dans les grands hôtels et de leur offrir à dîner».
12/1998 Serge Martinez accuse «Samuel Maréchal (gendre de Le Pen), sa femme (Yann Le Pen, ndlr), sa sœur, son frère et une amie de sa femme» d'être salariés du FN et de lui «coûter 2 159 000 francs par an, soit l'équivalent d'une année de cotisations de 21 500 adhérents chômeurs» (Libération, 11/12/1998)
19/04/1998 Pierrette Lalanne, ex-femme de Le Pen, qui ne s'était plus exprimée sur son ancien mari depuis 1986, date d'une célèbre interview - et de photos dénudées - à 'Playboy' : "Le jour où il a hérité (de la fortune de l'héritier des Ciments Lambert), il est devenu radin". L'héritage Lambert, outre la maison de Saint-Cloud estimée selon elle à 40 millions de francs, était placé en partie en Suisse, à hauteur d''au moins 6 milliards' d'anciens francs (60 MF). Quand elle avait besoin d'argent elle 'téléphonait d'une cabine publique et disait à son banquier: "Tu m'envoies huit ou dix petits nègres", un "petit nègre" correspondant à 10.000 francs.
('Vrai Journal' de Canal+)
05/01/1999 plainte déposée à Paris contre Jean Garnier et Jean-Pierre Mouchard par Carlos Miriel, qui accuse ses anciens associés d’escroquerie et d’abus de biens sociaux pour avoir payé, par l’intermédiaire d’Ecotec, la villa de Ruel-Malmaison des époux Le Pen (voir plus bas : 24/04/2002, Les réseaux de Le Pen en Suisse)
15/01/1999 Licenciement par France Télévision de Joël Bonnemaison, journaliste à FR3 Nantes, mis en examen en décembre 1998 après avoir avoué être l'auteur d'une lettre anonyme au Rédacteur en Chef de la station, l'accusant, entre autres, d'être un «dévoyé» et un «bouffon vénal». Ancien responsable local du Front National, intime avec Jean-Marie Le Pen (témoin de son mariage comme Alexandre Hébert, leader anarcho-syndicaliste de Force Ouvrière), auquel il sert de chauffeur lors de ses déplacements dans la région, Joël Bonnemaison militant à FO depuis les années 70 est rédacteur en chef d'" Ouest syndicaliste ", le journal de FO en Loire-Atlantique. Affecté en Vendée à la demande de Philippe de Villiers (Libération du 01.02.99), Bonnemaison est responsable national d'un des trois syndicats de journalistes FO, le Syndicat Général des Journalistes (SGJ), dirigé par Tristan Malle, réputé proche des trotskistes "lambertistes" du Parti des Travailleurs.
"Déjà par le passé, la rédaction a dû déplorer les agissements de M. Bonnemaison et ses manoeuvres avec le Front national", selon une pétition de la rédaction. A l'occasion de la campagne électorale européenne de 1994, Joël Bonnemaison avait par surprise reçu en direct Jean-Marie Le Pen à la place du responsable local du Front national. La direction de FR3 n'avait alors pas réagi malgré les protestations des organisations représentatives du personnel.
22/03/1999 Un fusil à pompe (à balles de caoutchouc), un revolver, cinquante cartouches, des grenades lacrymogènes, une bombe anti-agression, deux gilets pare-balles, un détecteur de radars de la police... découverts par des policiers belges lors d'une patrouille de routine dans le coffre d'une voiture utilisée par Jean-Marie Le Pen (On venait de dérober un téléphone portable par la vitre avant droit brisée d'une Peugeot 605 immatriculée en France)
A la recherche des propriétaires du véhicule, les policiers ont retrouvé plus tard dans la soirée, dans un restaurant, le président du FN, son chauffeur et son garde du corps. Ce dernier a expliqué que ces armes lui servaient à assurer la protection de Jean-Marie Le Pen, privé de son escorte policière française sur le territoire belge. Il n'aurait toutefois pas pu produire de permis de port d'armes valide, notamment pour le fusil à pompe pour lequel il est exigé en Belgique. Les trois hommes ont été emmenés au commissariat. Le Pen, qui n'avait pas sur lui sa carte de député européen, a fini par être relaxé, après avis du ministère public.
Jean-Marie Le Pen, qui se trouvait à Bruxelles pour la session du Parlement européen, riposte benoîtement que "ni la voiture ni les armes ne lui appartiennent", ce qui n'est pas vraiment la question. Le parquet de Bruxelles " examine l'opportunité de demander la levée de l'immunité du parlementaire" pour l'interroger."
13/06/1999 Elections européennes. MNR = 576 655
13/06/1999 Elections européennes. FN = 1 001 982
16/09/1999 réunion de rentrée du Comité national de vigilance contre l'extrême droite. Les représentants du MDC et du PS mettent en cause la pérennité du Comité. Selon eux, le FN et le MN ne représenteraient plus de danger électoral majeur, et il serait inutile d'observer les comportements d'extrême droite dans la société si ceux-ci ne sont plus coordonnés par une formation politique. Une analyse qui a provoqué de vives réactions des autres composantes du Comité qui s'interrogent sur les motivations profondes de ce revirement au moment où l'éclatement du FN laisse entrevoir l'existence de liens entre le pouvoir et l'extrême droite. (Source : NOTE D'INFORMATION DU RESEAU VOLTAIRE Edition du 1er octobre 1999, numéro double 204-205 )
17/09/1999 à sa demande, condamnation de sa fille Marie-Caroline (passée chez Mégret et qui gérait la Serp depuis 1992) par le tribunal de commerce de Paris à lui rembourser 516.000 francs. L'avocat de Marie-Caroline Le Pen, Eric Delcroix, évoque le salaire d'un employé de maison "mauricien" du président du FN
22/09/1999 Marie-Caroline Le Pen à France-Inter : le maître d'hôtel de son père, dans son ancienne résidence de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), entre 1982 et 1992, a été rémunéré par la Serp, soit 757.000 francs de salaires qu'elle estime "fictifs". "Mon père fait un peu ce qu'il veut. Quand il ne peut plus diriger les hommes ou quelque chose (...), il préfère les casser". C'est "ce qu'il a fait avec le FN et avec cette société" (la Serp).
2000 "En 2000, Jean-Marie Le Pen a déclaré au fisc un actif net imposable de 9 082 280 F et a payé, à ce titre, 27 000 F d'impôt de solidarité sur la fortune. Il déclare posséder un «petit» portefeuille d'actions - ce spéculateur a déjà réalisé de confortables plus-values, de l'ordre de 280 000 F en 1999 - et la majorité des parts de la Société civile immobilière du pavillon de l'Ecuyer, à laquelle Montretout appartient juridiquement. «Pour habiter ici, chez moi, l'Etat prétend me faire payer 50 000 F par mois! fulmine-t-il. Je suis en procès contre le fisc parce que je conteste les évaluations et les redressements qu'il me fait.»" (cité par l'Express du 2/05/2002)
03/2000 déclaration : «nous n’acceptons pas de voir limitées nos libertés et nos droits parce que nous ne sommes pas juifs»
10/2000 déchéance de son mandat de député européen pour avoir agressé une candidate socialiste aux législatives de 1997, faits pour lesquels il sera condamné à trois mois de prison avec sursis
07/06/2001 débouté par Cour européenne des droits de l'homme saisie pour qu'elle déclare inéquitable la procédure suivie contre lui, à Versailles en octobre 2000
05/09/2001 débouté en première instance dans le procès contre sa fille Marie-Caroline à propos de la deuxième maison de La Trinité-sur-Mer (Morbihan). Il a porté l'affaire devant la cour d'appel de Rennes (Ille-et-Vilaine).
18/10/2001 condamnation pour propos racistes de Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret par un arrêt définitif de la cour d'appel de Versailles, le 18 octobre 2001, avec obligation de publier cette condamnation dans trois quotidiens et trois hebdomadaires nationaux à leurs frais. (Le Monde, 5/05/2002)
15/01/2002 Parlement européen. Déclaration des intérêts financiers des députés
Je soussigné, Le Pen Jean-Marie, déclare par la présente :
A) Exercer les activités professionnels suivantes : rien à déclarer
B) Exercer les fonctions ou activités rémunérées ci-après : rien à déclarer
C) Avoir reçu, dans le cadre de mes activités politiques, les soutiens suivants (financiers, en personnel, en matériel, alloués par…) : rien à déclarer
D) Renseignements complémentaires : rien à déclarer
10/04/2002 Journal Officiel Numéro 84 (fichier Excel) : Les élus qui ont parrainé Le Pen et Mégret
18/04/2002 Interview Adar Primor, journaliste au quotidien israélien Haaretz : "Racisme : Je ne soutiens pas une théorie de la supériorité des races, mais il y a une différence entre les races (...) Le voile musulman : Il nous protège des femme laides"
21/04/2002 Election présidentielle (1er tour). Bruno Mégret (MNR) = 667 026
21/04/2002 Election présidentielle (1er tour). Le Pen = 4 804 713
24/04/2002 Les réseaux de Le Pen en Suisse (Webdo.ch) :
- Christian Cambuzat, directeur du Centre Lémanique de Revitalisation de l'hôtel Mirador du Mont-Pèlerin (VD) ("le plus grand de nos diététiciens" - cf. Gabriel Matzneff : Le dîner des Mousquetaires) gourou du traitement de l'amincissement : le nouveau look du "présidentiable", c'est lui : «Il y a certaines choses qui se font qui doivent rester secrètes, mais je peux vous assurer que j’ai assisté à des dîners en ville en présence de différentes personnalités dont les noms feraient sursauter pas mal de gens.»
- Jean-Pierre Mouchard, dit François Beauval, l'un des leaders de la vente de livres par correspondance, trésorier de Jean-Marie Le Pen Cotelec, l’association de collecte de fonds du Front national, l’un des deux actionnaires d’Ecotec SA, une société destinée à finaliser puis à vendre le brevet d’un additif qui permettrait de réduire les émanations polluantes, le second actionnaire étant le promoteur immobilier Jean Garnier, qui n’est autre que l’ex-mari de Jany Le Pen, l’épouse actuelle. Elf rachète rachète la moitié du capital d'Ecotec en décembre 1996, à l'époque d'Alfred Sirven.
- Jacques Darier, ancien directeur de la banque du même nom
- Jean-Pierre Aubert, directeur de Aubert & Cie, à Genève, condamné dans une affaire de blanchiment d'argent de la drogue, qui a quitté Genève depuis quelques années et se trouverait aujourd’hui à l’étranger «en pèlerinage religieux».
25/04/2002 campagne du 2ième tour : ouvrir des "camps de transit" pour les sans-papiers qui ne pourraient pas être expulsés, affréter un "train spécial" pour les réfugiés du centre de rétention de Sangatte et slogan "national, populaire et social" (largement usitée par le Parti national-socialiste d'Adolf Hitler)
04/2002 Selon des lois organiques de la Ve République, chaque candidat à la présidentielle se doit de déposer, sous pli scellé, au Conseil constitutionnel, une déclaration de patrimoine. Cette dernière restera confidentielle excepté pour le vainqueur qui verra la sienne rendue publique après le second tour. Le président devant également fournir un autre état de son patrimoine à la fin de son mandat.
"De tout temps, les candidats ont minimisé leurs biens mobiliers et immobiliers et de ce fait, seule une estimation peut être faite. Jean-Marie Le Pen, président et candidat du Front national et le plus fortuné de tous, possède une villa à Saint-Cloud évaluée à 3,2 millions d’euros, un portefeuille d’actions et une maison (celle de sa femme) à Rueil-Malmaison." (RFI, 10/04/2002)
05/05/2002 Election présidentielle (2ième tour) Le Pen 5 510 466
19/04/2003 "Le jour où nous aurons en France, non plus cinq millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux. Quand ils ne le font pas, on leur dit: 'qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça? Tu cherches la bagarre?' Et vous n'avez plus qu'à filer, sinon vous prenez une trempe." (Le Monde, 19/04/2003)
7/01/2005 "En France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés. (...) (sur le "drame d'Oradour-sur-Glane") il y aurait beaucoup à dire. (...) Si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques. (...) Ce n'est pas seulement de l'Union européenne et du mondialisme que nous devons délivrer notre pays, c'est aussi des mensonges sur son histoire, mensonges protégés par des mesures d'exception. D'où notre volonté constante d'abroger toutes les lois liberticides Pleven, Gayssot, Lellouche, Perben II." (Rivarol, 7/01/2005)
"C'est moi qui était l'agressé" (Le Pen à France Inter - 2/05/2002, 8 h 30)
Netographie :
Condamnations de Le Pen. Informations collectées par le Service juridique du MRAP
Les condamnations de Jean-Marie Le Pen. Dossier du CRIF
et sur decadi.com : Le fachoscope et nos amis de l'International Antifascist Unity
Bibliographie
Joseph Algazy - " L'extrême-droite en France (1965 à 1984) ", L'Harmattan, juin 1989
Serge Berstein et Pierre Milza - "Dictionnaire historique des fascismes et du nazisme", Editions Complexe, 1992.
Guy Birenbaum - "Le Front national en politique", Editions Ballard, 1992.
Roger Bourderon - "Le fascisme, idéologies et pratiques", Editions Sociales/Problèmes-Histoire, 1979.
Gilles Bresson et Christian Lionet - "Le Pen, biographie", Editions du Seuil, 1994.
Jean-Yves Camus et René Monzat - " Les droites nationales et radicales en France ", Presse Universitaire de Lyon, 1992
Jean-Yves Camus (coordonné par) - "Les extrémistes, de l'Atlantique à l'Oural", Editions de l'Aube, 1996.
Jean-Yves Camus - "Le Front national, histoire et analyse", Editions Olivier Laurens, 1996.
Jean-Yves Camus - " L'extrême-droite aujourd'hui ", éditions Les essentiels Milan, octobre 1997.
Ariane Chebel d'Appolonia - " L'extrême-droite en France, de Maurras à Le Pen ", Editions Complexe, janvier 1996
Isabelle Cuminal, Maryse Souchard, Stéphane Wahnich, Virginie Wathier - " Le Pen, les mots, analyse d'un discours d'extrême-droite ", La Découverte, novembre 1998
Renaud Dély - " Histoire secrète du Front National ", Grasset, avril 1999
Caroline Fourest et Fiammetta Venner - " Le guide des sponsors du Front National et ses amis ", éditions Raymond Castells, 1998
Olivier Guland - "Le Pen, Mégret et les Juifs, l'obsession du "complot mondialiste", La Découverte, mars 2000
Valérie Igounet - " Histoire du négationnisme en France ", Seuil, mars 2000.
Guy Konopnicky - "Les filières noires", Editions Denoël, 1996.
Guy Konopnicki - " Manuel de survie au Front ", éditions Les petits libres, avril 1998.
Claudie Lesselier, Fiammetta Venner - " L'extrême-droite et les femmes ", éditions Golias, septembre 1997
Nonna Mayer et Pascal Perrineau (sous la direction de) - "Le Front national à découvert", Editions FNSP, 1996.
Jean-Christian Petitfils - "L'extrême droite en France", Collection Que sais-je, PUF, 1995.
Maurice Rajsfus - " En gros et en détail, Le Pen au quotidien 1987-1997 ", éditions Paris Méditerranée, avril 1998
Michel Samson - " Le Front National aux affaires, deux ans d'enquêtes sur la vie municipales à Toulon ", Calmann-Lévy, septembre 1997
Michel Soudais - " Le Front National en Face ", Flammarion, novembre 1996
Anne Tristan, Au Front, Editions Gallimard, 1987
Fiammeta Venner - "L'opposition à l'avortement. Du lobby au commando", Editions Berg International, 1995.
Michel Winock - "Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France", Editions du Seuil, 1990.
Michel Winock (sous la direction de) - "Histoire de l'extrême droite en France", Editions du Seuil, 1993.
hamid Bousselham "Torturés par le pen" éditions rahma alger 2000
ouvrages collectifs
Ras l'front - " La résistible ascension du F. Haine ", éditions Syllepse, avril 1996
Golias (ouvrage collectif) - " Négationnistes : les chiffonniers de l'histoire", éditions Golias, mars 1997
Golias (Les dossiers) - " Les faussaires de l'histoire, Lyon, capitale du négationnisme ", éditions Golias, septembre 1999
ouvrages à commander ci-dessous (ou tout autre livre,disque, etc) :
decadi.com
"Pour un oeil, les deux yeux.; pour une dent, toute la gueule" Paul Vaillant-Couturier
NOM Le Pen
PRENOM Jean dit Jean-Marie
PROFESSION milliardaire
ACTIVITE fasciste
SIGNE DISTINCTIF borgne (de quel oeil ?)
MOTS CLES argent, extrémisme, mensonge, violence
Vous croyez connaître Le Pen ? A voir :
20/06/1928 naissance à La Trinité-sur-Mer (Morbihan) de Jean Le Pen, qui deviendra Jean-Marie sur le conseil de sa première épouse Pierrette pour plaire à l'électorat catholique.
1944 «Je suis devenu anticommuniste à 16 ans. J'avais été révolté par le comportement de certains justiciers à la Libération. Chez nous, les communistes étaient des paresseux, chômeurs professionnels, des ratés, des aigris.» (cité par l'Express du 2/05/2002)
29/04/1948 première trace de bagarre (Libération, 27/04/2002)
06/1948 bagarre (Libération, 27/04/2002)
1949 président de la "Corpo" de la faculté de Droit
02/1950 "il passe la nuit au poste pour avoir frappé le personnel de cabarets parisiens" (Libération, 27/04/2002)
03/04/1951 "au lendemain d'une nuit de bagarre avec des étudiants de l'Unef, Le Pen pénètre ivre dans une église d'Aix-les-Bains où il insulte le prêtre, les fidèles et les policiers qui l'embarquent" (Libération, 27/04/2002)
1953 engagement en Indochine, le temps d’une rapide préparation militaire à Saint-Maixent, qu’il accuse de marxisme car l’on passe le révolutionnaire «Potemkine» au ciné-club. Il en sort aspirant de réserve au 1er régiment étranger de parachutistes.
03/07/1954 arrivée en Indochine après la chûte de Diên Biên Phu
03/12/1955 rencontre de Pierre Poujade, papetier de Saint-Céré (Lot), qui mène une croisade populiste de petits commerçants contre l'Etat et le fisc
02/01/1956 élu député poujadiste de Paris (benjamin de l'Assemblée nationale). Rapidement Poujade l'accuse de dérives fascistes tout en le sommant de cesser sa propagande antisémite
09/1956 nouvel engagement volontaire de six mois, toujours au 1er REP, dans le cadre de l'expédition de Suez, il arrive en Egypte... quelques heures avant le cessez-le-feu et est affecté à l'enterrement des cadavres égyptiens.
11/1956 transfert en Algérie. où il avoue avoir participé à la torture (Combat, 09/11/1962)
22/02/1957 "J'ai été arrêté le 22 février 1957, vers minuit ou deux heures du matin. (...) Ils m'ont laissé deux jours sans rien me dire. Et un jour ils m'ont appelé: "Allez, c'est à vous". (...) C'est le lieutenant Le Pen qui m'interrogeait. Moi j'ai dit: "Je ne connais pas". Ils m'ont déshabillé. Il y avait une table très grande, ils m'ont attaché les poignets et les jambes et ils m'ont enlevé le tricot de peau. Je me rappelle ils l'ont mouillé, ils me l'ont mis sur les yeux, et ils ont commencé la gégène. C'était un soldat de Le Pen qui tournait la gégène. Le lieutenant recommençait: "Où sont tes amis?". Moi je disais: "Je ne suis pas un terroriste". En même temps que l'électricité, un militaire me frappait avec une brosse métallique. La deuxième fois, ils m'ont fait la baignoire. Le Pen, lui, commandait. Les soldats m'ont plongé la tête dans l'eau. Je levais le doigt, ils me sortaient la tête, et je faisais ma prière: "Dieu est grand". Et ça recommençait. Ils m'ont interrogé pendant dix-huit jours". (Mahfoud Abdelbaki, El-Manchar, Alger, 01/2000)
"El-Manchar" a également recueilli les témoignages de Cherki Ali Rouchaï, Abdenour Yahaoui, Lakhdari Khalifa, Mohamed Louli, qui viennent d'être rassemblés dans un livre de Hamid Bousselham, publié en Algérie sous le titre "Torturés par Le Pen", aux éditions Rahma. (Amnistia.net, 27/06/2000)
29/03/1958 meeting électoral poujadiste à Paris. Bagarre : "ce n'est que quelques années plus tard qu'est apparue une cataracte traumatique, laquelle, progressivement, peu à peu, m'a privé de la vue." (Le Pen sans bandeau, Jean Marcilly, ed. J. Grancher). Mais quel oeil ?
11/1958 réelu avec l'appui du Centre national des indépendants et paysans (Cnip), dirigé par Antoine Pinay et auquel appartient alors Giscard d'Estaing
1960 Front national pour l'Algérie française
09/11/1962 "Je n'ai rien à cacher, j'ai torturé parce qu'il fallait le faire." (Combat, 09/11/1962) Il précise le lendemain qu'il préfère "méthodes de contrainte" à "torture".
03/1963 création de la Serp (Société d'études et de relations publiques), spécialisée dans l'édition de disques historiques. Parmi les actionnaires un certain Léon Gaultier, ancien responsable du Parti populaire français (PPF) de Doriot, engagé en 1943 dans la Waffen SS et condamné en 1946 aux travaux forcés, dont il se sépare en 1992
1964 l'activité de la Serp se voit sévèrement critiquée par Jean-Louis Tixier-Vignancour, futur candidat à l'élection présidentielle, que Le Pen a rejoint. Tixier reproche à ce dernier d'avoir édité un disque sur un chantre de la collaboration, Philippe Henriot, et un autre sur le IIIe Reich. Sur la pochette de ce disque, qui provoque l'indignation d'associations de résistants, on lit: «La montée vers le pouvoir d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu'il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée.» (cité par l'Express du 2/05/2002)
12/1965 Election présidentielle. directeur de campagne de Tixier-Vignancour (5,27 %)
1965 condamnation pour «apologie de crimes de guerre» pour un disque de chants du IIIe Reich comportant des titres comme l'Hymne du parti nazi ou Vive Hitler.
14/01/1971 deux arrêts de la Cour de cassation confirment la condamnation pour «apologie de crimes de guerre»
5/10/1972 fondation du Front National : à l'approche des législatives de mars 1973, les nationalistes d'Ordre nouveau et les quelques compagnons de route de Le Pen s'unissent. Président, Le Pen, vice-président, François Brigneau, (un ancien du Rassemblement national populaire de Déat et de la Milice de Darnand), secrétaire général adjoint, Roger Holeindre (para rallié à l'OAS), trésorier, Pierre Bousquet, (engagé dans la division Charlemagne de la Waffen SS sur le front de l'Est).
Il y agrège petit à petit les tendances les plus radicales de l'extrême droite : les nationalistes révolutionnaires (François Duprat), le groupuscule néo-nazi de la Fane !Marc Fredriksen), le Mouvement nationaliste révolutionnaire (Jean-Gilles Malliarakis), la mouvance «solidariste» (Jean-Pierre Stirbois et Marie-France Stirbois), puis, dans les années 80, les catholiques traditionalistes (Bernard Antony), les cadres issus de la Nouvelle Droite, passés par le Grece (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne) ou le Club de l'Horloge (Jean-Yves Le Gallou, Bruno Mégret, Jean-Claude Bardet).
11/72 publication du programme du FN dans Le National. Gérard Longuet, ancien dirigeant d'Occident - mouvement de droite nationale française -, et futur président du Parti républicain aurait largement participé à sa rédaction. Dans ce programme, le FN incarne la droite sociale populaire et nationale. On y souhaite le démantèlement du «tout-Etat» - du secteur public entre autre. Il y a une orientation nationale-populiste ; le programme défend les intérêts catégoriels - petit commerce. La corrélation entre la présence des immigrés et le chômage n'est pas suggérée - le thème de l'immigration n'est pas dominant. Par ailleurs le programme soutient les régimes pro-américains, les dictatures en Espagne, Grèce, Portugal ; il prône l'anticommunisme et se place pour la défense des «corps sains» de la nation (armée, police...).
04/03/1973 Elections législatives. FN = 108 000
05/05/1974 Election présidentielle (1er tour). Le Pen = 190 921
01/1976 Hubert Lambert, fils du fondateur des Ciments Lambert, signe un testament en faveur de Le Pen et meurt peu après à l'âge de 42 ans. Héritage estimé à environ 30 millions de Francs (plus de 90 millions d'aujourd'hui), comprenant le château de Montretout, à Saint-Cloud (superbe hôtel particulier de 365 m2 et 11 pièces, dans un parc arboré de 4 800 m2, avec dépendances. «Je crois qu'elle est évaluée aujourd'hui à 10,5 millions de francs», avance son propriétaire. Un chiffre que les agences spécialisées de Saint-Cloud multiplient volontiers par deux ou trois). La succession sera réglée à l'amiable avec la famille, après un début de procès.
1978 mort dans un attentat non élucidé de François Duprat, historien négationniste
1981 Jean-Pierre Mouchard, dit François Beauval ouvre un compte à l’UBS de Genève, N° 386.047.00 W, où Jean-Marie Le Pen a accès par procuration. En 1986, ce compte affichait 600 000 francs suisses. (voir plus bas : 24/04/2002, Les réseaux de Le Pen en Suisse)
05/1981 Election présidentielle. Le Pen est absent du scrutin, faute d'avoir réuni les 500 parrainages d'élus.
03/11/1981 achat de la deuxième maison de La Trinité-sur-Mer (Morbihan) au nom de sa fille Marie-Caroline pour éviter d'alourdir son ISF
11/09/1983 Election municipale partielle à Dreux : Jean-Pierre Stirbois (FN) obtient 16.5 % des suffrages et constitue avec la droite locale une liste d’union qui permet à 4 candidats du FN d’être élus au deuxième tour. Bernard Pons, secrétaire général du RPR approuve l’accord réalisé à Dreux pour battre l’alliance socialo-communiste.
10/1983 rencontre de Le Pen avec Raymon Barre qui qui se justifie en disant que les électeurs du FN "sont des Françaises et des Français dont l’opinion s’exprime et que nous n’avons pas le droit de traiter comme des nazis, des fascistes ou autres" (cité par Bihr A., Pour en finir avec le FN, Paris, Syros, 1992, p. 213)
1984 divorce mouvementé avec sa première épouse, Pierrette, à qui il coupe les vivres. et qui ira jusqu'à poser nue, déguisée en soubrette, dans Playboy en 1986
13/02/1984 «l’hégémonie soviétique connue, mais aussi hégémonie tenant en particulier au monde islamo-arabe, qui progressivement sont en train de coloniser la France» (L’Heure de vérité)
13/02/1984 «Les juifs ne doivent pas être plus protégés que les Bretons... S'il doit y avoir une protection supérieure, c'est à l'égard des Français.» (L’Heure de vérité)
13/02/1984 «L'explosion démographique du monde islamo-arabe est en train d'envahir et de coloniser notre pays.» (L’Heure de vérité)
13/02/1984 «La légalisation de l'avortement a été dans notre pays une régression de plusieurs siècles et peut-être de plusieurs millénaires.» (L’Heure de vérité)
20/10/1985 allusion antisémite en parlant de quatre journalistes (Jean-François Kahn, Jean Daniel, Ivan Levaï et Jean-Pierre Elkabbach) dans un discours à la fête Bleu-blanc-rouge pour lequel il sera condamné malgré des recours jusqu'en cassation
28/10/1985 Arrêt de la cour d’appel d’Amiens relaxant les responsables du Courrier Picard poursuivis en diffamation par Le Pen pour l’avoir accusé de constituer « en permanence une incitation au racisme » et «une provocation à l’antisémitisme ou au nazisme»
03/1986 élu député (à la proportionnelle) avec un groupe de 35 députés. il dépose une proposition de loi d'amnistie fiscale (Dossiers du Canard, L'enfer du fisc, 1999)
11/03/1986 Jugement du tribunal d’Aubervilliers sur le discours à la fête des «bleu blanc rouge» attaquant J.-F. Kahn, J. Daniel, I. Levaï, J.-P. Elkabbach et Mgr Lustiger
27/03/1986 Arrêt correctionnel de la cour d’appel de Lyon relaxant les responsables de la fédération du Parti socialiste poursuivis en diffamation par Le Pen et le FN à la suite d’un communiqué dans lequel ils accusaient l’extrême droite d’incitation à la haine et au racisme
09/07/1986 Arrêt de la cour d’appel de Paris du 9 juillet 1986 confirmant le jugement du 11/03/1986 du tribunal d'Aubervilliers
06/05/1987 Sida : «Les sidaïques en rerspirant du virus par tous les pores, mettent en cause l'équilibre de la nation. (...) Le sidaïque est contagieux par sa transpiration, sa salive, son contact. C'est une espèce de lépreux.» (Antenne 2)
18/05/1987 clôture du compte à l’UBS de Genève, N° 386.047.00 W. «Cette somme (600 000 francs suisses) cautionne un prêt fait à la société de disques de Le Pen», expliquait alors Jean-Pierre Mouchard au Journal de Genève. «Sur un relevé en notre possession dix placements sont gérés sur ce seul compte, soit au minimum 20 millions de francs français.(...) Le Pen est au moins dix fois milliardaire en Suisse. Pour lui, ce n’est pas Français d’abord, c’est franc suisse d’abord!» (Guy Konopnicki) (voir plus bas : 24/04/2002, Les réseaux de Le Pen en Suisse)
13/09/1987 Chambre à gaz : «Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu, moi-même, en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.» (Grand Jury RTL-Le Monde)
28/01/1988 Arrêt de la cour d’appel de Versailles à la suite des propos de Le Pen considérant l’existence des chambres à gaz comme «un point de détail» (Le grand jury TL- Le Monde du 13 septembre 1987)
03/02/1988 Arrêt de la cour de cassation rejettant le pourvoi de Le Pen contre l'arrêt de la Cour d'appel de Paris du 09/07/1986
1988 campagne électorale : "libérer les français de l'esclavage fiscal" (Dossiers du Canard, L'enfer du fisc, 1999)
24/04/1988 Election présidentielle (1er tour). Le Pen =
JM Le Pen déclare qu'après le premier tour des présidentielles, il a rencontré Jacques Chirac chez Guillain de Bénouville, pour négocier le soutien du Front national en sa faveur pour le second tour. Chirac nie, mais Pasqua confirme. 4 376 742
01/05/1988 Le Pen invite les militants du Front National à voter non directement pour Jacques Chirac, mais "contre" François Mitterrand, contre l'avis de Jean-Pierre Stirbois et Roland Gaucher.
"C'est dans ces circonstances que j'eu chez Jean-André Faucher un dîner en compagnie de Roland Dumas. Cette rencontre a été signalée dans le livre d'Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez "La Main droite de Dieu - Enquête sur François Mitterrand et l'extrême-droite".
Dans ce récit, on peut lire : " Roland gaucher fournit d'emblée une précieuse indication à son interlocuteur : "Il n'y a aucun risque pour que je vote un jour pour un gaulliste, Chirac ou un autre". Et d'expliquer que la stratégie mise au point par Jean-Pierre Stirbois et son équipe consiste à faire voter en sous-main pour François Mitterrand ". (Roland Gaucher, Unité radicale, 04/02/2002)
12/06/1988 Elections législatives. Scrutin majoritaire. Les candidats du FN devancent ceux de la droite traditionnelle dans 124 des 555 circonscriptions
Un seul siège de député FN : Yann Piat (Var) qui adhère quelques semaines plus tard au groupe UDF. Filleule de Le Pen, elle est exclue du Front national en octobre 1988 et assassinée le 25/02/1994 à Hyères.
17/08/1988 Olivier Messaoud, 21 ans, est tué à Saint-Ambroise (Gard) par un patron de bistrot. soutenu par un comité de défense animé par le FN (libéré un mois après)
02/09/1988 Durafour-crématoire : «Monsieur Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l'ouverture dans laquelle il a d'ailleurs immédiatement disparu, a déclaré : nous devons nous allier aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le PCF, lui, perd des voix tandis que l'extrême droite ne cesse d'en gagner... M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu.» Réunion des cadres FN au Cap-d'Agde
01/10/1988 Le Pen nomme Bruno Mégret directeur général du parti, Carl Lang ayant succèdé à l'ancien leader et organisateur de l'aile radicale du FN, JP Stirbois, mort accidentellement.
10/12/1988 Mabrouk Merabet, 27 ans, abattu par un patron de bistrot sympathisant du FN à Arandon (Isère). Le 22 décembre 1989, l’assassin bénéficie d’un non-lieu pour légitime défense, par la cour d’appel de Grenoble
1989 création de l'Institut de formation nationale (IFN), association loi 1901 créée qui forme cadres et élus du parti, d'abord domicilié dans l'appartement parisien de Mégret, puis transféré au siège du FN en 1995. Cet organisme a obtenu l'agrément de la Direction générale des collectivités locales (DGCL) en 1994 et bénéficie donc de l'aide des collectivités locales pour financer ses stages (bénéfice de 758 820,27 F en 1995) (Libération, 11/12/1998)
11/10/1989 Pourvoi de Le Pen rejeté par la cour de cassation sur ses propos du 13 /09/1987 jugés par la Cour d'appel de Versailles le 28/01/1988
29/03/1989 Arrêt de la cour d’appel de Paris contre les propos de Le Pen au cours de l’émission « L’Heure de vérité » du 14 février 1984
11/08/1989 Les juifs : «Les grandes internationales, comme l'internationale juive, jouent un rôle non négligeable dans la création d'un esprit antinational.» (Présent)
26/08/1989 Droits de l'homme : «La Déclaration des droits de l'homme est la mère de tous les grands mouvements totalitaires du XXe siècle, car très rapidement, l'aspiration à l'humanisme et à l'humanitarisme débouche sur la terreur.» (La Trinité-sur-Mer)
12/1989 Marie-France Stirbois est élue, lors d'une législative partielle, députée d'Eure-et-Loir (61,3%). Elle sera la seule élue FN au Palais-Bourbon jusqu'en 1993.
11/01/1990 Jugement du tribunal de grande instance de Nanterre pour assertion « coupablement choquante et en elle-même intolérable» et «atteinte très grave au souvenir, au respect et à la compassion dues aux survivants du génocide et de leurs familles».
23/05/1990 Deuxième jugement du tribunal de grande instance de Nanterre sur le même sujet
25/05/1990 Abdelkader Ferrar, 22 ans, tué à coups de couteau par un buraliste, sympathisant du FN, à Aramont, près d’Avignon. Assassin inculpé d’homicide involontaire et incarcéré
20/06/1990 Jugement du Tribunal de grande instance de Toulon relaxant Roger Hanin et le directeur du journal qui avait publié à propos du FN : «ses dirigeants ne sont pas seulement des fascistes mais aussi de véritables nazis»
11/1990 Le Pen rend visite à Saddam Hussein en pleine guerre du Golfe, et il accepte d'entériner l'annexion du Koweït ; il refuse de considérer comme des otages les Français retenus par l'Irak.
25/02/1991 Arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence confirmant le jugement de Toulon
18/03/1991 Arrêt de la Cour de Versailles du 18 mars 1991 confirmant la décision du tribunal de grande instance de Nanterre
31/05/1991 remariage avec Jeanne-Marie Paschos, dite Jany, "mondaine de 69 ans, habituée de la jet-set, née d'un père d'origine grecque marchand de tableaux, flambeur invétéré, et d'une mère hollando-bretonne protestante (...) qui préside l'association SOS Enfants d'Irak" : «Les braves gens du Front, quand je les embrasse, j'oublie complètement qu'ils sont moches» (Libération, 26/04/2002)
Egalement présidente d'honneur de plusieurs associations de défense des animaux (Le Monde, 19/03/2002), Jany possède un petit bijou. «Une vieille Rolls-Royce, que je l'adjure de vendre, parce qu'on ne la sort jamais» selon Le Pen (L'Express, 28/03/2002)
29/02/1992 rencontre secrète à Saint-Raphaël, en compagnie d'Alain-Gérard Georgi-Samaran, délégué du FN au Paraguay et en Argentine, de Le Pen avec Armando Nano qui gère une imposante fortune dans les Caraïbes et en Amérique latine depuis sa propriété installée dans la microscopique république antillaise de Saint-Vincent. En décembre 1996, deux magistrats italiens du pool «Mani pulite» font procéder à plus d'une centaine de perquisitions chez les proches et les hommes de paille d'Armando Nano, condamné ensuite à quatre années de prison en première instance pour escroquerie (une société contrôlée par Nano mettait en vente des parts d'une carrière de marbre noir au Pérou, en promettant un gain de quarante dollars pour une mise de un dollar).
La petite république d'opérette de Saint-Vincent, dont Nano est l'un des banquiers en vue, vient d'être accusée par le Département d'Etat américain de servir de plaque tournante au blanchiment de l'argent de la drogue. De même les anciens dirigeants du Paraguay protecteurs de Nano étaient-ils dans le collimateur des services antidrogue des USA. (Le canard enchaîné, 22/04/98)
12/03/1993 la cour d’assises du Var condamne à 8 ans de réclusion Emilien Bonnel, militant FN, qui a tué Abdallah Moktari 25 ans
21/03/1993 Elections législatives (1er tour). FN = 3 152 543
23/03/1993 Finalement, Savastano se fait coincer par le président à propos d'une discussion au téléphone qu'il a eue le 23 mars 1993 avec le maire (UDF) d'Aix-en-Provence, Me Joissains. Dominique Bréjoux lit ce que disait alors Savastano pour rassurer ses amis politiques: "J'étais dans l'appartement avec Le Pen, il y a un mois, et on a pris des accords!" Des accords pour faire battre Yann Piat et "aider" Mégret, précise-t-il. La salle d'audience retient son souffle. A la barre, le VRP de Fargette finit par lâcher: "Ça s'est passé à Nice, avec Fratani (attaché parlementaire de Tapie, NDLR)... On a rencontré Peyrat (le maire de Nice, à l'époque dirigeant du FN, NDLR) puis Le Pen est arrivé, un accord a été passé." (Compte -rendu du procès sur l'asassinat de Yann Piat, L'Humanité, 15/05/1998)
06/1993 condamnation par la cour d'appel de Paris à 10 000 F (1 500 euros) d'amende pour «Durafour-crématoire»
14/06/1993 débouté par le TGI de Nancy après qu'un comité antifasciste l'eut traité de «fils naturel d'Hitler»
05/1994 Au moment même du génocide rwandais, Le Pen confie la direction du DPS (Département Protection Sécurité du FN) à Bernard Courcelle qui lui a été présenté par le commissaire Charles Pellegrini, un ancien de la cellule élyséenne (comme Paul Barril).
Le capitaine Courcelle, "correspondant" de la Direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD, ex-Sécurité militaire) chargé de la surveillance des trafics d’armes et des mercenaires, est mis en disponibilité en 1985 pour entrer dans la société d’armements Luchaire (impliquée dans la livraison d'armes en Tchétchénie, Croatie et Iran), tout en conservant son habilitation confidentiel-secret-Défense. De mai 1990 à mai 1994 il est chargé de la surveillance les "œuvres d’art" du musée d’Orsay dont la conservatrice ést une certaine Anne Pingeot, mère de Mazarine. A ce titre, il assure la protection de ces dames et même il précise : "Je m’occupais de préparer les visites, souvent impromptues, de François Mitterrand à Anne Pingeot" (L’après Le Pen, Michaël Darmon et Romain Rosso, Seuil,1998 et interview à Rivarol, 5/02/1999.)
Il professionalise le service d'ordre du FN dont il restera le chef jusqu'au début 1999, année au cours de laquelle le DPS sera l'objet d'une commission d’enquête parlementaire.
12/06/1994 Elections européennes. FN =
11 députés européens 2 044 623
21/02/1995 Ibrahim Ali, 17 ans, Français d’origine comorienne, est tué par balles par des colleurs d’affiche du FN, à Marseille
1995 Alexandre Hébert (franc-maçon, membre de la Libre-Pensée et secrétaire de l'UD-FO de Loire-Atlantique de 1947 à 1992 avant de transmettre ses fonctions à son fils, Patrick), ami de Robert Hersant et de Le Pen, participe à une délégation de l’exécutif du Parti des Travailleurs auquel a appartenu Jospin (Ex-Organisation communiste internationaliste) apportant son soutien à Chirac à la veille de l’élection présidentielle en compagnie de Pierre Boussel dit Lambert.
Alexandre Hébert s'est ensuite 'exprimé dans les colonnes de l'hebdomadaire de Jean-Marie Le Pen, "Français d'abord". Martial Bild, rédacteur en chef du magazine officiel du FN: «Nous sommes dans un système où le politiquement correct règne. Des personnages tels qu'Alexandre Hébert ne peuvent s'exprimer nulle part. Parce que nous sommes incorrects politiquement, nous lui avons donné la parole» (Libération du 9 octobre 1999,Français d'abord N°305)
23/04/1995 Election présidentielle (1er tour). Le Pen = 4.573.252
01/05/1995 Brahim Bouarram, mort noyé dans la Seine le jour du défilé du FN. Trois jeunes au crâne rasé sont mis en garde à vue
06/1995 Bruno Mégret échoue de peu contre le candidat socialiste à Vitrolles. Mais Toulon, Orange et Marignane se donnent une municipalité FN à la faveur de triangulaires. L'épouse de Bruno Mégret est ensuite élue maire de Vitrolles à la faveur d'une consultation partielle, son mari étant provisoirement inéligible
28/06/1995 condamnation par le tribunal administratif de Paris à s'acquitter de l'impôt et des pénalités de retard, soit 1,4 millions de francs, pour les années 1978, 1979,1980 et 1981 (revenus de placements en bourse d'un montant de 754.361 francs en 1979 et 391.489 francs en 1980, revenus d'origine indéterminée pour un montant de 591.500 francs, dont 587.500 francs versés en espèce sur son compte bancaire, revenus fonciers correspondant au loyer dérisoire versé pour la location de son pavillon à Saint-Cloud pendant 4 ans, consenti... par la SCI dont les deux époux Le Pen détenaient la quasi-totalité des parts (Marianne, 1998, Dossiers du Canard, L'enfer du fisc, 1999)
09/1995 «Que ton âme s'en aille au pas de parade des légionnaires, va Jean-Claude, va mon ami, mon camarade !» JM Le Pen aux obsèques de Jean-Claude Poulet-Dachary, avant d'entonner le chant d'adieu des légionnaires, repris en choeur par les militants (Michel Henry, Il aimait les hommes, le FN, les curés et l'armée, Libération, 8/12/2004)
11/09/1995 condamnation à dix-huit mois de prison ferme pour escroquerie et exercice illégal de la profession de banquier de Laurent Mirabaud, responsable de la société financière, Mirabeau Finances Ltd domiciliée sur l'île de Man. "Lors de son procès, son amitié avec Jeanny et Jean-Marie Le Pen a été évoquée..." ('Les Filières noires', page 187.)
1996 La Résistance : «Le général De Gaulle était-il plus courageux que ne l'était le Maréchal en zone occupée ? Ce n'est pas sûr. C'était plus facile de résister à Londres que de résister en France. Ah oui, beaucoup plus.» (La Une)
09/03/1996 Grosse colère de Jean-Marie Le Pen contre les policiers chargés de sa protection qui ont embouti, avec leur R25, la Rolls Royce Silver Shadow (appartenant à sa femme) avec laquelle il s'amusait sur la route de Versailles. (Le Canard enchaîné 20/03/96)
20/03/1996 Droits de la femme : «L'affirmation que votre corps vous appartient est tout à fait dérisoire. Il appartient à la vie et aussi, en partie, à la nation.» (Le Parisien)
13/04/1996 Menace : «Députés et politiciens peuvent partir pacifiquement tant qu'il en est encore temps (...) Je ne suis pas certain que, en des temps futurs, ils en auront le loisir tant la colère légitime du peuple sera exigeante.» (Meeting à Paris)
01/05/1996 Immigration : «Ce phénomène angoissant nous impose ses coutumes, ses moeurs, sa religion et nous vole nos âmes (...) La marée de l'immigration va nous submerger après nous avoir ruinés.» (Paris)
01/05/1996 Guerre civile : «La politique de la ville qui consiste à privilégier les étrangers et, parmi eux, les plus marginaux, est en train de mettre en place les prémices de la guerre civile.» (Paris)
23/06/1996 Football : «Je trouve artificiel de faire venir des joueurs de l'étranger et de les baptiser équipe de France. (...) La plupart des joueurs français ne savent pas ou ne veulent pas chanter "la Marseillaise" (...) Je constate que la plupart d'entre eux restent bouche bée, quelques fois mêmes, pour certains, le visage hostile.» (Saint-Gilles, Gard)
31/08/1996 Guerre ethnique : «Oui ou non, veut-on pour demain une société multiraciale dont on doit savoir qu'elle débouchera inéluctablement sur une fracture, puis sur une guerre ethnique ?» (La Grande-Motte, Hérault)
14/09/1996 Décadence : «C'est certain, il n'y a que le FN qui puisse arracher le pays à la décadence (...) Il y a un moment où tout cela va s'arrêter et là, ce sera la révolution. Vous devez vous y préparer parce qu'à un moment donné les structures vermoulues de notre système vont s'écrouler.» (Saint-Cloud)
29/09/1996 RPR-Juppé : «Alain Juppé vit dans la corruption, par la corruption et pour la corruption. Il dirige une association de malfaiteurs, une longue liste de corrompus du RPR. Je prends l'engagement devant le peuple français que, quand le FN sera au pouvoir, tous ces malfrats, tous ces bandits devront non seulement rendre des comptes mais rendre gorge.» (Fête Bleu-Blanc-Rouge)
09/09/1996 «Races» : «Oui, je crois en l'inégalité des races. (...) Aux Jeux olympiques, il y a une évidente inégalité entre la race noire et la race blanche, c'est un fait. Je constate que les races sont inégales. C'est une banalité.» (Europe 1)
11/1996 Le Pen et le général russe Alexandre Lebed ont été invités en novembre au Congrès des ultra-nationalistes roumains du Parti de la Grande Roumanie (PRG). En avril dernier le président du PRG, Corneliu Yadim, avait souhaité au FN de "remporter les prochaines élections législatives et présidentielle, ne serait-ce que pour la réalité douloureuse et inadmissible de trouver aujourd'hui 1500 mosquées dans la France chrétienne." Le vice-président du FN, Dominique Chaboche, a récemment affirmé que sa formation et le PRG sont "idéologiquement liés." (Le Midi libre 20/8/97)
11/11/1996 "Je suis vraisemblablement le dernier gaulliste de la politique française" (Le Pen, Der Spiegel).
1997 condamnation à verser un franc à Ras l'Front qu'il avait qualifié de «mouvement de tueurs de flics»
25/05/1997 Elections législatives (1er tour). FN =
Seul Jean-Marie Le Chevallier, le maire de Toulon, est élu député FN. Son élection est invalidée en février 1998. 3 783 623
21/10/1997 Annulation par la cour d'appel de Nancy du testament (500 000 F) de 1994 de Henri Bussière, connu pour avoir souffert de troubles psychiatriques, qui avait déclaré vouloir léguer ses biens au Front National, le secrétaire financier du parti lui ayant alors indiqué qu’il fallait verser l’argent à Le Pen et à lui seul. . Condamnation de Le Pen (aux dépens), qui doit verser 5 000 F à la soeur du défunt
17/02/1997 Confirmation par la cour d’appel de Rouen de l’arrêt de la cour d’appel de Paris déboutant Le Pen, non diffamé par Michel Rocard disant que Le Pen avait pratiqué la torture en Algérie
05/12/1997 déclaration à Munich : «sur un livre de 1 000 pages, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz 10 à 15 lignes. Cela s'appelle un détail». (condamnation et levée de son immunité parlementaire par le parlement européen)
26/12/1997 Condamnation par jugement de référé du TGI de Nanterre à payer des dommages et intérêts aux parties civiles et à 300 000 francs de consignation pour la publication du jugement dans la presse à propos de ses déclarations de Munich sur le «détail» («J’ai dit et j’ai redit, au risque d’être sacrilège, que les chambres à gaz sont un détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale»)
02/1998 invité d’honneur de l’ambassade d’Iran à Paris à l’occasion du 19e anniversaire de la révolution islamique, J.-M. Le Pen a déclaré: « J’y ai été reçu comme un prince en son domaine » (Libération 12/02/98).
15/03/1998 Elections régionales. FN = 3 261 174
20/03/1998 Le FN contribue à l'élection de présidents UDFou apparentés dans cinq régions : Jean-Pierre Soisson (Bourgogne), Jacques Blanc (Languedoc-Roussillon), Charles Baur (Picardie), Charles Millon (Rhône-Alpes) et Bernard Harang (Centre), le seul qui démissionne aussitôt.
28/04/1998 rejet de l'appel interjetté par Le Pen contre le jugement du 27/06/1995 à propos de ce qu'il doit aux impôts : 1,4 millions de francs (Marianne, 1998, Dossiers du Canard, L'enfer du fisc, 1999)
12/05/1998 "Les relations particulières de Le Pen avec l'argent, son attirance pour le luxe surtout, n'étaient plus un secret pour personne depuis longtemps. (...)
Il a donc fallu attendre la crise pour que les langues se délient, pour que nous apprenions combien cette dérive était allée loin, puisqu'un arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris du 12 mai 1998 a même établi qu'à une époque certains dons versés par des militants au Front national arrivaient en réalité sur le compte personnel de Le Pen. Et bien qu'il ait prétendu le contraire, il n'a pas convaincu la justice. L'argent n'était donc pas seulement pour lui un instrument de sa domination à l'intérieur du parti, mais aussi un but en soi." (Bruno Mégret, Le chagrin et l'espérance. Les dérives suicidaires)
12/1998 José Péruga, conseiller municipal de Frontignan (Hérault) : Le Pen cautionne «un système népotique et une exploitation honteuse des militants», Les «courtisans» de Le Pen «ont droit à tous les égards», et en particulier deux de ses filles, Yann, l'épouse de Maréchal, et Marine, salariées par le FN «23 000 F par mois» l'une, «30 000 F net par mois» l'autre. (Libération, 3/12/1998)
05/12/1998 crise du FN Le Pen-Mégret. Fonds reçus de l'Etat : 35.566.543 F en 1997, 41.137.430 F en 1998, et près de 300.000 F, grâce à l'élection d'un député, Jean-Marie Le Chevallier, même si cette élection a par la suite été invalidée. Chacun des deux camps mobilise ses avocats dans l'espoir d'obtenir le contrôle de l'argent versé par l'Etat, des cotisations (plus de 9 millions de F en 1997), voire du siège du parti, à Saint-Cloud, auxquels s'ajoutent l'appellation et le logo du FN, atout majeur dans la bataille politique qui s'annonce entre lepénistes et mégrétistes. Terrains et constructions propriété du FN étaient évalués en 1997 à plus de 34 millions de F. Le Pen affirme que Serge Martinez a dépensé pour a location des locaux que les mégrétistes occupent à Asnières 350.000 F, ce qui le rend "sanctionnable par les commissions de surveillance de la vie politique". Il estime d'autre part que M. Mégret dépense actuellement un million de F par mois pour sa protection rapprochée. (AFP, 18/12/1998)
10/12/1998 Accusation à France Inter contre Mégret de : «mener depuis plusieurs mois, peut-être même plus, une action de subversion, de séduction et d'intrigue auprès des élus grâce à un organisme qui s'appelle l'Institut de formation nationale (IFN), qui est assez bien doté financièrement et qui permet d'inviter les gens dans les grands hôtels et de leur offrir à dîner».
12/1998 Serge Martinez accuse «Samuel Maréchal (gendre de Le Pen), sa femme (Yann Le Pen, ndlr), sa sœur, son frère et une amie de sa femme» d'être salariés du FN et de lui «coûter 2 159 000 francs par an, soit l'équivalent d'une année de cotisations de 21 500 adhérents chômeurs» (Libération, 11/12/1998)
19/04/1998 Pierrette Lalanne, ex-femme de Le Pen, qui ne s'était plus exprimée sur son ancien mari depuis 1986, date d'une célèbre interview - et de photos dénudées - à 'Playboy' : "Le jour où il a hérité (de la fortune de l'héritier des Ciments Lambert), il est devenu radin". L'héritage Lambert, outre la maison de Saint-Cloud estimée selon elle à 40 millions de francs, était placé en partie en Suisse, à hauteur d''au moins 6 milliards' d'anciens francs (60 MF). Quand elle avait besoin d'argent elle 'téléphonait d'une cabine publique et disait à son banquier: "Tu m'envoies huit ou dix petits nègres", un "petit nègre" correspondant à 10.000 francs.
('Vrai Journal' de Canal+)
05/01/1999 plainte déposée à Paris contre Jean Garnier et Jean-Pierre Mouchard par Carlos Miriel, qui accuse ses anciens associés d’escroquerie et d’abus de biens sociaux pour avoir payé, par l’intermédiaire d’Ecotec, la villa de Ruel-Malmaison des époux Le Pen (voir plus bas : 24/04/2002, Les réseaux de Le Pen en Suisse)
15/01/1999 Licenciement par France Télévision de Joël Bonnemaison, journaliste à FR3 Nantes, mis en examen en décembre 1998 après avoir avoué être l'auteur d'une lettre anonyme au Rédacteur en Chef de la station, l'accusant, entre autres, d'être un «dévoyé» et un «bouffon vénal». Ancien responsable local du Front National, intime avec Jean-Marie Le Pen (témoin de son mariage comme Alexandre Hébert, leader anarcho-syndicaliste de Force Ouvrière), auquel il sert de chauffeur lors de ses déplacements dans la région, Joël Bonnemaison militant à FO depuis les années 70 est rédacteur en chef d'" Ouest syndicaliste ", le journal de FO en Loire-Atlantique. Affecté en Vendée à la demande de Philippe de Villiers (Libération du 01.02.99), Bonnemaison est responsable national d'un des trois syndicats de journalistes FO, le Syndicat Général des Journalistes (SGJ), dirigé par Tristan Malle, réputé proche des trotskistes "lambertistes" du Parti des Travailleurs.
"Déjà par le passé, la rédaction a dû déplorer les agissements de M. Bonnemaison et ses manoeuvres avec le Front national", selon une pétition de la rédaction. A l'occasion de la campagne électorale européenne de 1994, Joël Bonnemaison avait par surprise reçu en direct Jean-Marie Le Pen à la place du responsable local du Front national. La direction de FR3 n'avait alors pas réagi malgré les protestations des organisations représentatives du personnel.
22/03/1999 Un fusil à pompe (à balles de caoutchouc), un revolver, cinquante cartouches, des grenades lacrymogènes, une bombe anti-agression, deux gilets pare-balles, un détecteur de radars de la police... découverts par des policiers belges lors d'une patrouille de routine dans le coffre d'une voiture utilisée par Jean-Marie Le Pen (On venait de dérober un téléphone portable par la vitre avant droit brisée d'une Peugeot 605 immatriculée en France)
A la recherche des propriétaires du véhicule, les policiers ont retrouvé plus tard dans la soirée, dans un restaurant, le président du FN, son chauffeur et son garde du corps. Ce dernier a expliqué que ces armes lui servaient à assurer la protection de Jean-Marie Le Pen, privé de son escorte policière française sur le territoire belge. Il n'aurait toutefois pas pu produire de permis de port d'armes valide, notamment pour le fusil à pompe pour lequel il est exigé en Belgique. Les trois hommes ont été emmenés au commissariat. Le Pen, qui n'avait pas sur lui sa carte de député européen, a fini par être relaxé, après avis du ministère public.
Jean-Marie Le Pen, qui se trouvait à Bruxelles pour la session du Parlement européen, riposte benoîtement que "ni la voiture ni les armes ne lui appartiennent", ce qui n'est pas vraiment la question. Le parquet de Bruxelles " examine l'opportunité de demander la levée de l'immunité du parlementaire" pour l'interroger."
13/06/1999 Elections européennes. MNR = 576 655
13/06/1999 Elections européennes. FN = 1 001 982
16/09/1999 réunion de rentrée du Comité national de vigilance contre l'extrême droite. Les représentants du MDC et du PS mettent en cause la pérennité du Comité. Selon eux, le FN et le MN ne représenteraient plus de danger électoral majeur, et il serait inutile d'observer les comportements d'extrême droite dans la société si ceux-ci ne sont plus coordonnés par une formation politique. Une analyse qui a provoqué de vives réactions des autres composantes du Comité qui s'interrogent sur les motivations profondes de ce revirement au moment où l'éclatement du FN laisse entrevoir l'existence de liens entre le pouvoir et l'extrême droite. (Source : NOTE D'INFORMATION DU RESEAU VOLTAIRE Edition du 1er octobre 1999, numéro double 204-205 )
17/09/1999 à sa demande, condamnation de sa fille Marie-Caroline (passée chez Mégret et qui gérait la Serp depuis 1992) par le tribunal de commerce de Paris à lui rembourser 516.000 francs. L'avocat de Marie-Caroline Le Pen, Eric Delcroix, évoque le salaire d'un employé de maison "mauricien" du président du FN
22/09/1999 Marie-Caroline Le Pen à France-Inter : le maître d'hôtel de son père, dans son ancienne résidence de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), entre 1982 et 1992, a été rémunéré par la Serp, soit 757.000 francs de salaires qu'elle estime "fictifs". "Mon père fait un peu ce qu'il veut. Quand il ne peut plus diriger les hommes ou quelque chose (...), il préfère les casser". C'est "ce qu'il a fait avec le FN et avec cette société" (la Serp).
2000 "En 2000, Jean-Marie Le Pen a déclaré au fisc un actif net imposable de 9 082 280 F et a payé, à ce titre, 27 000 F d'impôt de solidarité sur la fortune. Il déclare posséder un «petit» portefeuille d'actions - ce spéculateur a déjà réalisé de confortables plus-values, de l'ordre de 280 000 F en 1999 - et la majorité des parts de la Société civile immobilière du pavillon de l'Ecuyer, à laquelle Montretout appartient juridiquement. «Pour habiter ici, chez moi, l'Etat prétend me faire payer 50 000 F par mois! fulmine-t-il. Je suis en procès contre le fisc parce que je conteste les évaluations et les redressements qu'il me fait.»" (cité par l'Express du 2/05/2002)
03/2000 déclaration : «nous n’acceptons pas de voir limitées nos libertés et nos droits parce que nous ne sommes pas juifs»
10/2000 déchéance de son mandat de député européen pour avoir agressé une candidate socialiste aux législatives de 1997, faits pour lesquels il sera condamné à trois mois de prison avec sursis
07/06/2001 débouté par Cour européenne des droits de l'homme saisie pour qu'elle déclare inéquitable la procédure suivie contre lui, à Versailles en octobre 2000
05/09/2001 débouté en première instance dans le procès contre sa fille Marie-Caroline à propos de la deuxième maison de La Trinité-sur-Mer (Morbihan). Il a porté l'affaire devant la cour d'appel de Rennes (Ille-et-Vilaine).
18/10/2001 condamnation pour propos racistes de Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret par un arrêt définitif de la cour d'appel de Versailles, le 18 octobre 2001, avec obligation de publier cette condamnation dans trois quotidiens et trois hebdomadaires nationaux à leurs frais. (Le Monde, 5/05/2002)
15/01/2002 Parlement européen. Déclaration des intérêts financiers des députés
Je soussigné, Le Pen Jean-Marie, déclare par la présente :
A) Exercer les activités professionnels suivantes : rien à déclarer
B) Exercer les fonctions ou activités rémunérées ci-après : rien à déclarer
C) Avoir reçu, dans le cadre de mes activités politiques, les soutiens suivants (financiers, en personnel, en matériel, alloués par…) : rien à déclarer
D) Renseignements complémentaires : rien à déclarer
10/04/2002 Journal Officiel Numéro 84 (fichier Excel) : Les élus qui ont parrainé Le Pen et Mégret
18/04/2002 Interview Adar Primor, journaliste au quotidien israélien Haaretz : "Racisme : Je ne soutiens pas une théorie de la supériorité des races, mais il y a une différence entre les races (...) Le voile musulman : Il nous protège des femme laides"
21/04/2002 Election présidentielle (1er tour). Bruno Mégret (MNR) = 667 026
21/04/2002 Election présidentielle (1er tour). Le Pen = 4 804 713
24/04/2002 Les réseaux de Le Pen en Suisse (Webdo.ch) :
- Christian Cambuzat, directeur du Centre Lémanique de Revitalisation de l'hôtel Mirador du Mont-Pèlerin (VD) ("le plus grand de nos diététiciens" - cf. Gabriel Matzneff : Le dîner des Mousquetaires) gourou du traitement de l'amincissement : le nouveau look du "présidentiable", c'est lui : «Il y a certaines choses qui se font qui doivent rester secrètes, mais je peux vous assurer que j’ai assisté à des dîners en ville en présence de différentes personnalités dont les noms feraient sursauter pas mal de gens.»
- Jean-Pierre Mouchard, dit François Beauval, l'un des leaders de la vente de livres par correspondance, trésorier de Jean-Marie Le Pen Cotelec, l’association de collecte de fonds du Front national, l’un des deux actionnaires d’Ecotec SA, une société destinée à finaliser puis à vendre le brevet d’un additif qui permettrait de réduire les émanations polluantes, le second actionnaire étant le promoteur immobilier Jean Garnier, qui n’est autre que l’ex-mari de Jany Le Pen, l’épouse actuelle. Elf rachète rachète la moitié du capital d'Ecotec en décembre 1996, à l'époque d'Alfred Sirven.
- Jacques Darier, ancien directeur de la banque du même nom
- Jean-Pierre Aubert, directeur de Aubert & Cie, à Genève, condamné dans une affaire de blanchiment d'argent de la drogue, qui a quitté Genève depuis quelques années et se trouverait aujourd’hui à l’étranger «en pèlerinage religieux».
25/04/2002 campagne du 2ième tour : ouvrir des "camps de transit" pour les sans-papiers qui ne pourraient pas être expulsés, affréter un "train spécial" pour les réfugiés du centre de rétention de Sangatte et slogan "national, populaire et social" (largement usitée par le Parti national-socialiste d'Adolf Hitler)
04/2002 Selon des lois organiques de la Ve République, chaque candidat à la présidentielle se doit de déposer, sous pli scellé, au Conseil constitutionnel, une déclaration de patrimoine. Cette dernière restera confidentielle excepté pour le vainqueur qui verra la sienne rendue publique après le second tour. Le président devant également fournir un autre état de son patrimoine à la fin de son mandat.
"De tout temps, les candidats ont minimisé leurs biens mobiliers et immobiliers et de ce fait, seule une estimation peut être faite. Jean-Marie Le Pen, président et candidat du Front national et le plus fortuné de tous, possède une villa à Saint-Cloud évaluée à 3,2 millions d’euros, un portefeuille d’actions et une maison (celle de sa femme) à Rueil-Malmaison." (RFI, 10/04/2002)
05/05/2002 Election présidentielle (2ième tour) Le Pen 5 510 466
19/04/2003 "Le jour où nous aurons en France, non plus cinq millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux. Quand ils ne le font pas, on leur dit: 'qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça? Tu cherches la bagarre?' Et vous n'avez plus qu'à filer, sinon vous prenez une trempe." (Le Monde, 19/04/2003)
7/01/2005 "En France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés. (...) (sur le "drame d'Oradour-sur-Glane") il y aurait beaucoup à dire. (...) Si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques. (...) Ce n'est pas seulement de l'Union européenne et du mondialisme que nous devons délivrer notre pays, c'est aussi des mensonges sur son histoire, mensonges protégés par des mesures d'exception. D'où notre volonté constante d'abroger toutes les lois liberticides Pleven, Gayssot, Lellouche, Perben II." (Rivarol, 7/01/2005)
"C'est moi qui était l'agressé" (Le Pen à France Inter - 2/05/2002, 8 h 30)
Netographie :
Condamnations de Le Pen. Informations collectées par le Service juridique du MRAP
Les condamnations de Jean-Marie Le Pen. Dossier du CRIF
et sur decadi.com : Le fachoscope et nos amis de l'International Antifascist Unity
Bibliographie
Joseph Algazy - " L'extrême-droite en France (1965 à 1984) ", L'Harmattan, juin 1989
Serge Berstein et Pierre Milza - "Dictionnaire historique des fascismes et du nazisme", Editions Complexe, 1992.
Guy Birenbaum - "Le Front national en politique", Editions Ballard, 1992.
Roger Bourderon - "Le fascisme, idéologies et pratiques", Editions Sociales/Problèmes-Histoire, 1979.
Gilles Bresson et Christian Lionet - "Le Pen, biographie", Editions du Seuil, 1994.
Jean-Yves Camus et René Monzat - " Les droites nationales et radicales en France ", Presse Universitaire de Lyon, 1992
Jean-Yves Camus (coordonné par) - "Les extrémistes, de l'Atlantique à l'Oural", Editions de l'Aube, 1996.
Jean-Yves Camus - "Le Front national, histoire et analyse", Editions Olivier Laurens, 1996.
Jean-Yves Camus - " L'extrême-droite aujourd'hui ", éditions Les essentiels Milan, octobre 1997.
Ariane Chebel d'Appolonia - " L'extrême-droite en France, de Maurras à Le Pen ", Editions Complexe, janvier 1996
Isabelle Cuminal, Maryse Souchard, Stéphane Wahnich, Virginie Wathier - " Le Pen, les mots, analyse d'un discours d'extrême-droite ", La Découverte, novembre 1998
Renaud Dély - " Histoire secrète du Front National ", Grasset, avril 1999
Caroline Fourest et Fiammetta Venner - " Le guide des sponsors du Front National et ses amis ", éditions Raymond Castells, 1998
Olivier Guland - "Le Pen, Mégret et les Juifs, l'obsession du "complot mondialiste", La Découverte, mars 2000
Valérie Igounet - " Histoire du négationnisme en France ", Seuil, mars 2000.
Guy Konopnicky - "Les filières noires", Editions Denoël, 1996.
Guy Konopnicki - " Manuel de survie au Front ", éditions Les petits libres, avril 1998.
Claudie Lesselier, Fiammetta Venner - " L'extrême-droite et les femmes ", éditions Golias, septembre 1997
Nonna Mayer et Pascal Perrineau (sous la direction de) - "Le Front national à découvert", Editions FNSP, 1996.
Jean-Christian Petitfils - "L'extrême droite en France", Collection Que sais-je, PUF, 1995.
Maurice Rajsfus - " En gros et en détail, Le Pen au quotidien 1987-1997 ", éditions Paris Méditerranée, avril 1998
Michel Samson - " Le Front National aux affaires, deux ans d'enquêtes sur la vie municipales à Toulon ", Calmann-Lévy, septembre 1997
Michel Soudais - " Le Front National en Face ", Flammarion, novembre 1996
Anne Tristan, Au Front, Editions Gallimard, 1987
Fiammeta Venner - "L'opposition à l'avortement. Du lobby au commando", Editions Berg International, 1995.
Michel Winock - "Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France", Editions du Seuil, 1990.
Michel Winock (sous la direction de) - "Histoire de l'extrême droite en France", Editions du Seuil, 1993.
hamid Bousselham "Torturés par le pen" éditions rahma alger 2000
ouvrages collectifs
Ras l'front - " La résistible ascension du F. Haine ", éditions Syllepse, avril 1996
Golias (ouvrage collectif) - " Négationnistes : les chiffonniers de l'histoire", éditions Golias, mars 1997
Golias (Les dossiers) - " Les faussaires de l'histoire, Lyon, capitale du négationnisme ", éditions Golias, septembre 1999
ouvrages à commander ci-dessous (ou tout autre livre,disque, etc) :
decadi.com
Torture pendant la guerre d'Algérie
Vos dons permettent à Wikipédia de continuer à exister ! Merci de votre soutien.
Torture pendant la guerre d'Algérie
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, Rechercher
La torture pendant la guerre d'Algérie a été pratiqué par les deux camps (militaires français et indépendantistes du FLN et de l'ALN).
Sommaire [masquer]
1 Par l'armée française
1.1 Aveux du général Massu
1.2 La Question
2 Par l'ALN
3 Citations
4 Livres
5 Voir aussi
6 Liens externes
Par l'armée française [modifier]
Dès le premier jour du conflit, François Mauriac, se souvenant des précédents en Indochine, en Tunisie et au maroc, lance un appel qui ne sera hélas pas entendu: "Surtout, ne pas torturer" (Bloc-Notes, L'Express, 2 novembre 1954).
Le 5 janvier 1960, le journal Le Monde publie un résumé du rapport d'une mission effectuée en Algérie par le CICR. «De nombreux cas de sévices et de torture sont toujours signalés», relève l'article qui fera l'effet d'une bombe. Un colonel de gendarmerie s'est confié aux délégués: «La lutte contre le terrorisme rend indispensables certaines méthodes d'interrogatoire, qui seules permettent d'épargner des vies humaines et d'éviter de nouveaux attentats.»
Aveux du général Massu [modifier]
La torture en Algérie fut évoquée, entre autres, par le chef militaire d'Alger, le général Jacques Massu dans son ouvrage La vraie bataille d'Alger publié en 1972.
En 2000, lors d'un entretien donné au quotidien Le Monde, il déclara que « la torture n'était pas indispensable et l'on aurait très bien pu s'en passer ». Cette déclaration fait écho à l'accusation d'une jeune Algéroise, torturée pendant la guerre d'Algérie, devenue psychologue. En 2000, elle accusa le général Massu, et le général (colonel à l'époque) Bigeard, d'avoir laissé le champ libre à la torture en Algérie. Massu le reconnut, mais Bigeard réfuta l'accusation.
Selon les récentes interview d'un officier français, Paul Aussaresses, le général Massu était au courant chaque jour, de la liste des prisonniers passés à la question, ainsi que des « accidents » de parcours.
La Question [modifier]
La torture en Algérie est connue depuis les années 1950, grâce au témoignage de Robert Bonnaud, puis à celui d'un ancien torturé, directeur d'Alger Républicain : Henri Alleg. Henri Alleg publia son témoignage sous le titre La Question (Minuit, 1958). Avec La Gangrène de Bachir Boumaza, paru la même année aussi chez le même éditeur, l'ouvrage fut immédiatement censuré.
Toutes les méthodes de torture (gégène, eau, paillasse barbelée, sérum de vérité, arrachage d'ongles, brutalité, privation de sommeil, poivre dans le vagin etc…) y sont détaillées. Cet ouvrage fut censuré par le gouvernement, car mettant en cause l'armée et ses méthodes, la faisant apparaître comme la nouvelle Gestapo d'Algérie. Tout porte à croire que le gouvernement était au courant de ces méthodes, le général de Gaulle préconisant l'usage des téléphones de campagne pour parler et non « pour faire parler ». A vrai dire ces méthodes n'ont pas commencé en Algérie avec la guerre, elles existaient depuis longtemps jusqu'à constituer l'ordinaire des forces repressives de l'Algérie coloniale.
Un film mis en scène par Laurent Heynemann en 1977 reprend l'intégralité du livre, et revient sur l'affaire Audin.
Alors que l'armée torture de façon systématique de simples suspects, qu'elle n'hésite pas à enterrer vivants des vieillards et que certains combattants algériens même sous la torture préferent mourir plutôt que trahir, certains militaires français feront preuve de courage et de dignité comme le Général de Bollardière, seul officier à avoir en son temps dénoncé la torture. http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article102
Par l'ALN [modifier]
De son coté, l'ALN employa des méthodes telles que émasculation des hommes et utilisation de leur propre organe rigidifié par une tige de métal pour les sodomiser, et pour les femmes seins coupés, ventres ouverts au couteau, etc. Paul Bonnecarrère, notamment, évoque les deux dans son livre La guerre cruelle; supplétifs musulmans ou civils des mechtas fidèles à la France égorgés, émasculés, les lèvres, les oreilles et le nez coupés, femmes éventrées, massacre d’un village MNA par le FLN. Il faut noter que ces tortures ne visaient pas à obtenir des aveux en vue d'éviter de plus grands maux, mais avaient uniquement la terreur comme objectif. La torture a d'ailleurs continué dans l'Algérie indépendante, d'après Algeria Watch, et comme le souligne aussi Pierre Vidal-Naquet à la LDH. Le numéro spécial N°61 de 1957 de la revue Algérie Médicale, organe officiel de la société médicale des hôpitaux d'Alger et de la Fédération des Sciences médicales de l'Afrique du Nord, présente les efforts du corps médical français en Algérie pour réparer les mutilations faites au visage contre les Musulmans n'ayant pas suivi les consignes du FLN. En juin 1957, les victimes civiles du FLN en Algérie s'élévaient à 6075 Français-musulmans et 870 Européens. En 1962, il fallait rajouter a ce nombre, les dizaines de milliers de Harkis tués. L'anarchiste Benoist Rey dans son ouvrage "Les egorgeurs" semble estimer ce nombre très inférieur et sans commune mesure avec celui des victimes torturées par l'armée française, par l'administration coloniale et leurs partisans.
Citations [modifier]
"Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire." Jean-Marie Le Pen dans un entretien accordé au quotidien « Combat », le 9 novembre 1962
« J’étais à Alger officier de renseignement (...), comme tel je dois être aux yeux d’un certain nombre de mes collègues ce qui pourrait être le mélange d’un officier SS et d’un agent de la Gestapo. Ce métier, je l’ai fait... » Retranscription des propos de Jean-Marie Le Pen au journal officiel français du 12 juin 1957
Livres [modifier]
"Torturés par Le Pen" sur Rebellyon.info de Hamid Bousselham édité par Rahma co-édition Rahma-Anep.
Voir aussi [modifier]
Jacques Massu, La vraie bataille d'Alger, 1972.
Jean Lartéguy, Les centurions, 1959, et Les prétoriens, 1961.
Crevette Bigeard, la méthode utilisée de dissimulation des corps
La Bataille d'Alger (film), film italien décrivant, selon Paul Aussaresses lui-même, particulièrement bien la torture en Algérie.
Liens externes [modifier]
Témoignage sur la guerre d’Algérie et ses atrocités.
Témoignages sur les exactions du FLN.
Sur le Général Maurice Schmitt.
Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Torture_pendant_la_guerre_d%27Alg%C3%A9rie »
Catégories : Guerre d'Algérie • Torture
AffichagesArticle Discussion Modifier Historique Outils personnelsCréer un compte ou se connecter Navigation
Accueil
Portails thématiques
Index alphabétique
Une page au hasard
Contacter Wikipédia
Contribuer
Aide
Communauté
Modifications récentes
Accueil des nouveaux arrivants
Faire un don
Recherche
Boîte à outils
Pages liées
Suivi des liens
Importer une image ou un son
Pages spéciales
Version imprimable
Adresse de cette version
Citer cet article
Importer une image ou un son
Dernière modification de cette page le 12 décembre 2006 à 13:41 Texte disponible sous GNU Free Documentation License Politique de confidentialité À propos de Wikipédia Avertissements
Torture pendant la guerre d'Algérie
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, Rechercher
La torture pendant la guerre d'Algérie a été pratiqué par les deux camps (militaires français et indépendantistes du FLN et de l'ALN).
Sommaire [masquer]
1 Par l'armée française
1.1 Aveux du général Massu
1.2 La Question
2 Par l'ALN
3 Citations
4 Livres
5 Voir aussi
6 Liens externes
Par l'armée française [modifier]
Dès le premier jour du conflit, François Mauriac, se souvenant des précédents en Indochine, en Tunisie et au maroc, lance un appel qui ne sera hélas pas entendu: "Surtout, ne pas torturer" (Bloc-Notes, L'Express, 2 novembre 1954).
Le 5 janvier 1960, le journal Le Monde publie un résumé du rapport d'une mission effectuée en Algérie par le CICR. «De nombreux cas de sévices et de torture sont toujours signalés», relève l'article qui fera l'effet d'une bombe. Un colonel de gendarmerie s'est confié aux délégués: «La lutte contre le terrorisme rend indispensables certaines méthodes d'interrogatoire, qui seules permettent d'épargner des vies humaines et d'éviter de nouveaux attentats.»
Aveux du général Massu [modifier]
La torture en Algérie fut évoquée, entre autres, par le chef militaire d'Alger, le général Jacques Massu dans son ouvrage La vraie bataille d'Alger publié en 1972.
En 2000, lors d'un entretien donné au quotidien Le Monde, il déclara que « la torture n'était pas indispensable et l'on aurait très bien pu s'en passer ». Cette déclaration fait écho à l'accusation d'une jeune Algéroise, torturée pendant la guerre d'Algérie, devenue psychologue. En 2000, elle accusa le général Massu, et le général (colonel à l'époque) Bigeard, d'avoir laissé le champ libre à la torture en Algérie. Massu le reconnut, mais Bigeard réfuta l'accusation.
Selon les récentes interview d'un officier français, Paul Aussaresses, le général Massu était au courant chaque jour, de la liste des prisonniers passés à la question, ainsi que des « accidents » de parcours.
La Question [modifier]
La torture en Algérie est connue depuis les années 1950, grâce au témoignage de Robert Bonnaud, puis à celui d'un ancien torturé, directeur d'Alger Républicain : Henri Alleg. Henri Alleg publia son témoignage sous le titre La Question (Minuit, 1958). Avec La Gangrène de Bachir Boumaza, paru la même année aussi chez le même éditeur, l'ouvrage fut immédiatement censuré.
Toutes les méthodes de torture (gégène, eau, paillasse barbelée, sérum de vérité, arrachage d'ongles, brutalité, privation de sommeil, poivre dans le vagin etc…) y sont détaillées. Cet ouvrage fut censuré par le gouvernement, car mettant en cause l'armée et ses méthodes, la faisant apparaître comme la nouvelle Gestapo d'Algérie. Tout porte à croire que le gouvernement était au courant de ces méthodes, le général de Gaulle préconisant l'usage des téléphones de campagne pour parler et non « pour faire parler ». A vrai dire ces méthodes n'ont pas commencé en Algérie avec la guerre, elles existaient depuis longtemps jusqu'à constituer l'ordinaire des forces repressives de l'Algérie coloniale.
Un film mis en scène par Laurent Heynemann en 1977 reprend l'intégralité du livre, et revient sur l'affaire Audin.
Alors que l'armée torture de façon systématique de simples suspects, qu'elle n'hésite pas à enterrer vivants des vieillards et que certains combattants algériens même sous la torture préferent mourir plutôt que trahir, certains militaires français feront preuve de courage et de dignité comme le Général de Bollardière, seul officier à avoir en son temps dénoncé la torture. http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article102
Par l'ALN [modifier]
De son coté, l'ALN employa des méthodes telles que émasculation des hommes et utilisation de leur propre organe rigidifié par une tige de métal pour les sodomiser, et pour les femmes seins coupés, ventres ouverts au couteau, etc. Paul Bonnecarrère, notamment, évoque les deux dans son livre La guerre cruelle; supplétifs musulmans ou civils des mechtas fidèles à la France égorgés, émasculés, les lèvres, les oreilles et le nez coupés, femmes éventrées, massacre d’un village MNA par le FLN. Il faut noter que ces tortures ne visaient pas à obtenir des aveux en vue d'éviter de plus grands maux, mais avaient uniquement la terreur comme objectif. La torture a d'ailleurs continué dans l'Algérie indépendante, d'après Algeria Watch, et comme le souligne aussi Pierre Vidal-Naquet à la LDH. Le numéro spécial N°61 de 1957 de la revue Algérie Médicale, organe officiel de la société médicale des hôpitaux d'Alger et de la Fédération des Sciences médicales de l'Afrique du Nord, présente les efforts du corps médical français en Algérie pour réparer les mutilations faites au visage contre les Musulmans n'ayant pas suivi les consignes du FLN. En juin 1957, les victimes civiles du FLN en Algérie s'élévaient à 6075 Français-musulmans et 870 Européens. En 1962, il fallait rajouter a ce nombre, les dizaines de milliers de Harkis tués. L'anarchiste Benoist Rey dans son ouvrage "Les egorgeurs" semble estimer ce nombre très inférieur et sans commune mesure avec celui des victimes torturées par l'armée française, par l'administration coloniale et leurs partisans.
Citations [modifier]
"Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire." Jean-Marie Le Pen dans un entretien accordé au quotidien « Combat », le 9 novembre 1962
« J’étais à Alger officier de renseignement (...), comme tel je dois être aux yeux d’un certain nombre de mes collègues ce qui pourrait être le mélange d’un officier SS et d’un agent de la Gestapo. Ce métier, je l’ai fait... » Retranscription des propos de Jean-Marie Le Pen au journal officiel français du 12 juin 1957
Livres [modifier]
"Torturés par Le Pen" sur Rebellyon.info de Hamid Bousselham édité par Rahma co-édition Rahma-Anep.
Voir aussi [modifier]
Jacques Massu, La vraie bataille d'Alger, 1972.
Jean Lartéguy, Les centurions, 1959, et Les prétoriens, 1961.
Crevette Bigeard, la méthode utilisée de dissimulation des corps
La Bataille d'Alger (film), film italien décrivant, selon Paul Aussaresses lui-même, particulièrement bien la torture en Algérie.
Liens externes [modifier]
Témoignage sur la guerre d’Algérie et ses atrocités.
Témoignages sur les exactions du FLN.
Sur le Général Maurice Schmitt.
Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Torture_pendant_la_guerre_d%27Alg%C3%A9rie »
Catégories : Guerre d'Algérie • Torture
AffichagesArticle Discussion Modifier Historique Outils personnelsCréer un compte ou se connecter Navigation
Accueil
Portails thématiques
Index alphabétique
Une page au hasard
Contacter Wikipédia
Contribuer
Aide
Communauté
Modifications récentes
Accueil des nouveaux arrivants
Faire un don
Recherche
Boîte à outils
Pages liées
Suivi des liens
Importer une image ou un son
Pages spéciales
Version imprimable
Adresse de cette version
Citer cet article
Importer une image ou un son
Dernière modification de cette page le 12 décembre 2006 à 13:41 Texte disponible sous GNU Free Documentation License Politique de confidentialité À propos de Wikipédia Avertissements
Thursday, December 07, 2006
Le Pen tortionnaire à Alger
En 1957, Le Pen député à Paris... tortionnaire à Alger
En 1957 Le Pen, élu député avec Poujade, s’est engagé lui-même dans l’armée en Algérie où il a fait de terribles exactions. De nombreux témoignages ont montré que Le Pen a fait torturer, et a aussi torturé lui-même et exécuté des Algériens. Cela a été le cas, par exemple, d’Abdelwahab, arrêté le 22 février 1957, que Le Pen, après l’avoir torturé, a jeté du premier étage dans le jardin de la "villa des roses" à Alger. Ces faits sont reconnus, et cela ne l’empêche pas d’être de nouveau à la une des médias.
Durant le mois de février, mars et début avril 1957, la "villa des roses", sise 74 boulevard Galleni, à El-Biar (banlieue d’Alger) abrita une unité de parachutistes étrangers commandée par le capitaine Martin. Celle-ci y avait installé ses bureaux d’interrogatoires et leur complément désormais indispensable : les locaux de torture.
L’un des chefs qui administraient la "question" et dirigeaient la torture n’était autre que le lieutenant Le Pen, député à l’Assemblée Nationale.
Le Pen, accompagné de ses hommes, en civil ou en uniforme, procédait aux enlèvements (le buraliste de rue d’Isly fut enlevé par des civils et le Cheikh Tebessi par des hommes en uniformes).
Les personnes enlevées étaient séquestrées dans la villa durant des semaines. Le suspect était d’abord accueilli par les paras, Le Pen en tête, à coups de pied et de poing jusqu’à l’abrutissement complet. On commençait ainsi par le mettre en disposition de reconnaître sa participation à un attentat, sabotage ou action quelconque : s’il protestait de son innocence, on lui administrait alors le supplice des électrodes.
Le Pen en assumait la direction ; il déshabillait complètement la victime, lui liait pieds et poings, l’aspergeait d’eau et lui bandait les yeux. C’est alors qu’il lui administrait plusieurs décharges électriques.
Si le "patient" arrivait à supporter le choc et persistait dans ses dénégations, on lui plaçait sur la tête, pendant des heures, un casque relié par fil à une prise de courant. La douleur, absolument intolérable, faisait hurler ceux qui subissaient cette coiffure. Pour varier ses "réjouissances", Le Pen plaçait sur les oreilles de "l’inculpé des électrodes, et les y laissait jusqu’à ce que la chair fût complètement brûlée.
Puis l’on administrait à ceux, très rares, qui proclamaient encore à ce stade leur innocence, le supplice de l’eau, qu’on leur faisait ingurgiter de force avec un tuyau... Parfois le corps du "suspect" était tailladé de coups de couteau.
Ces tortures duraient des semaines, à raison de deux ou trois séances par jour. Dans l’intervalle des interrogations, les "inculpés" étaient jetés, les mains liées, dans une tranchée profonde de 1,60 m à 1,70 m environ.
Dans cette fosse, trop courte pour permettre au détenu de s’allonger, trop étroite pour lui permettre de se retourner, l’infortuné était jour et nuit sous la menace de la mitraillette du geôlier.
Nous ne saurions omette de mentionner ici que quelques gardiens, des soldats étrangers, absolument écoeurés, n’ont pas hésité à prodiguer, à l’insu de Martin et de Le Pen et autres gradés, quelques soins aux suppliciés. Parmi ces militaires de coeur, il y avait également des Français : nous nous rappellerons de l’attitude humaine des soldats Berniche, Paris, Laboriot, et d’autres encore.
Toutefois les souffrances endurées lors des interrogatoires étaient tellement atroces que, dès les premières séances, le "suspect" aurait accepté la mort comme une bienheureuse délivrance. C’est pourquoi un grand nombre de "pensionnaires" de la "villa des roses" ont tenté de se suicider. Le nommé Dahman fut tellement insulté, frappé, brutalisé, et supplicié par Le Pen qu’il s’égorgea et fut transporté mourant à l’hôpital.
Mais les activités de Le Pen débordaient le cadre de la "villa des roses". Il sévissait également dans une autre villa : la "villa Susini", depuis longtemps connue des Algériens comme lieu de tortures. Là il fit jeter de l’essence sur le visage d’un détenu et y mit le feu. La victime défigurée fut, dans cet état, écrouée à la prison de Barberousse à Alger. La dernière trouvaille de Le Pen : avant qu’il ne quittât le service des Renseignements( !) fut de les extorquer en "travaillant" les ’suspects" au chalumeau.
Tels furent en Algérie, les hauts faits d’armes de Le Pen, député de surcroit, qui lui valurent une décoration des mains du général Massu.
Cet extrait provient de la revue "Résitance Algérienne n° 32, du 1er juin 1957, cité page 37 dans le livre "Torturés par Le Pen" d’Hamid Bousselham (édition Rahma, Alger, 2000)
Voir aussi le vrai Le Pen
En 1957 Le Pen, élu député avec Poujade, s’est engagé lui-même dans l’armée en Algérie où il a fait de terribles exactions. De nombreux témoignages ont montré que Le Pen a fait torturer, et a aussi torturé lui-même et exécuté des Algériens. Cela a été le cas, par exemple, d’Abdelwahab, arrêté le 22 février 1957, que Le Pen, après l’avoir torturé, a jeté du premier étage dans le jardin de la "villa des roses" à Alger. Ces faits sont reconnus, et cela ne l’empêche pas d’être de nouveau à la une des médias.
Durant le mois de février, mars et début avril 1957, la "villa des roses", sise 74 boulevard Galleni, à El-Biar (banlieue d’Alger) abrita une unité de parachutistes étrangers commandée par le capitaine Martin. Celle-ci y avait installé ses bureaux d’interrogatoires et leur complément désormais indispensable : les locaux de torture.
L’un des chefs qui administraient la "question" et dirigeaient la torture n’était autre que le lieutenant Le Pen, député à l’Assemblée Nationale.
Le Pen, accompagné de ses hommes, en civil ou en uniforme, procédait aux enlèvements (le buraliste de rue d’Isly fut enlevé par des civils et le Cheikh Tebessi par des hommes en uniformes).
Les personnes enlevées étaient séquestrées dans la villa durant des semaines. Le suspect était d’abord accueilli par les paras, Le Pen en tête, à coups de pied et de poing jusqu’à l’abrutissement complet. On commençait ainsi par le mettre en disposition de reconnaître sa participation à un attentat, sabotage ou action quelconque : s’il protestait de son innocence, on lui administrait alors le supplice des électrodes.
Le Pen en assumait la direction ; il déshabillait complètement la victime, lui liait pieds et poings, l’aspergeait d’eau et lui bandait les yeux. C’est alors qu’il lui administrait plusieurs décharges électriques.
Si le "patient" arrivait à supporter le choc et persistait dans ses dénégations, on lui plaçait sur la tête, pendant des heures, un casque relié par fil à une prise de courant. La douleur, absolument intolérable, faisait hurler ceux qui subissaient cette coiffure. Pour varier ses "réjouissances", Le Pen plaçait sur les oreilles de "l’inculpé des électrodes, et les y laissait jusqu’à ce que la chair fût complètement brûlée.
Puis l’on administrait à ceux, très rares, qui proclamaient encore à ce stade leur innocence, le supplice de l’eau, qu’on leur faisait ingurgiter de force avec un tuyau... Parfois le corps du "suspect" était tailladé de coups de couteau.
Ces tortures duraient des semaines, à raison de deux ou trois séances par jour. Dans l’intervalle des interrogations, les "inculpés" étaient jetés, les mains liées, dans une tranchée profonde de 1,60 m à 1,70 m environ.
Dans cette fosse, trop courte pour permettre au détenu de s’allonger, trop étroite pour lui permettre de se retourner, l’infortuné était jour et nuit sous la menace de la mitraillette du geôlier.
Nous ne saurions omette de mentionner ici que quelques gardiens, des soldats étrangers, absolument écoeurés, n’ont pas hésité à prodiguer, à l’insu de Martin et de Le Pen et autres gradés, quelques soins aux suppliciés. Parmi ces militaires de coeur, il y avait également des Français : nous nous rappellerons de l’attitude humaine des soldats Berniche, Paris, Laboriot, et d’autres encore.
Toutefois les souffrances endurées lors des interrogatoires étaient tellement atroces que, dès les premières séances, le "suspect" aurait accepté la mort comme une bienheureuse délivrance. C’est pourquoi un grand nombre de "pensionnaires" de la "villa des roses" ont tenté de se suicider. Le nommé Dahman fut tellement insulté, frappé, brutalisé, et supplicié par Le Pen qu’il s’égorgea et fut transporté mourant à l’hôpital.
Mais les activités de Le Pen débordaient le cadre de la "villa des roses". Il sévissait également dans une autre villa : la "villa Susini", depuis longtemps connue des Algériens comme lieu de tortures. Là il fit jeter de l’essence sur le visage d’un détenu et y mit le feu. La victime défigurée fut, dans cet état, écrouée à la prison de Barberousse à Alger. La dernière trouvaille de Le Pen : avant qu’il ne quittât le service des Renseignements( !) fut de les extorquer en "travaillant" les ’suspects" au chalumeau.
Tels furent en Algérie, les hauts faits d’armes de Le Pen, député de surcroit, qui lui valurent une décoration des mains du général Massu.
Cet extrait provient de la revue "Résitance Algérienne n° 32, du 1er juin 1957, cité page 37 dans le livre "Torturés par Le Pen" d’Hamid Bousselham (édition Rahma, Alger, 2000)
Voir aussi le vrai Le Pen
"Torturés par Le Pen"par Hamid Bousselham
"Torturés par Le Pen"par Hamid Bousselham INTRODUCTION
"En 1943, rue Lauriston, des Français criaient d’angoisse et de douleur, la France entière les entendait.
En 1958, à Alger, on torture régulièrement, systématiquement, tout le monde le sait, de M. Lacoste aux cultivateurs de l’Aveyron, personne n’en parla, ou presque. "
Jean-Paul Sartre
Une Victoire
Oui, Jean Marie Le Pen a torturé en Algérie, et lui même a admis avoir usé de la torture en déclarant notamment dans un entretien accordé au quotidien "Combat, le 9 novembre 1962.
"Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. Quand on vous amène quelqu’un qui vient de poser vingt bombes qui peuvent exploser d’un moment à l’autre et qu’il ne veut pas parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l’y contraindre. C’est celui qui s’y refuse qui est le criminel car il a sur les mains le sang de dizaines de victimes dont la mort aurait pu être évitée".
Selon le journal officiel français du 12 juin 1957, le député parachutiste Le Pen déclarait également " J’étais à Alger officier de renseignement (...), comme tel je dois être aux yeux d’un certain nombre de mes collègues ce qui pourrait être le mélange d’un officier SS et d’un agent de la Gestapo. Ce métier, je l’ai fait ...."
Tous les témoignages des algériens torturés par Le Pen rejoignirent celui de Mohamed Louli, arrêté à Alger le 14 février 1957, et emmené par Le Pen à la villa des Roses, Boulevard Galliéni, aujourd’hui 74, boulevard Bougara :
"Le Pen m’a torturé. Oui, lui personnellement à l’électricité et à l’eau. Et je l’ai vu aussi torturer d’autres détenus".
Le commissaire principal R. Gilles dans un rapport à M. l’inspecteur général de l’administration en mission extraordinaire, préfet d’Alger, rapportait ceci : "J’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’à l’issue de son arrestation et de sa détention, du 8 au 31 mars, par les parachutistes du 1er REP, le nommé Yahiaoui Abdenour, né le 3 juillet 1938, domicilié 53 avenue Lavigerie à Kouba, s’est présenté devant moi et m’a déclaré avoir été l’objet de sévices de la part du Lieutenant Le Pen, et sur son ordre. En particulier, lors de son arrestation, des fils électriques furent reliés aux lobes de ses oreilles. Le lieutenant Le Pen lui même faisait fonctionner une magnéto à manivelles à l’aide de laquelle il envoyait des décharges électriques dans le corps. En présence de ce même officier, le jeune Yahiaoui fut frappé avec un nerf de bœuf, et y fut attaché nu sur un banc, pieds et poignets liés, et il dut y ingurgiter de force une certaine quantité d’eau. Enfin, il reste cinq jours enfermé dans un "tombeau", trou creusé dans le sol et fermé par des barbelés, au 74 boulevard Galliéni où il était détenu. A la suite de ces cinq jours de "tombeau", il ne fut plus maltraité jusqu’à sa libération."
Jean-Marie Le Pen doit être poursuivi pour les actes de torture qu’il a fait subir à nos compatriotes.
Tout comme le président du Front National, le tortionnaire Jean Marie Le Pen, le général Bigeard, l’assassin de Larbi Ben M’hidi, le "Jean Moulin" algérien, le général Massu et Maurice Papon doivent être jugés comme criminels de guerre. Klaus Barbie et Papon ont été jugés en France. Il serait également juste que Le Pen, Massu, Bigeard, Papon et les autres soient jugés pour les mêmes crimes que Barbie par des tribunaux algériens et français.
Nous sommes en droit d’exiger un procès Nuremberg du colonialisme français à Alger pour les juger pour crimes contre l’humanité.
MOHAMED LOULI . Né le21 juillet 1927 . J’ai été arrêté dans la nuit du 23 au 24 février 1957, après avoir été relâché par les bérets rouges. J’avais été relâché le 21 février. On m’a repris dans la nuit du 23 au 24. C’est le lieutenant Le Pen qui est, lui-même, venu chez moi à Notre Dame d’Afrique. Il opérait beaucoup par là-bas. Il ont tout démoli chez moi. Ils ont ramassé tout ce qu’ils ont trouvé chez moi. Ils sont restés à peu près une heure chez moi. Il était 21h. On m’a attaché, on m’a mis un bandeau sur les yeux. Avec le Pen, il n’y avait que des paras Allemands. Ils m’ont fait monter dans une voiture stationnée à 100 mètres de chez moi. La voiture, c’était une dauphine neuve. On est monté à trois derrière, on était bien serrés, plus le chauffeur et le lieutenant. Le Pen devant, ils m’ont fait faire un petit voyage dans Alger. J’ai pu, pendant quelques moments, repérer les endroits où on passait, mais à un moment, ils n’ont fait qu’aller et venir, et tourner à gauche, à droite, et là, j’ai perdu le fil. On a dû arriver Boulevard Gallieni vert minuit, une heure du matin. On m’a fait descendre et on m’a fait marcher tout seul a peu près 200 m, ils étaient derrière moi, et je tâtonnais pour arriver là où on me conduisait. Et là, on m’a fait entrer dans une villa. On m’a fait monter un étage, et quand ils m’ont enlevé le bandeau, j’ai vu trois paras étrangers, le lieutenant Le Pen et le capitaine que je ne connaissais pas. Le Pen non plus, je ne le connaissais pas, je ne l’avais jamais vu auparavant. Ils ont commencé l’interrogatoire. Gentiment au départ, sans rien, et après, on m’a fait descendre dans une chambre, et c’est là que j’ai commencé à être torturé. Alors, le premier soir, c’était à l’eau et c’est Le Pen et le capitaine qui interrogeaient, il n’y avait pas de baignoire, il y avait une grande bassine remplie d’eau sale et ils m’ont attaché comme un saucisson sur un banc très long avec la tête qui dépassait de la planche, et chaque fois, quand ils voyaient que je ne disais rien, ils soulevaient, et ma tête rentrait dans la bassine d’eau. Après, je ne me rappelle plus, je sais qu’il faisait jour quand ils m’ont fait descendre avec les autres. Oui, il devait être cinq heures du matin. Quand vous êtes à la villa, vous avez en face le soleil. La lumière commençait à poindre. Ils vous prenaient à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. Ils n’avaient pas d’heure. Pratiquement ça ne s’est pas arrêté, si ce n’était pas moi, c’étaient d’autres, pendant tout le temps que je suis resté là-bas. Ce n’est que peut-être cinq ou six jours après, qu’ils nous ont ordonné de creuser des tombes, des tombes normales d’à peu près 1,70 m de profondeur, autant en longueur et dans les 60 cm de large. Il y en a eu dix, cinq près de la villa et cinq plus bas. Et là-dedans, ils mettaient les gens. Quand ils torturaient quelqu’un, dès qu’ils avaient besoin de lui, ils prenaient le prisonnier, ils le torturaient, puis ils le refoutaient dans la tombe. Moi, personnellement, j’ai dû passer peut-être, quatre ou cinq jours dedans. Et quant El Hadj Ali Mouloud a été liquidé, à ce moment là, pour éviter qu’il y ait des histoires pareilles, ils ont mis des barbelés jusqu’au ras du sol, ce qui fait que le prisonnier ne pouvait pas sortir. Quand ils venaient le prendre, ils levaient un peu les barbelés, puis ils le retiraient. Il était déjà à moitié liquidé avant d’être sorti, parce qu’ils le passaient entre les barbelés. L’affaire Ali Mouloud, on a dit que ce n’était pas une évasion. Il fallait deviner ce qu’il pensait à ce moment là, le malheureux. Personne ne pouvait savoir ce qu’il pensait. Ce que je peux préciser, c’est ce que j’ai vu, moi. On m’avait monté le matin à la terrasse de la villa, et ils m’ont laissé debout de 7h du matin à 18h 30 à peu près. Il commençait à faire noir. C’est à ce moment que j’ai entendu du bruit et je me suis retourné. J’étais sur le bord du parapet de la terrasse. Un petit parapet de 60 cm de hauteur. Je regardais en bas, entre les arbres, et j’ai vu Hadj Ali Mouloud, qui avait commencé à faire quelques pas vers le bas. A ce moment-là, un para étranger, il parlait allemand, a tiré sur lui dans le dos. Alors, de tous les côtés, ça commençait à tirailler. Les paras qui étaient à côté de moi, ne voyaient pas, ils étaient au milieu de la terrasse, à l’endroit où se trouvaient les appareils de transmission. Quand ils ont entendu tirer, ils sont venus, ils m’ont jeté par terre, et ils tiraillaient dans les arbres qui se trouvaient plus bas dans le jardin. Ils ne savaient pas ce qui se passait. Au même moment, il y a eu des tirs qui venaient de la rue, plus bas. C’était un groupe de C.R.S en patrouille. Ils ont tiraillé aussi de tous les côtés, pensant qu’ils devaient être attaqués ou qu’il y avait quelque chose contre eux, et ça a duré une minute peut-être. Un quart d’heure après, il devait être 19h, le lieutenant Le Pen est monté sur la terrasse et il a fait cette réflexion en me voyant : « Tiens, il est encore là, celui-là, qu’est-ce qu’il fout là ? ». Il m’avait oublié, parce que c’était lui qui m’avait monté le matin. Ils m’ont redescendre, et devant la porte d’une remise où il y avait une trentaine de prisonniers à peu près, le lieutenant Le Pen m’a fait cette réflexion, en voyant le corps de Hadj Ali Mouloud qui était nu, il avait été déshabillé : « Tu vois ce qui arrive à ceux qui tentent de fuir. Voilà un de tes amis. ». J’ai dit : « Ce n’est pas mon ami, je ne le connais pas. ». Et c’est vrai que je ne le connaissais pas du tout. Je l’ai vu mort pour la première fois. Après, ils m’ont mis dans la remise avec les autres, et Le Pen a demandé à un para de m’attacher. Le para, c’était un allemand, il ne m’a pas attaché. Il m’a mis une corde autour et il a essayé de m’expliquer de rester comme ça, de passer la nuit comme ça avec les autres, et le matin, quand on viendrait nous détacher, d’essayer de me mettre avec les autres qui venaient d’être détachés pour qu’on ne voit pas qu’on ne m’avait pas passé la corde autour des poignets. On a eu des paras, là-bas, qui étaient méchants aussi, qui torturaient les gens, mais il y en a qui ont refusé de torturer, ce sont des paras étrangers, qui s’en foutaient pas mal de ce qui se passait en Algérie. Il y avait des hongrois, un espagnol, deux italiens et tous les autres sont des Allemands. Les français, c’étaient des officiers. Le lieutenant Le Pen, en plus, nous faisait des séances de politique. C’est à dire, qu’il prenait un groupe de prisonniers, et nous disait : « Moi, je ne vous comprends pas, je suis allé dans beaucoup de foyers arabes, et j’ai vu que beaucoup de ces foyers, avaient de jolis meubles, avaient des postes radio, il y en a qui avaient la télévision. Les gens sont très bien habillés, alors qu’est-ce que vous cherchez ? ». Il était loin du problème, parce que poser ces questions à des prisonniers, dans un contexte pareil, je crois que c’est un peu déplacé, surtout qu’il était député, quand même. D’ailleurs, un prisonnier qui est mort après l’indépendance : Sassi, tailleur à Bab-El-Oued, lui a répondu : « Mais, mon lieutenant, ce qu’on cherche nous, c’est l’indépendance. » Alors, à la suite de cette réflexion, il a passe huit (08) jours, dans des toilettes de 1,50 m de long sur à peu près un mètre de large. On le retirait de là-bas, on le torturait, on le refoutait là-bas, et pendant huit (08) jours, ça n’a été que ça. Je crois qu’il était loin des problèmes, Le Pen. On ne cherchait pas à être habillé, ni à avoir des postes radio à la maison, ou avoir de jolis meubles. C’est ce qui m’a frappé le plus à l’époque, chez Le Pen. On ne fait pas des réflexions comme ça. Pour lui, c’est peut-être, je ne sais pas comment vous expliquer ça, il ne devait même pas savoir pourquoi il était là. Il s’est engagé pour le plaisir de s’engager, pour le plaisir de nous torturer, Je crois que c’est ça, parce que ce n’est pas possible autrement.... Parfois Le Pen frappait lui-même. Je peux vous citer le cas d’un prisonnier, Abdelwahab Redjini, qui avait été arrêté une journée avant moi. C’était un jeune, il devait avoir 20 ou 21 ans. Il est toujours vivant. Et Le Pen est arrivé. Après l’avoir torturé, on l’a jeté du premier étage dans le jardin. C’est Le Pen qui, lui-même, l’a jeté. Il a été assommé. Et il y a des moments où Le Pen torturait Abdelwahab devant nous. Il s’entraînait sur lui à le jeter en l’air, et l’autre retombait assommé. Il se réveillait et il riait, bien sûr, je ne sais pas comment vous dire... C’était nerveux. Et Le Pen lui disait : « Mais le salaud, il rit encore, avec tout ce qu’on lui file, il rit encore. ». Après ça, il est resté pendant trois ou quatre ans à dormir sur du dur, il avait trois vertèbres cassées et les dents aussi, il n’en a pratiquement plus. Le Pen l’appelait par son petit nom, Abdelwahab. Et il s’est acharné sur lui de cette manière, pendant quelques jours. Plus tard, je l’ai retrouvé dans le camp de transit. Je me souviens aussi d’un jeune, Smain Aknouche, un appelé algérien qui était de Notre Dame d’Afrique. Il avait été arrêté dans sa caserne, accusé d’avoir volé des armes et de les avoir données à l’organisation, ils l’ont amené et l’on torturé. Je n’ai pas vu quand ils l’ont torturé, mais il était plein de sang et on m’a fait entrer dans la salle où il était prisonnier. J’ai vu Le Pen, qui lui ordonnait d’essuyer les traces de sang sur les murs, avec un chiffon. Il avait son pantalon de militaire, torse nu et les bras attachés derrière le dos. Avec un chiffon entre les dents, il essuyait le sang sur les murs. Après, le chiffon est tombé, et il a continué avec la langue. Et ce jeune homme, à un moment, il a parlé. Il leur a dit : « Oui, j’ai des armes, elles sont cachées dans un puits, chez moi, à Notre Dame d’Afrique. ». Le Pen et les soldats l’ont emmené à 2h du matin, ils l’ont attaché, mais quand ils l’ont mis sur la margelle du puits pour le descendre en bas, le jeune s’est jeté. C’est lui qui me l’a raconté plus tard, il a voulu se tuer... Ils l’ont remonté avec une corde. IL a été assommé, bien sûr, mais rien de cassé. Quand ils l’ont ramené à la villa, j’ai vu deux femmes qui l’attendaient, c’était sa sœur et sa mère. Je ne peux pas assurer que la jeune fille et la mère ont été frappées. Et même aujourd’hui, la fille ne veut rien dire. J’ai essayé de l’interroger très souvent, sur les nuits qu’elle avait passées là-bas, elle n’a jamais voulu dire si elle avait été torturée ou pas. Aknouche a été libéré, et en mai 1962, il a été tué par l’O.A.S avec sa femme, à Bab El Oued. Et la jeune fille, maintenant, vit seule. Elle ne veut parler à personne. A la villa, ils faisaient aussi une sorte de tribunal, entre eux seulement. Un capitaine para, un lieutenant para, un adjudant et d’autres paras étrangers, et puis parmi eux, il y avait deux Européens d’Algérie (des policiers habillés en paras). Je ne les connais pas, parce que je ne connais pas tout le monde. Et là, ils décidaient facilement, en deux, trois minutes. Ils discutaient, le prisonnier ne pouvait rien entendre, parce qu’ils étaient loin et ils parlaient doucement. Le capitaine faisait un geste, et le prisonnier est, soit libéré, soit liquidé, soit encore ramené dans un camp de transit, dans les environs d’Alger, à Béni Messous, Ben Aknoun... Personnellement, j’ai été amené là-bas, au camp de Béni Messous. En fait, c’était une justice illégale, parce qu’ils ne discutaient pas avec nous. Deux paras nous faisaient entrer, c’était une grande salle, on était peut-être à une vingtaine de mètres de la table très longue, quelques tables collées les unes aux autres, et derrière, étaient assis tous les officiers et ces policiers habillés en paras. La discussion était menée par le capitaine, et dès qu’il faisait un geste, les paras nous sortaient. Alors que certains d’entre nous étaient regroupés sous un arbre, d’autres sortaient par l’arrière de la villa, et se voyaient embarqués sur des 4x4 ou sur des GMC.
LAKHDARI KHELIFA Né le 28 janvier 1923. Il était un des responsables de l’Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA, lorsqu’il a été arrêté.
J’ai connu Le Pen un soir du mois de février 1957. Je sortais de mon travail, je suis passé rue Montaigne pour voir un ami, M. Sassi, tailleur ; je suis rentré, j’ai dit : « Bonsoir, M. Sassi », et un bonhomme m’a mis un revolver dans le dos. C’était un guet-apens, voilà. Ils m’ont fait monter, et j’ai trouvé en haut, dans la soupente, deux personnes arrêtées avant moi. On était trois. J’avais trouvé le rideau ouvert, je ne savais pas que Sassi était en état d’arrestation. Quand il n ’y a plus eu de gibier, il faisait nuit, ils ont fermé le rideau, ils sont montés, un lieutenant et un capitaine que je ne connaissais pas. Ils nous ont demandé les papiers. J’avais une carte de recensement. Alors, ils ont commencé à interroger le premier. « Qu’est-ce que tu es venu faire ici ». Il a dit : « Moi, j’avais une facture pour M. Sassi ». Ils ont vu la facture, ils ont vu le nom de Sassi, ils l’ont mis de côté. Le deuxième leur a dit qu’il venait faire un deuxième essayage. Ils ont vu le calepin de M. Sassi, et ils ont trouvé son nom, ils l’ont mis de côté. Ils sont arrivés à moi. J’ai dit : « Moi, je suis venu faire un pantalon, parce que M. Sassi est renommé dans la gabardine ». Ils se sont regardés entre eux. Alors le capitaine et le lieutenant m’ont fait descendre par un petit escalier, et je leur ai demandé : « Pourquoi vous m’arrêtez, qu’est-ce que j’ai fait ? ». Le lieutenant Le Pen m’a donné un coup au ventre. Après, ils m’ont attaché les mains, m’ont mis dans une voiture et m’ont bandé les yeux. On a roulé. Quant ils m’ont enlevé le bandeau des yeux, j’étais assis dans un champ. Il était peut-être 10 heures ou 11 heures du soir. Ils m’ont laissé dans ce champ, trois ou quatre heures. Je ne sais pas combien. Je voyais des camions arriver, pleins de suspects. En fait, le champ dans la nuit, je ne pouvais pas voir, mais c’était le jardin d’une villa. Il y avait le rez-de-chaussée, des escaliers, et au bout de ces escaliers, une petite pièce. C’est là, qu’ils faisaient les tortures, tout à fait en haut. Alors, ils ont commencé les interrogatoires. Moi, je suis monté, j’ai vu la scène. Ils étaient quatre dans la petite pièce, et Le Pen lui-même, a dit : « C’est pas celui-là, c’est pas celui-là ». Ils m’ont fait descendre, ils ont amené un autre à ma place. Et je n’ai pas vu ce qu’ils lui ont fait. On a entendu des cris, mais on ne savait pas qui le torturait. Après, ils m’ont remonter, et ils m’ont interrogé. Ils m’ont demandé si je connaissais Ali Moulai, j’ai dit non. « Et qu’est-ce que tu es venu faire chez Sassi ? », « Je suis venu faire un pantalon », « Qu’est-ce que tu fais, toi ? « Je travaille à la société Job, je suis syndicaliste », « Tu ne travailles pas avec le F.L.N », « Non, je ne travaille pas avec lui, je suis syndicaliste, oui ». Alors, ils m’ont mis sur un sommier plein d’électricité. Ils m’ont mis un chiffon dans la bouche. Et quand je voulais parler, je devais faire un signe. Ils m’ont torturé pendant dix minutes. C’était Le Pen qui m’interrogeait. Et puis, ils m’ont fait descendre, parce qu’il y avait beaucoup de monde qui attendait en bas. Toute la nuit, on a entendu des gens crier, toute la nuit. Vous ne pouvez pas vous imaginer... Vous entendez des gens qui crient, et vous, vous êtes là... Le lendemain, nous, les gens suspects, on nous a mis en bas, dans un hangar, il y en avait qu’un seul qui avait un lit de camp, c’était à un type paralysé, Aïssa Cheikh Laïd Boubekeur. Ils l’avaient arrêté avec son fils. Ils torturaient le fils devant le père, et le père devant le fils. Le fils, on ne l’a jamais revu. Un soir, j’étais dans le garage, ils ont attaché ensemble Aissi et Zouaoui Mokhtar et ils les ont mis comme ça, dans une fosse. Ils restaient jour et nuit là-dedans. Un après-midi, Le pen a crié au gardien : « Va détacher Aissi et Zouaoui Mokhtar ». Il les a détachés. Il leur a dit : « Allez vous débarbouiller ». Il y avait une fontaine dans le jardin. Ils y ont été, ils se sont débarbouillés. Je me rappelle Aissi, c’était un beau garçon, il avait une jacquette marron, je m’en rappellerai toute ma vie. Ils se sont habillés, ils les ont mis dans une voiture, et depuis ce jour là, on ne les a plus revus. Un autre soir, on sortait du hangar pour prendre un peu d’air dans le champ. Il y avait des sentinelles, Ils nous avaient fait une fosse pour faire nos besoins. Le frère qui a été abattu, Hadj Ali Mouloud, je ne peux pas confirmer, qu’il a voulu se sauver, mais je suis sûr qu’il était parti pour faire ses besoins Parce qu’il n’allait pas vite. Moi, je n’ai pas vu Le Pen , parce que j’étais en bas, mais je l’ai entendu crier, et le militaire qui était en bas, a mitraillé Mouloud. C’est là que Le Pen est descendu et nous a dit : « Voilà ce que mérite celui qui veut se sauver ». Le Pen, c’était un parleur, il faisait de la psychologie : « Pourquoi vous faites la guerre, qu’est-ce qui vous manque en Algérie ? Moi, je suis un député, je suis venu ici pour la pacification ». Je me souviens quand le frère Rouchai a voulu se suicider. Je l’ai vu comme un mouton égorgé. Ils l’ont pris dans une Jeep, et tout de suite ils l’ont emporté à l’hôpital. Et quand Le Pen est revenu, il nous a dit : « C’est mois le bon Dieu, quand je veux que quelqu’un crève, il crève. Quand je veux sauver quelqu’un parce qu’on a besoin de lui, on le sauve ». Voilà , je suis resté dix-sept ou dix-huit jours chez Le Pen. Et j’ai été libéré. Le premier que je suis allé voir, c’était Ali Moulai. Je lui ai dit : « Il faut faire très attention, ils sont entrain de te chercher ». Et on continué nos activités, jusqu’en août 57. Là, j’ai été arrêté de nouveau par les pars bérets verts, mais pas par Le Pen.
MME VVE Mouloud MESSAOUD
70 ans. Mère de Hadj Ali Mouloud, lâchement assassiné.
En 1957, deux années après la mort de mon mari Mouloud Messaoud dit Lounès, ancien combattant de la première Guerre Mondiale, et mobilisé entre 1939 et 1945, le lieutenant Jean Marie Le Pen et ses militaires ont débarqué chez moi, au 22, rue d’Amourah, à Belcourt, sans aucun motif. Jean Marie Le Pen a donné des ordres à ses paras, pour qu’on m’attache avec du fil de fer, de 10h du matin à 16h, dans la cour de ma maison. J’ai reçu des coups de crosses sur la tête, derrière la nuque, dont je garde jusqu’à présent des séquelles. Ma pauvre fille de 19 ans qui était cardiaque, et qui se faisait soigner par des religieuses dans le quartier du ruisseau, près de mon habitation, voyait sa pauvre mère se faire torturer sous ses yeux. Après un choc terrible, un an après, elle était décédée. Pendant la perquisition à mon domicile, le carnet militaire de mon mari, le carnet de pension et quatre médailles de la première Guerre Mondiale m’ont été dérobés. La maison a été entièrement saccagée. Un de mes fils, Hadj Ali Mouloud, a été embarqué par les militaires du lieutenant Le Pen, à la villa des Roses, à El-Biar (Alger). Après avoir subi des tortures, il a été lâchement assassiné. D’autres témoins qui étaient avec mon fils Hadj Ali Mouloud, à la villa des Roses, le centre de torture de Le Pen, m’ont confirmé que mon fils Hadj Ali a été lâchement assassiné, et que le Pen leur aurait dit : « Voilà ce qui arrive à ceux qui tentent de m’échapper, je suis prêt à me farcir un bougnoule à chaque petit déjeuner, vous les ratons, vous ne comprenez qu’un seul langage, l’insulte, les coups, et quand vous ne voulez pas comprendre que vous êtes à ma botte, je vous élimine. ». Mon fils Mustapha, alors âgé de 15 ans, quand le lieutenant Le Pen est venu chez moi, ayant appris que sa mère avait été tabassée et torturée, et que son frère Hadj Ali était mort sous les tortures, mon fils en a perdu la raison. Retrouvé errant près de la frontière tunisienne en 1963, il est décédé à l’hôpital psychiatrique de Blida en 1980, après 17 ans d’hospitalisation. Dire que ce tortionnaire de Le Pen est aujourd’hui un homme politique français influent, à tête d’un parti, et qu’il n’a jamais été jugé pour ses crimes racistes qui sont de véritables crimes contre l’humanité. Je suis en tout cas prête, de mon vivant, et bien que j’ai 70 ans et que je souffre encore des séquelles de la torture, à venir en France témoigner contre la barbarie de Le Pen et de ses comparses.
Cherki Ali Rouchai
Né le 29 mars 1931 à Alger. Il était, pendant la guerre, agent de liaison d’Ali Moulai.
Mon premier contact avec le lieutenant Le pen , c’était le jour de mon arrestation. La date, je ne peux pas vous la dire exactement, mais ça doit être autour du 21 ou 22 février 1957. J’avais commencé mon travail vers les 8 heures, comme d’habitude. Une demi-heure après, à peu près, ou trois quarts d’heure, un véhicule s’est arrêté devant le local où je travaillais, et un groupe de parachutistes a fait irruption dans le magasin. Ils ont demandé après moi. Parce qu’ils avaient le nom Dahmane. C’était mon surnom de guerre. Le patron leur a répondu qu’il n ’y avait pas de Dahmane. Alors ils ont dit : « Nous voudrions bien voir les ouvriers que vous avez ici. ». Le patron nous a appelés, nous étions trois ouvriers à l’intérieur, trois algériens. Ils ont commencé par nous questionner, et moi, j’étais le troisième à être interrogé. Dès que j’ai ouvert la bouche, ils m’ont dit : « C’est toi ». Parce qu’à cette époque-là, je n’avais pas de dents. Celui qui m’avait dénoncé avait donné tout le signalement. Ensuite, ils m’ont ligoté avec des menottes. Ils m’ont jeté dans un véhicule, je crois que c’était une Peugeot 203, et moi j’étais à même le plancher. Il y avait des parachutistes qui sont monté derrière. Ils ont mis leurs pieds sur moi, ils ont démarré et nous somme arrivés au boulevard Gallieni (aujourd’hui, il s’appelle boulevard Bougara). Là, ils m’ont fait rentrer dans une villa et ça a commencé par des questions. Ils m’ont ordonné de me déshabiller d’abord. Je me suis déshabillé. Je suis resté tout nu. Ils ont amené quelqu’un derrière moi que je n’ai pas vu. Le lieutenant Le Pen lui a demandé : « C’est celui-là ? ». L’autre lui a dit : « Oui mon lieutenant, c’est lui ». Et là , ça a commencé les tortures. Le Pen donnait les ordres, mais pour vous dire qu’il m’a torturé, ça je ne peux pas le dire, parce que ça serait un mensonge. J’étais nu, ils m’ont mis la gégène, une sorte de magnéto. Elle avait des pinces et des petits fils qui étaient reliés à cet appareil. Ils m’ont accroché les pinces ici, et ils ont commencé à lâcher des décharges d’électricité. De temps en temps, ils s’arrêtaient pour me demander si je voulais parler, ce que j’avais à dire, et tout ça. Moi je disais : « Non, je ne connais rien, je ne connais rien ». ça a duré presque toute une journée. Ils ont ramené celui qui m’avait dénoncé. Là, le lieutenant Le Pen lui a dit : « Ecoute mon bonhomme, je crois que je suis entrain de massacrer un innocent ». L’autre a dit : ’Non mon lieutenant, je vous jure que c’est lui . ». En fait, je n’avais pas de responsabilités, mais j’étais un élément du F.L.N. J’appartenais à un groupe armé, un commando. Alors, les tortures ont repris. Là, ça était plus dur qu’au commencement. Le lieutenant Le Pen était là. Il ne sortait pas pendant l’interrogatoire, il ordonnait à ses hommes de me torturer. Sans leur préciser comment. C’était à eux de choisir. Ils sont même arrivés à me mettre à même le sol et m’imbiber d’eau, me mouiller complètement, et me mettre l’électricité. Vous savez ce que c’est quant on est sur l’eau, l’électricité ça donne sur tout le corps. Ça a duré pendant deux ou trois jours. Tous les jours, ils faisaient des séances d’une demi-heure, trois-quarts d’heure. Une fois, qu’ils voient que je vais lâcher, ils s’arrêtent. Ils me mettent dans une pièce. Il y avait une pièce dans laquelle il y avait une chaudière, et ils me mettaient à l’intérieur. Dès que je récupérais un petit peu, ils me remontaient. Mais entre temps, ils ne chômaient pas. Il y en avait d’autres qui passaient. Moi, j’étais dans la pièce pour récupérer, de façon à ce que je puisse résister encore. Donc, les trois premiers jours, ils m’ont fait l’électricité et l’eau également. L’eau, c’est un bassin, genre de lavoir. Celui qui a construit la villa des Roses, il avait prévu un lavoir dans le garage, pour laver le linge. Ce lavoir était plein d’eau, et c’est dans ce lavoir-là, qu’on nous trempait la tête. Le lieutenant Le Pen assistait. Les seuls coups que m’a portés le lieutenant Le Pen, c’était la boxe. Là, vraiment, il m’a donné une série, je ne peux pas vous dire, si c’est huit ou dix coups de poing. Pour me montrer sa force. Il était costaud, vraiment, il faisait à peu près dans les 85/90 kg. Il m’a frappé à l’estomac, même à la figure. Mais je ne me suis pas évanoui, parce que j’étais vraiment un bon encaisseur. Voilà, ça a duré trois ou quatre jours, c’est sûr, parce que la notion du temps, je ne l’avais plus à cette époque-là, jusqu’au jour où ils m’ont emmené dans la même pièce où est la chaudière. Je ne sais pas qui est passé avant moi dans cette pièce. Je ne sais pas si c’est un détenu ou un parachutiste qui a oublié la bouteille. Dés qu’ils ont refermé la porte derrière moi, j’ai remarque la bouteille, et l’idée de me suicider m’est venue automatiquement. J’ai pris la bouteille, je l’ai tapée contre la chaudière. Le goulot m’est resté entre les mains et là, j’ai commencé à me taillader la gorge. Dès qu’ils ont entendu le coup du verre brisé, les parachutistes sont accourus, et il y a un parachutiste qui a tenté de m’enlever le goulot de la bouteille des mains. Je crois l’avoir blessé. J’étais torse nu, je me suis porté plusieurs coups de verre au cou. Alors, le lieutenant Le Pen a demandé un véhicule en toute urgence, et on m’a emmené à l’hôpital Mustapha. J’ai été directement mis entre les mains du professeur Goinard. Je crois que la salle où on m’a mis s’appelait « Bichat ». Là, j’ai vu que le lieutenant a demandé au professeur quelque chose, je ne sais pas quoi. Et le professeur a fait plusieurs fois « Non » avec la tête. Mais il a dit : « Je vais tenter l’impossible ». Il m’a opéré. Il m’a recousu. Jusqu’à présent, je ne sais pas ce que j’ai à l’intérieur, si c’est ma vraie gorge, ou s’il m’a mis quelque chose d’autre à la place. Il m’a sauvé la vie, je lui tire mon chapeau. Il savait que j’étais torturé, et même, on est arrivé à un point où, après l’opération, on m’a mis dans une sorte de prison, une petite salle avec des grilles, à l’intérieur de l’hôpital, on appelait ça l’isolement. Et là, tous les jours, les parachutistes cherchaient à me récupérer. Les policiers qui étaient de garde refusaient de me remettre aux parachutistes sans ordre écrit du professeur. Il leur avait dit : « Ce malade ne doit sortir que sur mon ordre ». Alors, je voyais les parachutistes derrière les grilles qui venaient pour me reprendre. A l’hôpital, je n’ai pas vu le lieutenant Le Pen. Je l’ai vu le jour où ils sont venus me sortir, une fois qu’ils ont eu l’autorisation du professeur. C’était à peu près 25 ou 30 jours après l’opération. Ils m’ont emmené et là, ils ont essayé de pratiquer d’autres tortures sur moi : l’électricité encore. Le lieutenant Le Pen était là, ainsi que l’officier de la compagnie, qui était à l’époque, le capitaine Martin. Ils ont essayé, mais dès qu’ils ont vu que ma gorge commençait à saigner, le capitaine Martin a dit : « C’est pas la peine, arrêtez. ». Ma gorge n’était pas complètement guérie, j’avais des pansements. Ils ont arrêté et m’ont descendu avec le copain qui était en bas. Et là, nous avons rencontré pas mal de frères que nous n’avons plus revu depuis ce jour-là. C’est là, que j’ai rencontré Zouaoui Mokhtar, il dormait avec moi, c’est-à-dire le soir. Quand on dormait, il mettait sa tête contre ma poitrine. Et il était vraiment dans un état lamentable, il était très mal en point. Le soir, il ne faisait que tousser. Alors, le matin, quand on se levait, j’avais la chemise pleine de sang. En toussant, il crachait du sang. La dernière fois où j’ai vu Mokhtar, c’était le 12 avril, le jour où on m’a mis entre les mains de la police judiciaire, pour être placé en mandat de dépôt. Une fois l’interrogatoire terminé chez les parachutistes, on nous a remis, avec un autre camarade, Aissi, entre les mains de la police civile. Ils nous ont emmené au commissariat central. Là, ils ont préparé le procès-verbal et ils nous ont placés en mandat de dépôt, moi et Aissi. Et depuis ce jour-là, on ne les a plus revus, ni Mokhtar, ni Aissi. Il était acharné le lieutenant. Il est arrivé jusqu’à me dire : « Tu cracheras le morceau, sinon je ne m’appelle pas Le Pen. Je me souviens aussi qu’ils m’ont fait sortir à deux reprises de la villa, pour leur servir d’appât. Tout le groupe s’était habillé en civil. Ils m’ont fait marcher sur la rue Bab El Oued, la rue Bab Azzou, et je crois même vers l’avenue Bouzaréah. Il y avait deux parachutistes en civil devant, les autres derrière, et d’autres qui étaient sur d’autres trottoirs, et malheur à celui qui me touchait la main ou qui me disait bonjour, ou qui me faisait un signe. La seule personne que j’ai rencontrée le premier jour, c’était mon responsable, Ali Moulai. Mais lui ne m’a pas vu. Alors j’ai continué à marcher, comme si je ne l’avais pas vu. Lui, il s’était arrêté au square Bresson, il était en train d’attacher ses chaussures. Je suis passé. Et une autre fois, ils m’ont fait sortir avec la camion de mon patron. C’était marqué dessus « Piles Wonder ». Ils m’ont mis dans mon camion, et j’ai circulé dans la ville. Les paras étaient à l’intérieur et en civil, tous armés, mais en civil. Parmi eux, il y avait le lieutenant Le Pen. Mais là encore, personne ne m’a rencontré, heureusement.
Makhlouf ABDELBAKI Né le 3 octobre 1934
J’ai été arrêté le 22 février 1957, vers minuit ou deux heures du matin. J’étais caché à la Casbah, 9 rue du Roc d’or. On a cassé la porte et on m’a arrêté. Les militaires m’ont couché dans un 4x4, ils ont mis leurs pieds sur moi et m’ont emmené dans un camp. Ça s’appelait Sdi-Ferruch. Il y avait une baraque et beaucoup de gens, là-bas. Ils m’ont laissé deux jours, sans rien me dire. Et un jour, ils m’ont appelé : « Allez , c’est à vous ». On m’a dit : « Vous avez jeté des grenades. ». c’est vrai, j’étais un terroriste. Je travaillais avec Yacef Saadi et Ali Moulai, c’étaient eux les responsables. Alors ils m’ont demandé : « Combien d’attentats avez-vous fait ? Où sont vos amis ? ». C’est le lieutenant Le Pen qui m’interrogeait. Moi j’ai dit : « Je ne connais pas. ». Ils m’ont déshabillé. Il y avait une table très grande, ils m’ont attaché les poignets et les jambes et ils m’ont enlevé le tricot de peau. Je me rappelle, ils l’ont mouillé, ils me l’ont mis sur les yeux, et ils ont commencé la gégène. C’était un soldat de Le Pen qui tournait la gégène. Le lieutenant recommençait : « Où sont tes amis ? . Moi je disais : « Je ne suis pas un terroriste ». en même temps que l’électricité, u militaire me frappait avec une brosse métallique. La deuxième fois, ils m’ont fait la baignoire. Le Pen, lui, commandait. Les soldats m’ont plongé la tête dans l’eau. Je levais le doigt, ils me sortaient la tête et je faisais ma prière : « Dieu est grand. ». Et ça recommençait, ils m’ont interrogé pendant dix-huit jours. Je crois que j’étais torturé pendant dix ou douze jours. Quand le lieutenant Le Pen a fait sortir tout le monde de la baraque, il a dit : « Vous allez voir une exécution . ». C’était la nuit, il devait être 22h, Il nous a fait mettre tous debout, et ils ont amené Moussa. Ils l’ont mis à genoux. Il avait été interrogé avant. Il était rouge, plein de sang sur la cage thoracique, sur la figure. Il a dit : « Moussa, tu as jeté des bombes, tu as fait le con, tu as menacé les camarades qui ne supportaient pas la torture.... ». Le Pen marchait de long en large devant Moussa à genoux, il a sorit son revolver de l’étui, il l’a mis sur la tempe de Moussa et il a tiré. Moussa est tombé, et Le Pen a crié : « Tout le monde dedans, allez, rentrez, c’est fini. ». Je vous jure, je l’ai vu de mes yeux. C’est la seule exécution que j’ai vu en dix-huit jours. Mais après, Le Pen m’a dit : « Si tu ne parles pas, je vais te tuer comme celui-là, je vais te tuer ! Il faut parler, où sont tes amis ? ». Après les 18 jours, on m’a emmené à Béni Messous, à Paul Cazelles, c’était un camp de concentration. J’ai été libéré le 12 novembre 1961.
Abdenour YAHIAOUI
Né le 2 juillet 1938 à Alger
J’ai été arrêté le 8 mars 1957 par des hommes du 1er régiment étranger de parachutistes. Ils recherchaient un de mes cousins, dont le frère avait été arrêté. A l’interrogatoire, il leur avait dit l : « Moi, je ne suis pas au courant de l’endroit où est mon frère, mais Abdenour le sait. » Ils sont arrivés peut-être vers minuit. Nous habitions à Kouba, dans une villa. Cette nuit-là, je n’étais pas à la maison. Après qu’ils aient maltraité mes parents, l’un de mes frères les a accompagnés là où je me trouvais, à Notre Dame d’Afrique. C’est un quartier, et j’ai de la famille qui habitait là-bas. Ils sont venus avec trois voitures. Il y avait deux tractions et un Jeep. Dès que je suis monté dans la voiture, directement on m’a mis des pinces électriques aux oreilles ; il y avait un magnéto militaire dans la voiture. Sur le champ, je ne savais pas que l’officier qui menait l’opération était Le Pen. Après, j’ai eu le malheur de le connaître. Il a donc commencé l’interrogatoire dans la voiture. De là, il s’est dirigé vers Belcourt, dans l’espoir de trouver mon cousin dans l’endroit qu’ils pensaient être le bon. Ensuite, après on est entré à la villa des Roses. L’interrogatoire à commencé. Là, j’ai été plus ou moins maltraité, et puis ils m’ont mis dans le tombeau. Chez eux, il n’y avait pas de cachot, ni d’isolement. C’étaient des tombes creusées dans la terre sur lesquelles il y avait du fil barbelé, et on était mis à l’intérieur de la tombe. J’y ai passé 21 jours, dans la tombe. J’étais quand même assez grand, et dans le tombeau, je n’arrivais pas à me mettre debout, j’avais des fils barbelés qui me grattaient dans le dos. Je passais la journée assis, on avait un seul endroit pour sortir la tête, dans la journée. Les interrogatoires étaient menés le soir. Je peux même vous certifier que le lieutenant Le Pen s’est assis, avec ses 85 kilos, sur mes jambes. J’étais attaché sur un banc, un soldat m’avait mis le tuyau d’eau, et quand j’ai fait un soubressaut ou deux pour tomber avec le banc, Le Pen s’est assis carrément sur mes jambes pour me maintenir assis. Il était acharné, il voulait savoir où était mon cousin. Je me suis contenté de dire : « Mon cousin est venu me voir, il était sans travail, il m’a demandé de l’aider et je l’ai fait, mais je ne savais pas ce qu’il faisait ». C’est ça que j’ai répété pendant tout le temps. C’était le lieutenant qui menait les interrogatoires. Il leur ordonnait de continuer les tortures ou de les arrêter. A l’époque, les moyens qu’il utilisait étaient connus. Il y avait la gégène, le tuyau d’eau et la baignoire. Pour la gégène, ils me l’ont faite pendant toute la durée du 3 mars au 30 mars. Tous les soirs, tous les soirs, tous les soirs.... Le tuyau, peut-être sept ou huit fois. Et une fois, une série de coups de nerf de bœuf sur les jambes. Je suis arrivé à un moment où je ne réagissais plus ; j’avais les cuisses qui étaient bleues. Et ce qu’ils nous faisaient aussi, c’est que pendant la séance d’électricité, ils nous coupaient là, sur les bras, avec un couteau. Je ne sais pas à quoi ça servait, mais j’avais les bras tout striés. complètement...enfin, un jour ils m’ont coupé les cheveux et me les ont fait manger. Le Pen assistait à tous les interrogatoires. Ça se passait dans une buanderie, une chambre, il y avait un bureau, une chaise métallique, sur laquelle on était attachés, deux projecteurs et une machine à écrire. Dans un coin, il y avait un tuyau, un bac d’eau, plus un banc de bois d’à peu près deux mètres de long. Sur le banc, on était attachés ; soit, on vous mettait au tuyau directement, soit on vous amenait vers la baignoire, alors là, on vous attachait les jambes et les pieds en même temps, et on vous faisait basculer la tête dans la baignoire. Moi, je ne suis pas passé à la baignoire. Avec Le Pen, il y avait des légionnaires, un groupe de cinq ou six, spécialement attachés à cela, et en permanence, deux gardes mobiles ou quelque chose comme ça, pour le côté administratif. Ils assistaient aux tortures et ils faisaient les procès-verbaux. C’étaient eux l’administration : quand le procès-verbal était fait, l’interrogatoire était fini. Il y avait quand même des dossiers qui étaient établis. Je crois que le lieutenant Le Pen avait beaucoup de haine pour nous. Il était, si je puis dire, méchant, ou plutôt, agressif et hargneux. Le dernier jour de mon interrogatoire surtout. Il m’avait posé l’éternelle question : « Où est-ce qu’il se trouve ton cousin ? Quand est-ce qu’il est venu ? Qu’est-ce que tu a fait avec lui ? ...etc ». Et comme je ne répondais pas, il m’a ri au nez : « Tu sais où il est ? ». J’ai dit : « ça fait vingt jours que vous me posez la même question, et je réponds toujours la même chose. » Alors il a dit : « Et bien, moi je sais où il est. Il est au Djebel ». Là, j’ai répondu : « Du moment que vous le savez, pourquoi vous n’allez pas le chercher, vous qui avez tous les moyens.. ? ». Alors là, il a commencé par me gifler, puis il m’a frappé à grands coups de poing dans le ventre, et puis je suis tombé dans les pommes. D’habitude, les « tabassages », c’était avant chaque interrogatoire. Ils nous prenaient entre trois ou quatre militaires, et on était une poupée de chiffon au milieu. Chaque fois, c’étaient quelques claque, d’un côté ou de l’autre, ou des coups de poing, pour vous enlever un peu l’émotion, et après seulement, le courant électrique, et ça va progressivement. Le Pen, dans ses cas-là, il criait et il se vantait : « On vous écrasera, les fellouzes », ou encore : « Dis à ton FLN qu’il vienne te sortir de là. ». Après ça, on retournait dans les tombeaux. Ils avaient creusé huit ou dix tombes dans le jardin. Dans la journée, il y avait le soleil, mais en mars, vous savez, les nuits sont fraîches sans couverture. On descendait parfois mouillés. Après la baignoire ou le tuyau, ils nous remettaient dans cet état dans la tombe. Il y avait la sentinelle qui marchait au dessus, et de temps en temps, elle nous jetait un peu de terre. On n’avait pas le droit de communiquer entre nous. Le Pen, lui, il nous voyait de la terrasse parce qu’il y avait une terrasse en haut de la villa. Il ne descendait pas jusqu’aux tombes. Pour manger, ils nous donnaient dans la tombe, et on dormait dans la tombe. On ne pouvait pas sortir sauf si on avait un besoin naturel. Alors, il fallait appeler la sentinelle et elle nous accompagnait jusqu’à la porte des toilettes et nous attendait, puis nous remettait dans la tombe. Je me souviens d’un homme qui a été fusillé comme ça. Il s’appelait El Hadj Ali Mouloud. On ne sait pas s’il s’est dirigé vers les toilettes ou s’il a voulu se rapprocher de la guérite pour fuir. La sentinelle lui a tiré dessus. Il a été abattu d’une rafale. Par la suite, le soldat nous a dit qu’il ne voulait pas le tuer. C’était un allemand, celui qui a tiré, il s’appelait Yalta. Martin et le lieutenant Le Pen, la majorité, c’étaient des Allemands, et deux Espagnols. A la fin, le lieutenant Le Pen nous a pris en photo, - la majorité des détenus à la villa des Roses – et il nous avait même conviés, si on avait l’occasion de passer à Paris, de demander après M. Le Pen, à l’Assemblée nationale.
"En 1943, rue Lauriston, des Français criaient d’angoisse et de douleur, la France entière les entendait.
En 1958, à Alger, on torture régulièrement, systématiquement, tout le monde le sait, de M. Lacoste aux cultivateurs de l’Aveyron, personne n’en parla, ou presque. "
Jean-Paul Sartre
Une Victoire
Oui, Jean Marie Le Pen a torturé en Algérie, et lui même a admis avoir usé de la torture en déclarant notamment dans un entretien accordé au quotidien "Combat, le 9 novembre 1962.
"Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. Quand on vous amène quelqu’un qui vient de poser vingt bombes qui peuvent exploser d’un moment à l’autre et qu’il ne veut pas parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l’y contraindre. C’est celui qui s’y refuse qui est le criminel car il a sur les mains le sang de dizaines de victimes dont la mort aurait pu être évitée".
Selon le journal officiel français du 12 juin 1957, le député parachutiste Le Pen déclarait également " J’étais à Alger officier de renseignement (...), comme tel je dois être aux yeux d’un certain nombre de mes collègues ce qui pourrait être le mélange d’un officier SS et d’un agent de la Gestapo. Ce métier, je l’ai fait ...."
Tous les témoignages des algériens torturés par Le Pen rejoignirent celui de Mohamed Louli, arrêté à Alger le 14 février 1957, et emmené par Le Pen à la villa des Roses, Boulevard Galliéni, aujourd’hui 74, boulevard Bougara :
"Le Pen m’a torturé. Oui, lui personnellement à l’électricité et à l’eau. Et je l’ai vu aussi torturer d’autres détenus".
Le commissaire principal R. Gilles dans un rapport à M. l’inspecteur général de l’administration en mission extraordinaire, préfet d’Alger, rapportait ceci : "J’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’à l’issue de son arrestation et de sa détention, du 8 au 31 mars, par les parachutistes du 1er REP, le nommé Yahiaoui Abdenour, né le 3 juillet 1938, domicilié 53 avenue Lavigerie à Kouba, s’est présenté devant moi et m’a déclaré avoir été l’objet de sévices de la part du Lieutenant Le Pen, et sur son ordre. En particulier, lors de son arrestation, des fils électriques furent reliés aux lobes de ses oreilles. Le lieutenant Le Pen lui même faisait fonctionner une magnéto à manivelles à l’aide de laquelle il envoyait des décharges électriques dans le corps. En présence de ce même officier, le jeune Yahiaoui fut frappé avec un nerf de bœuf, et y fut attaché nu sur un banc, pieds et poignets liés, et il dut y ingurgiter de force une certaine quantité d’eau. Enfin, il reste cinq jours enfermé dans un "tombeau", trou creusé dans le sol et fermé par des barbelés, au 74 boulevard Galliéni où il était détenu. A la suite de ces cinq jours de "tombeau", il ne fut plus maltraité jusqu’à sa libération."
Jean-Marie Le Pen doit être poursuivi pour les actes de torture qu’il a fait subir à nos compatriotes.
Tout comme le président du Front National, le tortionnaire Jean Marie Le Pen, le général Bigeard, l’assassin de Larbi Ben M’hidi, le "Jean Moulin" algérien, le général Massu et Maurice Papon doivent être jugés comme criminels de guerre. Klaus Barbie et Papon ont été jugés en France. Il serait également juste que Le Pen, Massu, Bigeard, Papon et les autres soient jugés pour les mêmes crimes que Barbie par des tribunaux algériens et français.
Nous sommes en droit d’exiger un procès Nuremberg du colonialisme français à Alger pour les juger pour crimes contre l’humanité.
MOHAMED LOULI . Né le21 juillet 1927 . J’ai été arrêté dans la nuit du 23 au 24 février 1957, après avoir été relâché par les bérets rouges. J’avais été relâché le 21 février. On m’a repris dans la nuit du 23 au 24. C’est le lieutenant Le Pen qui est, lui-même, venu chez moi à Notre Dame d’Afrique. Il opérait beaucoup par là-bas. Il ont tout démoli chez moi. Ils ont ramassé tout ce qu’ils ont trouvé chez moi. Ils sont restés à peu près une heure chez moi. Il était 21h. On m’a attaché, on m’a mis un bandeau sur les yeux. Avec le Pen, il n’y avait que des paras Allemands. Ils m’ont fait monter dans une voiture stationnée à 100 mètres de chez moi. La voiture, c’était une dauphine neuve. On est monté à trois derrière, on était bien serrés, plus le chauffeur et le lieutenant. Le Pen devant, ils m’ont fait faire un petit voyage dans Alger. J’ai pu, pendant quelques moments, repérer les endroits où on passait, mais à un moment, ils n’ont fait qu’aller et venir, et tourner à gauche, à droite, et là, j’ai perdu le fil. On a dû arriver Boulevard Gallieni vert minuit, une heure du matin. On m’a fait descendre et on m’a fait marcher tout seul a peu près 200 m, ils étaient derrière moi, et je tâtonnais pour arriver là où on me conduisait. Et là, on m’a fait entrer dans une villa. On m’a fait monter un étage, et quand ils m’ont enlevé le bandeau, j’ai vu trois paras étrangers, le lieutenant Le Pen et le capitaine que je ne connaissais pas. Le Pen non plus, je ne le connaissais pas, je ne l’avais jamais vu auparavant. Ils ont commencé l’interrogatoire. Gentiment au départ, sans rien, et après, on m’a fait descendre dans une chambre, et c’est là que j’ai commencé à être torturé. Alors, le premier soir, c’était à l’eau et c’est Le Pen et le capitaine qui interrogeaient, il n’y avait pas de baignoire, il y avait une grande bassine remplie d’eau sale et ils m’ont attaché comme un saucisson sur un banc très long avec la tête qui dépassait de la planche, et chaque fois, quand ils voyaient que je ne disais rien, ils soulevaient, et ma tête rentrait dans la bassine d’eau. Après, je ne me rappelle plus, je sais qu’il faisait jour quand ils m’ont fait descendre avec les autres. Oui, il devait être cinq heures du matin. Quand vous êtes à la villa, vous avez en face le soleil. La lumière commençait à poindre. Ils vous prenaient à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. Ils n’avaient pas d’heure. Pratiquement ça ne s’est pas arrêté, si ce n’était pas moi, c’étaient d’autres, pendant tout le temps que je suis resté là-bas. Ce n’est que peut-être cinq ou six jours après, qu’ils nous ont ordonné de creuser des tombes, des tombes normales d’à peu près 1,70 m de profondeur, autant en longueur et dans les 60 cm de large. Il y en a eu dix, cinq près de la villa et cinq plus bas. Et là-dedans, ils mettaient les gens. Quand ils torturaient quelqu’un, dès qu’ils avaient besoin de lui, ils prenaient le prisonnier, ils le torturaient, puis ils le refoutaient dans la tombe. Moi, personnellement, j’ai dû passer peut-être, quatre ou cinq jours dedans. Et quant El Hadj Ali Mouloud a été liquidé, à ce moment là, pour éviter qu’il y ait des histoires pareilles, ils ont mis des barbelés jusqu’au ras du sol, ce qui fait que le prisonnier ne pouvait pas sortir. Quand ils venaient le prendre, ils levaient un peu les barbelés, puis ils le retiraient. Il était déjà à moitié liquidé avant d’être sorti, parce qu’ils le passaient entre les barbelés. L’affaire Ali Mouloud, on a dit que ce n’était pas une évasion. Il fallait deviner ce qu’il pensait à ce moment là, le malheureux. Personne ne pouvait savoir ce qu’il pensait. Ce que je peux préciser, c’est ce que j’ai vu, moi. On m’avait monté le matin à la terrasse de la villa, et ils m’ont laissé debout de 7h du matin à 18h 30 à peu près. Il commençait à faire noir. C’est à ce moment que j’ai entendu du bruit et je me suis retourné. J’étais sur le bord du parapet de la terrasse. Un petit parapet de 60 cm de hauteur. Je regardais en bas, entre les arbres, et j’ai vu Hadj Ali Mouloud, qui avait commencé à faire quelques pas vers le bas. A ce moment-là, un para étranger, il parlait allemand, a tiré sur lui dans le dos. Alors, de tous les côtés, ça commençait à tirailler. Les paras qui étaient à côté de moi, ne voyaient pas, ils étaient au milieu de la terrasse, à l’endroit où se trouvaient les appareils de transmission. Quand ils ont entendu tirer, ils sont venus, ils m’ont jeté par terre, et ils tiraillaient dans les arbres qui se trouvaient plus bas dans le jardin. Ils ne savaient pas ce qui se passait. Au même moment, il y a eu des tirs qui venaient de la rue, plus bas. C’était un groupe de C.R.S en patrouille. Ils ont tiraillé aussi de tous les côtés, pensant qu’ils devaient être attaqués ou qu’il y avait quelque chose contre eux, et ça a duré une minute peut-être. Un quart d’heure après, il devait être 19h, le lieutenant Le Pen est monté sur la terrasse et il a fait cette réflexion en me voyant : « Tiens, il est encore là, celui-là, qu’est-ce qu’il fout là ? ». Il m’avait oublié, parce que c’était lui qui m’avait monté le matin. Ils m’ont redescendre, et devant la porte d’une remise où il y avait une trentaine de prisonniers à peu près, le lieutenant Le Pen m’a fait cette réflexion, en voyant le corps de Hadj Ali Mouloud qui était nu, il avait été déshabillé : « Tu vois ce qui arrive à ceux qui tentent de fuir. Voilà un de tes amis. ». J’ai dit : « Ce n’est pas mon ami, je ne le connais pas. ». Et c’est vrai que je ne le connaissais pas du tout. Je l’ai vu mort pour la première fois. Après, ils m’ont mis dans la remise avec les autres, et Le Pen a demandé à un para de m’attacher. Le para, c’était un allemand, il ne m’a pas attaché. Il m’a mis une corde autour et il a essayé de m’expliquer de rester comme ça, de passer la nuit comme ça avec les autres, et le matin, quand on viendrait nous détacher, d’essayer de me mettre avec les autres qui venaient d’être détachés pour qu’on ne voit pas qu’on ne m’avait pas passé la corde autour des poignets. On a eu des paras, là-bas, qui étaient méchants aussi, qui torturaient les gens, mais il y en a qui ont refusé de torturer, ce sont des paras étrangers, qui s’en foutaient pas mal de ce qui se passait en Algérie. Il y avait des hongrois, un espagnol, deux italiens et tous les autres sont des Allemands. Les français, c’étaient des officiers. Le lieutenant Le Pen, en plus, nous faisait des séances de politique. C’est à dire, qu’il prenait un groupe de prisonniers, et nous disait : « Moi, je ne vous comprends pas, je suis allé dans beaucoup de foyers arabes, et j’ai vu que beaucoup de ces foyers, avaient de jolis meubles, avaient des postes radio, il y en a qui avaient la télévision. Les gens sont très bien habillés, alors qu’est-ce que vous cherchez ? ». Il était loin du problème, parce que poser ces questions à des prisonniers, dans un contexte pareil, je crois que c’est un peu déplacé, surtout qu’il était député, quand même. D’ailleurs, un prisonnier qui est mort après l’indépendance : Sassi, tailleur à Bab-El-Oued, lui a répondu : « Mais, mon lieutenant, ce qu’on cherche nous, c’est l’indépendance. » Alors, à la suite de cette réflexion, il a passe huit (08) jours, dans des toilettes de 1,50 m de long sur à peu près un mètre de large. On le retirait de là-bas, on le torturait, on le refoutait là-bas, et pendant huit (08) jours, ça n’a été que ça. Je crois qu’il était loin des problèmes, Le Pen. On ne cherchait pas à être habillé, ni à avoir des postes radio à la maison, ou avoir de jolis meubles. C’est ce qui m’a frappé le plus à l’époque, chez Le Pen. On ne fait pas des réflexions comme ça. Pour lui, c’est peut-être, je ne sais pas comment vous expliquer ça, il ne devait même pas savoir pourquoi il était là. Il s’est engagé pour le plaisir de s’engager, pour le plaisir de nous torturer, Je crois que c’est ça, parce que ce n’est pas possible autrement.... Parfois Le Pen frappait lui-même. Je peux vous citer le cas d’un prisonnier, Abdelwahab Redjini, qui avait été arrêté une journée avant moi. C’était un jeune, il devait avoir 20 ou 21 ans. Il est toujours vivant. Et Le Pen est arrivé. Après l’avoir torturé, on l’a jeté du premier étage dans le jardin. C’est Le Pen qui, lui-même, l’a jeté. Il a été assommé. Et il y a des moments où Le Pen torturait Abdelwahab devant nous. Il s’entraînait sur lui à le jeter en l’air, et l’autre retombait assommé. Il se réveillait et il riait, bien sûr, je ne sais pas comment vous dire... C’était nerveux. Et Le Pen lui disait : « Mais le salaud, il rit encore, avec tout ce qu’on lui file, il rit encore. ». Après ça, il est resté pendant trois ou quatre ans à dormir sur du dur, il avait trois vertèbres cassées et les dents aussi, il n’en a pratiquement plus. Le Pen l’appelait par son petit nom, Abdelwahab. Et il s’est acharné sur lui de cette manière, pendant quelques jours. Plus tard, je l’ai retrouvé dans le camp de transit. Je me souviens aussi d’un jeune, Smain Aknouche, un appelé algérien qui était de Notre Dame d’Afrique. Il avait été arrêté dans sa caserne, accusé d’avoir volé des armes et de les avoir données à l’organisation, ils l’ont amené et l’on torturé. Je n’ai pas vu quand ils l’ont torturé, mais il était plein de sang et on m’a fait entrer dans la salle où il était prisonnier. J’ai vu Le Pen, qui lui ordonnait d’essuyer les traces de sang sur les murs, avec un chiffon. Il avait son pantalon de militaire, torse nu et les bras attachés derrière le dos. Avec un chiffon entre les dents, il essuyait le sang sur les murs. Après, le chiffon est tombé, et il a continué avec la langue. Et ce jeune homme, à un moment, il a parlé. Il leur a dit : « Oui, j’ai des armes, elles sont cachées dans un puits, chez moi, à Notre Dame d’Afrique. ». Le Pen et les soldats l’ont emmené à 2h du matin, ils l’ont attaché, mais quand ils l’ont mis sur la margelle du puits pour le descendre en bas, le jeune s’est jeté. C’est lui qui me l’a raconté plus tard, il a voulu se tuer... Ils l’ont remonté avec une corde. IL a été assommé, bien sûr, mais rien de cassé. Quand ils l’ont ramené à la villa, j’ai vu deux femmes qui l’attendaient, c’était sa sœur et sa mère. Je ne peux pas assurer que la jeune fille et la mère ont été frappées. Et même aujourd’hui, la fille ne veut rien dire. J’ai essayé de l’interroger très souvent, sur les nuits qu’elle avait passées là-bas, elle n’a jamais voulu dire si elle avait été torturée ou pas. Aknouche a été libéré, et en mai 1962, il a été tué par l’O.A.S avec sa femme, à Bab El Oued. Et la jeune fille, maintenant, vit seule. Elle ne veut parler à personne. A la villa, ils faisaient aussi une sorte de tribunal, entre eux seulement. Un capitaine para, un lieutenant para, un adjudant et d’autres paras étrangers, et puis parmi eux, il y avait deux Européens d’Algérie (des policiers habillés en paras). Je ne les connais pas, parce que je ne connais pas tout le monde. Et là, ils décidaient facilement, en deux, trois minutes. Ils discutaient, le prisonnier ne pouvait rien entendre, parce qu’ils étaient loin et ils parlaient doucement. Le capitaine faisait un geste, et le prisonnier est, soit libéré, soit liquidé, soit encore ramené dans un camp de transit, dans les environs d’Alger, à Béni Messous, Ben Aknoun... Personnellement, j’ai été amené là-bas, au camp de Béni Messous. En fait, c’était une justice illégale, parce qu’ils ne discutaient pas avec nous. Deux paras nous faisaient entrer, c’était une grande salle, on était peut-être à une vingtaine de mètres de la table très longue, quelques tables collées les unes aux autres, et derrière, étaient assis tous les officiers et ces policiers habillés en paras. La discussion était menée par le capitaine, et dès qu’il faisait un geste, les paras nous sortaient. Alors que certains d’entre nous étaient regroupés sous un arbre, d’autres sortaient par l’arrière de la villa, et se voyaient embarqués sur des 4x4 ou sur des GMC.
LAKHDARI KHELIFA Né le 28 janvier 1923. Il était un des responsables de l’Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA, lorsqu’il a été arrêté.
J’ai connu Le Pen un soir du mois de février 1957. Je sortais de mon travail, je suis passé rue Montaigne pour voir un ami, M. Sassi, tailleur ; je suis rentré, j’ai dit : « Bonsoir, M. Sassi », et un bonhomme m’a mis un revolver dans le dos. C’était un guet-apens, voilà. Ils m’ont fait monter, et j’ai trouvé en haut, dans la soupente, deux personnes arrêtées avant moi. On était trois. J’avais trouvé le rideau ouvert, je ne savais pas que Sassi était en état d’arrestation. Quand il n ’y a plus eu de gibier, il faisait nuit, ils ont fermé le rideau, ils sont montés, un lieutenant et un capitaine que je ne connaissais pas. Ils nous ont demandé les papiers. J’avais une carte de recensement. Alors, ils ont commencé à interroger le premier. « Qu’est-ce que tu es venu faire ici ». Il a dit : « Moi, j’avais une facture pour M. Sassi ». Ils ont vu la facture, ils ont vu le nom de Sassi, ils l’ont mis de côté. Le deuxième leur a dit qu’il venait faire un deuxième essayage. Ils ont vu le calepin de M. Sassi, et ils ont trouvé son nom, ils l’ont mis de côté. Ils sont arrivés à moi. J’ai dit : « Moi, je suis venu faire un pantalon, parce que M. Sassi est renommé dans la gabardine ». Ils se sont regardés entre eux. Alors le capitaine et le lieutenant m’ont fait descendre par un petit escalier, et je leur ai demandé : « Pourquoi vous m’arrêtez, qu’est-ce que j’ai fait ? ». Le lieutenant Le Pen m’a donné un coup au ventre. Après, ils m’ont attaché les mains, m’ont mis dans une voiture et m’ont bandé les yeux. On a roulé. Quant ils m’ont enlevé le bandeau des yeux, j’étais assis dans un champ. Il était peut-être 10 heures ou 11 heures du soir. Ils m’ont laissé dans ce champ, trois ou quatre heures. Je ne sais pas combien. Je voyais des camions arriver, pleins de suspects. En fait, le champ dans la nuit, je ne pouvais pas voir, mais c’était le jardin d’une villa. Il y avait le rez-de-chaussée, des escaliers, et au bout de ces escaliers, une petite pièce. C’est là, qu’ils faisaient les tortures, tout à fait en haut. Alors, ils ont commencé les interrogatoires. Moi, je suis monté, j’ai vu la scène. Ils étaient quatre dans la petite pièce, et Le Pen lui-même, a dit : « C’est pas celui-là, c’est pas celui-là ». Ils m’ont fait descendre, ils ont amené un autre à ma place. Et je n’ai pas vu ce qu’ils lui ont fait. On a entendu des cris, mais on ne savait pas qui le torturait. Après, ils m’ont remonter, et ils m’ont interrogé. Ils m’ont demandé si je connaissais Ali Moulai, j’ai dit non. « Et qu’est-ce que tu es venu faire chez Sassi ? », « Je suis venu faire un pantalon », « Qu’est-ce que tu fais, toi ? « Je travaille à la société Job, je suis syndicaliste », « Tu ne travailles pas avec le F.L.N », « Non, je ne travaille pas avec lui, je suis syndicaliste, oui ». Alors, ils m’ont mis sur un sommier plein d’électricité. Ils m’ont mis un chiffon dans la bouche. Et quand je voulais parler, je devais faire un signe. Ils m’ont torturé pendant dix minutes. C’était Le Pen qui m’interrogeait. Et puis, ils m’ont fait descendre, parce qu’il y avait beaucoup de monde qui attendait en bas. Toute la nuit, on a entendu des gens crier, toute la nuit. Vous ne pouvez pas vous imaginer... Vous entendez des gens qui crient, et vous, vous êtes là... Le lendemain, nous, les gens suspects, on nous a mis en bas, dans un hangar, il y en avait qu’un seul qui avait un lit de camp, c’était à un type paralysé, Aïssa Cheikh Laïd Boubekeur. Ils l’avaient arrêté avec son fils. Ils torturaient le fils devant le père, et le père devant le fils. Le fils, on ne l’a jamais revu. Un soir, j’étais dans le garage, ils ont attaché ensemble Aissi et Zouaoui Mokhtar et ils les ont mis comme ça, dans une fosse. Ils restaient jour et nuit là-dedans. Un après-midi, Le pen a crié au gardien : « Va détacher Aissi et Zouaoui Mokhtar ». Il les a détachés. Il leur a dit : « Allez vous débarbouiller ». Il y avait une fontaine dans le jardin. Ils y ont été, ils se sont débarbouillés. Je me rappelle Aissi, c’était un beau garçon, il avait une jacquette marron, je m’en rappellerai toute ma vie. Ils se sont habillés, ils les ont mis dans une voiture, et depuis ce jour là, on ne les a plus revus. Un autre soir, on sortait du hangar pour prendre un peu d’air dans le champ. Il y avait des sentinelles, Ils nous avaient fait une fosse pour faire nos besoins. Le frère qui a été abattu, Hadj Ali Mouloud, je ne peux pas confirmer, qu’il a voulu se sauver, mais je suis sûr qu’il était parti pour faire ses besoins Parce qu’il n’allait pas vite. Moi, je n’ai pas vu Le Pen , parce que j’étais en bas, mais je l’ai entendu crier, et le militaire qui était en bas, a mitraillé Mouloud. C’est là que Le Pen est descendu et nous a dit : « Voilà ce que mérite celui qui veut se sauver ». Le Pen, c’était un parleur, il faisait de la psychologie : « Pourquoi vous faites la guerre, qu’est-ce qui vous manque en Algérie ? Moi, je suis un député, je suis venu ici pour la pacification ». Je me souviens quand le frère Rouchai a voulu se suicider. Je l’ai vu comme un mouton égorgé. Ils l’ont pris dans une Jeep, et tout de suite ils l’ont emporté à l’hôpital. Et quand Le Pen est revenu, il nous a dit : « C’est mois le bon Dieu, quand je veux que quelqu’un crève, il crève. Quand je veux sauver quelqu’un parce qu’on a besoin de lui, on le sauve ». Voilà , je suis resté dix-sept ou dix-huit jours chez Le Pen. Et j’ai été libéré. Le premier que je suis allé voir, c’était Ali Moulai. Je lui ai dit : « Il faut faire très attention, ils sont entrain de te chercher ». Et on continué nos activités, jusqu’en août 57. Là, j’ai été arrêté de nouveau par les pars bérets verts, mais pas par Le Pen.
MME VVE Mouloud MESSAOUD
70 ans. Mère de Hadj Ali Mouloud, lâchement assassiné.
En 1957, deux années après la mort de mon mari Mouloud Messaoud dit Lounès, ancien combattant de la première Guerre Mondiale, et mobilisé entre 1939 et 1945, le lieutenant Jean Marie Le Pen et ses militaires ont débarqué chez moi, au 22, rue d’Amourah, à Belcourt, sans aucun motif. Jean Marie Le Pen a donné des ordres à ses paras, pour qu’on m’attache avec du fil de fer, de 10h du matin à 16h, dans la cour de ma maison. J’ai reçu des coups de crosses sur la tête, derrière la nuque, dont je garde jusqu’à présent des séquelles. Ma pauvre fille de 19 ans qui était cardiaque, et qui se faisait soigner par des religieuses dans le quartier du ruisseau, près de mon habitation, voyait sa pauvre mère se faire torturer sous ses yeux. Après un choc terrible, un an après, elle était décédée. Pendant la perquisition à mon domicile, le carnet militaire de mon mari, le carnet de pension et quatre médailles de la première Guerre Mondiale m’ont été dérobés. La maison a été entièrement saccagée. Un de mes fils, Hadj Ali Mouloud, a été embarqué par les militaires du lieutenant Le Pen, à la villa des Roses, à El-Biar (Alger). Après avoir subi des tortures, il a été lâchement assassiné. D’autres témoins qui étaient avec mon fils Hadj Ali Mouloud, à la villa des Roses, le centre de torture de Le Pen, m’ont confirmé que mon fils Hadj Ali a été lâchement assassiné, et que le Pen leur aurait dit : « Voilà ce qui arrive à ceux qui tentent de m’échapper, je suis prêt à me farcir un bougnoule à chaque petit déjeuner, vous les ratons, vous ne comprenez qu’un seul langage, l’insulte, les coups, et quand vous ne voulez pas comprendre que vous êtes à ma botte, je vous élimine. ». Mon fils Mustapha, alors âgé de 15 ans, quand le lieutenant Le Pen est venu chez moi, ayant appris que sa mère avait été tabassée et torturée, et que son frère Hadj Ali était mort sous les tortures, mon fils en a perdu la raison. Retrouvé errant près de la frontière tunisienne en 1963, il est décédé à l’hôpital psychiatrique de Blida en 1980, après 17 ans d’hospitalisation. Dire que ce tortionnaire de Le Pen est aujourd’hui un homme politique français influent, à tête d’un parti, et qu’il n’a jamais été jugé pour ses crimes racistes qui sont de véritables crimes contre l’humanité. Je suis en tout cas prête, de mon vivant, et bien que j’ai 70 ans et que je souffre encore des séquelles de la torture, à venir en France témoigner contre la barbarie de Le Pen et de ses comparses.
Cherki Ali Rouchai
Né le 29 mars 1931 à Alger. Il était, pendant la guerre, agent de liaison d’Ali Moulai.
Mon premier contact avec le lieutenant Le pen , c’était le jour de mon arrestation. La date, je ne peux pas vous la dire exactement, mais ça doit être autour du 21 ou 22 février 1957. J’avais commencé mon travail vers les 8 heures, comme d’habitude. Une demi-heure après, à peu près, ou trois quarts d’heure, un véhicule s’est arrêté devant le local où je travaillais, et un groupe de parachutistes a fait irruption dans le magasin. Ils ont demandé après moi. Parce qu’ils avaient le nom Dahmane. C’était mon surnom de guerre. Le patron leur a répondu qu’il n ’y avait pas de Dahmane. Alors ils ont dit : « Nous voudrions bien voir les ouvriers que vous avez ici. ». Le patron nous a appelés, nous étions trois ouvriers à l’intérieur, trois algériens. Ils ont commencé par nous questionner, et moi, j’étais le troisième à être interrogé. Dès que j’ai ouvert la bouche, ils m’ont dit : « C’est toi ». Parce qu’à cette époque-là, je n’avais pas de dents. Celui qui m’avait dénoncé avait donné tout le signalement. Ensuite, ils m’ont ligoté avec des menottes. Ils m’ont jeté dans un véhicule, je crois que c’était une Peugeot 203, et moi j’étais à même le plancher. Il y avait des parachutistes qui sont monté derrière. Ils ont mis leurs pieds sur moi, ils ont démarré et nous somme arrivés au boulevard Gallieni (aujourd’hui, il s’appelle boulevard Bougara). Là, ils m’ont fait rentrer dans une villa et ça a commencé par des questions. Ils m’ont ordonné de me déshabiller d’abord. Je me suis déshabillé. Je suis resté tout nu. Ils ont amené quelqu’un derrière moi que je n’ai pas vu. Le lieutenant Le Pen lui a demandé : « C’est celui-là ? ». L’autre lui a dit : « Oui mon lieutenant, c’est lui ». Et là , ça a commencé les tortures. Le Pen donnait les ordres, mais pour vous dire qu’il m’a torturé, ça je ne peux pas le dire, parce que ça serait un mensonge. J’étais nu, ils m’ont mis la gégène, une sorte de magnéto. Elle avait des pinces et des petits fils qui étaient reliés à cet appareil. Ils m’ont accroché les pinces ici, et ils ont commencé à lâcher des décharges d’électricité. De temps en temps, ils s’arrêtaient pour me demander si je voulais parler, ce que j’avais à dire, et tout ça. Moi je disais : « Non, je ne connais rien, je ne connais rien ». ça a duré presque toute une journée. Ils ont ramené celui qui m’avait dénoncé. Là, le lieutenant Le Pen lui a dit : « Ecoute mon bonhomme, je crois que je suis entrain de massacrer un innocent ». L’autre a dit : ’Non mon lieutenant, je vous jure que c’est lui . ». En fait, je n’avais pas de responsabilités, mais j’étais un élément du F.L.N. J’appartenais à un groupe armé, un commando. Alors, les tortures ont repris. Là, ça était plus dur qu’au commencement. Le lieutenant Le Pen était là. Il ne sortait pas pendant l’interrogatoire, il ordonnait à ses hommes de me torturer. Sans leur préciser comment. C’était à eux de choisir. Ils sont même arrivés à me mettre à même le sol et m’imbiber d’eau, me mouiller complètement, et me mettre l’électricité. Vous savez ce que c’est quant on est sur l’eau, l’électricité ça donne sur tout le corps. Ça a duré pendant deux ou trois jours. Tous les jours, ils faisaient des séances d’une demi-heure, trois-quarts d’heure. Une fois, qu’ils voient que je vais lâcher, ils s’arrêtent. Ils me mettent dans une pièce. Il y avait une pièce dans laquelle il y avait une chaudière, et ils me mettaient à l’intérieur. Dès que je récupérais un petit peu, ils me remontaient. Mais entre temps, ils ne chômaient pas. Il y en avait d’autres qui passaient. Moi, j’étais dans la pièce pour récupérer, de façon à ce que je puisse résister encore. Donc, les trois premiers jours, ils m’ont fait l’électricité et l’eau également. L’eau, c’est un bassin, genre de lavoir. Celui qui a construit la villa des Roses, il avait prévu un lavoir dans le garage, pour laver le linge. Ce lavoir était plein d’eau, et c’est dans ce lavoir-là, qu’on nous trempait la tête. Le lieutenant Le Pen assistait. Les seuls coups que m’a portés le lieutenant Le Pen, c’était la boxe. Là, vraiment, il m’a donné une série, je ne peux pas vous dire, si c’est huit ou dix coups de poing. Pour me montrer sa force. Il était costaud, vraiment, il faisait à peu près dans les 85/90 kg. Il m’a frappé à l’estomac, même à la figure. Mais je ne me suis pas évanoui, parce que j’étais vraiment un bon encaisseur. Voilà, ça a duré trois ou quatre jours, c’est sûr, parce que la notion du temps, je ne l’avais plus à cette époque-là, jusqu’au jour où ils m’ont emmené dans la même pièce où est la chaudière. Je ne sais pas qui est passé avant moi dans cette pièce. Je ne sais pas si c’est un détenu ou un parachutiste qui a oublié la bouteille. Dés qu’ils ont refermé la porte derrière moi, j’ai remarque la bouteille, et l’idée de me suicider m’est venue automatiquement. J’ai pris la bouteille, je l’ai tapée contre la chaudière. Le goulot m’est resté entre les mains et là, j’ai commencé à me taillader la gorge. Dès qu’ils ont entendu le coup du verre brisé, les parachutistes sont accourus, et il y a un parachutiste qui a tenté de m’enlever le goulot de la bouteille des mains. Je crois l’avoir blessé. J’étais torse nu, je me suis porté plusieurs coups de verre au cou. Alors, le lieutenant Le Pen a demandé un véhicule en toute urgence, et on m’a emmené à l’hôpital Mustapha. J’ai été directement mis entre les mains du professeur Goinard. Je crois que la salle où on m’a mis s’appelait « Bichat ». Là, j’ai vu que le lieutenant a demandé au professeur quelque chose, je ne sais pas quoi. Et le professeur a fait plusieurs fois « Non » avec la tête. Mais il a dit : « Je vais tenter l’impossible ». Il m’a opéré. Il m’a recousu. Jusqu’à présent, je ne sais pas ce que j’ai à l’intérieur, si c’est ma vraie gorge, ou s’il m’a mis quelque chose d’autre à la place. Il m’a sauvé la vie, je lui tire mon chapeau. Il savait que j’étais torturé, et même, on est arrivé à un point où, après l’opération, on m’a mis dans une sorte de prison, une petite salle avec des grilles, à l’intérieur de l’hôpital, on appelait ça l’isolement. Et là, tous les jours, les parachutistes cherchaient à me récupérer. Les policiers qui étaient de garde refusaient de me remettre aux parachutistes sans ordre écrit du professeur. Il leur avait dit : « Ce malade ne doit sortir que sur mon ordre ». Alors, je voyais les parachutistes derrière les grilles qui venaient pour me reprendre. A l’hôpital, je n’ai pas vu le lieutenant Le Pen. Je l’ai vu le jour où ils sont venus me sortir, une fois qu’ils ont eu l’autorisation du professeur. C’était à peu près 25 ou 30 jours après l’opération. Ils m’ont emmené et là, ils ont essayé de pratiquer d’autres tortures sur moi : l’électricité encore. Le lieutenant Le Pen était là, ainsi que l’officier de la compagnie, qui était à l’époque, le capitaine Martin. Ils ont essayé, mais dès qu’ils ont vu que ma gorge commençait à saigner, le capitaine Martin a dit : « C’est pas la peine, arrêtez. ». Ma gorge n’était pas complètement guérie, j’avais des pansements. Ils ont arrêté et m’ont descendu avec le copain qui était en bas. Et là, nous avons rencontré pas mal de frères que nous n’avons plus revu depuis ce jour-là. C’est là, que j’ai rencontré Zouaoui Mokhtar, il dormait avec moi, c’est-à-dire le soir. Quand on dormait, il mettait sa tête contre ma poitrine. Et il était vraiment dans un état lamentable, il était très mal en point. Le soir, il ne faisait que tousser. Alors, le matin, quand on se levait, j’avais la chemise pleine de sang. En toussant, il crachait du sang. La dernière fois où j’ai vu Mokhtar, c’était le 12 avril, le jour où on m’a mis entre les mains de la police judiciaire, pour être placé en mandat de dépôt. Une fois l’interrogatoire terminé chez les parachutistes, on nous a remis, avec un autre camarade, Aissi, entre les mains de la police civile. Ils nous ont emmené au commissariat central. Là, ils ont préparé le procès-verbal et ils nous ont placés en mandat de dépôt, moi et Aissi. Et depuis ce jour-là, on ne les a plus revus, ni Mokhtar, ni Aissi. Il était acharné le lieutenant. Il est arrivé jusqu’à me dire : « Tu cracheras le morceau, sinon je ne m’appelle pas Le Pen. Je me souviens aussi qu’ils m’ont fait sortir à deux reprises de la villa, pour leur servir d’appât. Tout le groupe s’était habillé en civil. Ils m’ont fait marcher sur la rue Bab El Oued, la rue Bab Azzou, et je crois même vers l’avenue Bouzaréah. Il y avait deux parachutistes en civil devant, les autres derrière, et d’autres qui étaient sur d’autres trottoirs, et malheur à celui qui me touchait la main ou qui me disait bonjour, ou qui me faisait un signe. La seule personne que j’ai rencontrée le premier jour, c’était mon responsable, Ali Moulai. Mais lui ne m’a pas vu. Alors j’ai continué à marcher, comme si je ne l’avais pas vu. Lui, il s’était arrêté au square Bresson, il était en train d’attacher ses chaussures. Je suis passé. Et une autre fois, ils m’ont fait sortir avec la camion de mon patron. C’était marqué dessus « Piles Wonder ». Ils m’ont mis dans mon camion, et j’ai circulé dans la ville. Les paras étaient à l’intérieur et en civil, tous armés, mais en civil. Parmi eux, il y avait le lieutenant Le Pen. Mais là encore, personne ne m’a rencontré, heureusement.
Makhlouf ABDELBAKI Né le 3 octobre 1934
J’ai été arrêté le 22 février 1957, vers minuit ou deux heures du matin. J’étais caché à la Casbah, 9 rue du Roc d’or. On a cassé la porte et on m’a arrêté. Les militaires m’ont couché dans un 4x4, ils ont mis leurs pieds sur moi et m’ont emmené dans un camp. Ça s’appelait Sdi-Ferruch. Il y avait une baraque et beaucoup de gens, là-bas. Ils m’ont laissé deux jours, sans rien me dire. Et un jour, ils m’ont appelé : « Allez , c’est à vous ». On m’a dit : « Vous avez jeté des grenades. ». c’est vrai, j’étais un terroriste. Je travaillais avec Yacef Saadi et Ali Moulai, c’étaient eux les responsables. Alors ils m’ont demandé : « Combien d’attentats avez-vous fait ? Où sont vos amis ? ». C’est le lieutenant Le Pen qui m’interrogeait. Moi j’ai dit : « Je ne connais pas. ». Ils m’ont déshabillé. Il y avait une table très grande, ils m’ont attaché les poignets et les jambes et ils m’ont enlevé le tricot de peau. Je me rappelle, ils l’ont mouillé, ils me l’ont mis sur les yeux, et ils ont commencé la gégène. C’était un soldat de Le Pen qui tournait la gégène. Le lieutenant recommençait : « Où sont tes amis ? . Moi je disais : « Je ne suis pas un terroriste ». en même temps que l’électricité, u militaire me frappait avec une brosse métallique. La deuxième fois, ils m’ont fait la baignoire. Le Pen, lui, commandait. Les soldats m’ont plongé la tête dans l’eau. Je levais le doigt, ils me sortaient la tête et je faisais ma prière : « Dieu est grand. ». Et ça recommençait, ils m’ont interrogé pendant dix-huit jours. Je crois que j’étais torturé pendant dix ou douze jours. Quand le lieutenant Le Pen a fait sortir tout le monde de la baraque, il a dit : « Vous allez voir une exécution . ». C’était la nuit, il devait être 22h, Il nous a fait mettre tous debout, et ils ont amené Moussa. Ils l’ont mis à genoux. Il avait été interrogé avant. Il était rouge, plein de sang sur la cage thoracique, sur la figure. Il a dit : « Moussa, tu as jeté des bombes, tu as fait le con, tu as menacé les camarades qui ne supportaient pas la torture.... ». Le Pen marchait de long en large devant Moussa à genoux, il a sorit son revolver de l’étui, il l’a mis sur la tempe de Moussa et il a tiré. Moussa est tombé, et Le Pen a crié : « Tout le monde dedans, allez, rentrez, c’est fini. ». Je vous jure, je l’ai vu de mes yeux. C’est la seule exécution que j’ai vu en dix-huit jours. Mais après, Le Pen m’a dit : « Si tu ne parles pas, je vais te tuer comme celui-là, je vais te tuer ! Il faut parler, où sont tes amis ? ». Après les 18 jours, on m’a emmené à Béni Messous, à Paul Cazelles, c’était un camp de concentration. J’ai été libéré le 12 novembre 1961.
Abdenour YAHIAOUI
Né le 2 juillet 1938 à Alger
J’ai été arrêté le 8 mars 1957 par des hommes du 1er régiment étranger de parachutistes. Ils recherchaient un de mes cousins, dont le frère avait été arrêté. A l’interrogatoire, il leur avait dit l : « Moi, je ne suis pas au courant de l’endroit où est mon frère, mais Abdenour le sait. » Ils sont arrivés peut-être vers minuit. Nous habitions à Kouba, dans une villa. Cette nuit-là, je n’étais pas à la maison. Après qu’ils aient maltraité mes parents, l’un de mes frères les a accompagnés là où je me trouvais, à Notre Dame d’Afrique. C’est un quartier, et j’ai de la famille qui habitait là-bas. Ils sont venus avec trois voitures. Il y avait deux tractions et un Jeep. Dès que je suis monté dans la voiture, directement on m’a mis des pinces électriques aux oreilles ; il y avait un magnéto militaire dans la voiture. Sur le champ, je ne savais pas que l’officier qui menait l’opération était Le Pen. Après, j’ai eu le malheur de le connaître. Il a donc commencé l’interrogatoire dans la voiture. De là, il s’est dirigé vers Belcourt, dans l’espoir de trouver mon cousin dans l’endroit qu’ils pensaient être le bon. Ensuite, après on est entré à la villa des Roses. L’interrogatoire à commencé. Là, j’ai été plus ou moins maltraité, et puis ils m’ont mis dans le tombeau. Chez eux, il n’y avait pas de cachot, ni d’isolement. C’étaient des tombes creusées dans la terre sur lesquelles il y avait du fil barbelé, et on était mis à l’intérieur de la tombe. J’y ai passé 21 jours, dans la tombe. J’étais quand même assez grand, et dans le tombeau, je n’arrivais pas à me mettre debout, j’avais des fils barbelés qui me grattaient dans le dos. Je passais la journée assis, on avait un seul endroit pour sortir la tête, dans la journée. Les interrogatoires étaient menés le soir. Je peux même vous certifier que le lieutenant Le Pen s’est assis, avec ses 85 kilos, sur mes jambes. J’étais attaché sur un banc, un soldat m’avait mis le tuyau d’eau, et quand j’ai fait un soubressaut ou deux pour tomber avec le banc, Le Pen s’est assis carrément sur mes jambes pour me maintenir assis. Il était acharné, il voulait savoir où était mon cousin. Je me suis contenté de dire : « Mon cousin est venu me voir, il était sans travail, il m’a demandé de l’aider et je l’ai fait, mais je ne savais pas ce qu’il faisait ». C’est ça que j’ai répété pendant tout le temps. C’était le lieutenant qui menait les interrogatoires. Il leur ordonnait de continuer les tortures ou de les arrêter. A l’époque, les moyens qu’il utilisait étaient connus. Il y avait la gégène, le tuyau d’eau et la baignoire. Pour la gégène, ils me l’ont faite pendant toute la durée du 3 mars au 30 mars. Tous les soirs, tous les soirs, tous les soirs.... Le tuyau, peut-être sept ou huit fois. Et une fois, une série de coups de nerf de bœuf sur les jambes. Je suis arrivé à un moment où je ne réagissais plus ; j’avais les cuisses qui étaient bleues. Et ce qu’ils nous faisaient aussi, c’est que pendant la séance d’électricité, ils nous coupaient là, sur les bras, avec un couteau. Je ne sais pas à quoi ça servait, mais j’avais les bras tout striés. complètement...enfin, un jour ils m’ont coupé les cheveux et me les ont fait manger. Le Pen assistait à tous les interrogatoires. Ça se passait dans une buanderie, une chambre, il y avait un bureau, une chaise métallique, sur laquelle on était attachés, deux projecteurs et une machine à écrire. Dans un coin, il y avait un tuyau, un bac d’eau, plus un banc de bois d’à peu près deux mètres de long. Sur le banc, on était attachés ; soit, on vous mettait au tuyau directement, soit on vous amenait vers la baignoire, alors là, on vous attachait les jambes et les pieds en même temps, et on vous faisait basculer la tête dans la baignoire. Moi, je ne suis pas passé à la baignoire. Avec Le Pen, il y avait des légionnaires, un groupe de cinq ou six, spécialement attachés à cela, et en permanence, deux gardes mobiles ou quelque chose comme ça, pour le côté administratif. Ils assistaient aux tortures et ils faisaient les procès-verbaux. C’étaient eux l’administration : quand le procès-verbal était fait, l’interrogatoire était fini. Il y avait quand même des dossiers qui étaient établis. Je crois que le lieutenant Le Pen avait beaucoup de haine pour nous. Il était, si je puis dire, méchant, ou plutôt, agressif et hargneux. Le dernier jour de mon interrogatoire surtout. Il m’avait posé l’éternelle question : « Où est-ce qu’il se trouve ton cousin ? Quand est-ce qu’il est venu ? Qu’est-ce que tu a fait avec lui ? ...etc ». Et comme je ne répondais pas, il m’a ri au nez : « Tu sais où il est ? ». J’ai dit : « ça fait vingt jours que vous me posez la même question, et je réponds toujours la même chose. » Alors il a dit : « Et bien, moi je sais où il est. Il est au Djebel ». Là, j’ai répondu : « Du moment que vous le savez, pourquoi vous n’allez pas le chercher, vous qui avez tous les moyens.. ? ». Alors là, il a commencé par me gifler, puis il m’a frappé à grands coups de poing dans le ventre, et puis je suis tombé dans les pommes. D’habitude, les « tabassages », c’était avant chaque interrogatoire. Ils nous prenaient entre trois ou quatre militaires, et on était une poupée de chiffon au milieu. Chaque fois, c’étaient quelques claque, d’un côté ou de l’autre, ou des coups de poing, pour vous enlever un peu l’émotion, et après seulement, le courant électrique, et ça va progressivement. Le Pen, dans ses cas-là, il criait et il se vantait : « On vous écrasera, les fellouzes », ou encore : « Dis à ton FLN qu’il vienne te sortir de là. ». Après ça, on retournait dans les tombeaux. Ils avaient creusé huit ou dix tombes dans le jardin. Dans la journée, il y avait le soleil, mais en mars, vous savez, les nuits sont fraîches sans couverture. On descendait parfois mouillés. Après la baignoire ou le tuyau, ils nous remettaient dans cet état dans la tombe. Il y avait la sentinelle qui marchait au dessus, et de temps en temps, elle nous jetait un peu de terre. On n’avait pas le droit de communiquer entre nous. Le Pen, lui, il nous voyait de la terrasse parce qu’il y avait une terrasse en haut de la villa. Il ne descendait pas jusqu’aux tombes. Pour manger, ils nous donnaient dans la tombe, et on dormait dans la tombe. On ne pouvait pas sortir sauf si on avait un besoin naturel. Alors, il fallait appeler la sentinelle et elle nous accompagnait jusqu’à la porte des toilettes et nous attendait, puis nous remettait dans la tombe. Je me souviens d’un homme qui a été fusillé comme ça. Il s’appelait El Hadj Ali Mouloud. On ne sait pas s’il s’est dirigé vers les toilettes ou s’il a voulu se rapprocher de la guérite pour fuir. La sentinelle lui a tiré dessus. Il a été abattu d’une rafale. Par la suite, le soldat nous a dit qu’il ne voulait pas le tuer. C’était un allemand, celui qui a tiré, il s’appelait Yalta. Martin et le lieutenant Le Pen, la majorité, c’étaient des Allemands, et deux Espagnols. A la fin, le lieutenant Le Pen nous a pris en photo, - la majorité des détenus à la villa des Roses – et il nous avait même conviés, si on avait l’occasion de passer à Paris, de demander après M. Le Pen, à l’Assemblée nationale.
Subscribe to:
Posts (Atom)
